Le régime alimentaire occidental favorise les maladies chroniques

Un abattoir, États-Unis, 2011. [Watershed Post/Flickr]

Le mode de vie occidental augmenterait les cas de diabètes, d’obésité et de cancer, mais aussi les rejets de CO2, selon une étude américaine. Adopter un nouveau régime alimentaire pourrait inverser cette tendance, selon les scientifiques.

Le régime et le mode de vie à l’occidentale ont été une nouvelle fois pointés du doigt dans une récente étude publiée par la revue scientifique Nature, qui examine l’évolution des habitudes alimentaires des habitants dans les 100 pays les plus peuplés de 1961 à 2009.

L’étude montre que les tendances alimentaires ont évolué en fonction de l’augmentation des revenus et de l’urbanisation. Elle révèle une occidentalisation des régimes alimentaires, avec une plus grande ingestion de viande, de graisse et de sucre, selon l’analyse. Dans le même temps, la part de consommation d’aliments nocifs pour la santé a augmenté, tandis que la consommation d’aliments sains a diminué.

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« Ceux qui vivent en ville mangent moins de fruits et de légumes et au lieu de ça prennent des aliments peu chers à faibles calories », a expliqué David Tilman de l’université de Minnesota à la chaîne suédoise SVT. Il a ajouté que cette évolution est particulièrement visible maintenant parmi des pays, tels que le Mexique, la Chine et la Tunisie.

Selon les chercheurs, d’ici 2050 la population mondiale consommera encore moins de fruits et de légumes, et 60 % en plus d’aliments à « calories vides » et 50 %  de viande en plus par rapport à aujourd’hui. Aux yeux des auteurs de l’étude, cette évolution des comportements provoquera une croissance de l’obésité au sein des populations avec un plus grand nombre de maladies chroniques, telles que le diabète et les maladies cardiovasculaires, ainsi que certains types de cancer.

Dans le même temps, l’étude révèle que l’élevage bovin, mais aussi halieutique, ont un impact négatif sur l’environnement. En outre, la quantité d’émission en gaz à effet de serre rejetée par la production alimentaire pourrait doubler si le mode de vie occidental continue à se banaliser à travers le monde.

Un mode de vie insoutenable

« Si cette tendance perdure, nous serons 30 % de personnes en plus sur terre en 2050, les émissions à effet de serre augmenteront sur la même période de près de 80 % par rapport au niveau que nous connaissons aujourd’hui », a prédit David Tilman. « Ce que nous mangeons a autant d’importance pour l’environnement que les voitures que nous conduisons. L’industrie agroalimentaire rejette plus de CO2 que tout le parc automobile et les modes de transport réunis », a-t-il indiqué lors de son intervention.

Pour se nourrir tout en respectant plus l’environnement, les chercheurs recommandent d’adopter soit le régime méditerranéen, soit celui végétarien, ou encore un régime végétarien combiné avec une consommation régulière de poisson.

Ces trois types différents de régime ont pour effet commun de réduire le nombre de cas de diabète, de diminuer les maladies cardiovasculaires. Enfin, ces régimes permettraient de limiter les rejets en CO2 d’ici 2050.

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Toutes les deux minutes, un citoyen européen meurt des suites de maladies liées au diabète, selon le European Diabetes Leadership Forum (EDLF), une organisation qui est à l’origine de l’entreprise pharmaceutique danoise Novo Nordisk, dont l’objectif est mettre en haut du calendrier de la santé publique la question du diabète.

Quelque 50 % des personnes touchées par le diabète meurent d’une maladie cardiovasculaire. Le diabète est ainsi la quatrième cause la plus importante de décès en Europe, selon les chiffres de l’EDLF. Environ 10 à 20 % meurent d’une défaillance rénale, quelque 10 % développent de graves troubles visuels et 50 % souffrent d’une neuropathie diabétique, selon l’organisation.

Le diabète est provoqué par un manque d’insuline, induit par une production insuffisante de sucre dans le sang par le pancréas. Cette maladie peut être également causée par une résistance à l’insuline, c’est-à-dire quand le corps rejette l’insuline produite par le pancréas.

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