Le Sénat irlandais avertit enfin sur les dangers de l’alcool

L'alcool tuerait trois personnes tous les jours en Irlande. [Shutterstock]

Pour la première fois, l’Irlande, où l’alcoolisme fait des ravages, adopte un texte législatif sur les risques associés à l’alcool. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

Le Sénat irlandais a adopté le 10 octobre une loi instaurant un avertissement contre le risque de cancer sur les étiquettes des boissons alcoolisées et un prix minimum, une initiative visant à réduire la consommation « destructrice » d’alcool en Irlande.

Il s’agit du premier texte traitant de l’alcool comme d’une question de santé publique en Irlande, et touchant au prix, à l’accès, au marketing, à la publicité et à l’étiquetage. Selon un rapport gouvernemental, l’alcool tuerait trois personnes par jour en Irlande.

Le projet de loi, qui avait déjà été adopté le 3 octobre par la Chambre basse du Parlement irlandais près de trois ans après avoir été soumis en décembre 2015, et malgré la forte opposition de l’industrie de l’alcool, doit encore être promulgué par le président irlandais pour entrer en vigueur.

« L’alcool endommage notre santé, nuit à nos communautés et fait du mal à de nombreuses familles », a commenté le ministre de la Santé, Simon Harris, devant les sénateurs juste après l’adoption de la loi. « Il s’agit de mettre en place un certain nombre de mesures […] pour tenter de changer cette culture destructrice que nous entretenons actuellement avec l’alcool en Irlande », a-t-il expliqué, disant vouloir agir « immédiatement » pour mettre le texte en œuvre.

Après l'Ecosse, le prix minimum de l'alcool tente l'Irlande et le Danemark

Malgré un nouvel arrêt défavorable de la Cour de justice européenne, l’introduction d’un prix minimum par unité d’alcool dans l’UE intéresse toujours certains États européens.

Prix minimum, publicités restreintes…

La législation prévoit un prix minimum par unité d’alcool, des restrictions à la publicité pour l’alcool, notamment à la télévision et dans les cinémas, et l’interdiction de publicité dans les parcs publics, aux arrêts de bus et dans les gares. Elle impose aussi l’affichage des calories sur les boissons alcoolisées et des mises en garde sur le lien entre alcool et cancer.

Selon un rapport publié en 2016 par le Health Research Board, un organe dépendant du ministère de la Santé, l’alcool tue trois personnes par jour en Irlande. Après le vote des députés début octobre, le Premier ministre Leo Varadkar avait salué une loi qui « sauvera un nombre incalculable de vies » en Irlande.

Pas de preuves d’un « lien entre alcool et cancer » selon l’opposition

Parmi ses détracteurs, Patricia Callan, la directrice de la Fédération irlandaise des boissons alcoolisées (ABFI), a estimé que ces mesures risquaient d’entraver le commerce de l’alcool et a émis des doutes sur leur efficacité.

« Des études internationales montrent que les avertissements sont utiles pour susciter une prise de conscience mais ils ne changent pas les comportements », a-t-elle réagi auprès de l’AFP. « Il n’y a pas de preuves scientifiques établissant un lien direct entre alcool et cancer », a-t-elle ajouté, affirmant qu’une faible consommation était au contraire bénéfique pour la santé.

En mai, l’Écosse avait introduit un prix minimum pour l’alcool afin de lutter contre l’alcoolisme. Certains États canadiens, la Russie, le Bélarus ou l’Ukraine ont pris des mesures similaires.

Des eurodéputés tirent la sonnette d'alarme sur l'étiquetage de l'alcool

Un groupe d’eurodéputés appelle la Commission à rejeter une proposition de l’industrie sur l’étiquetage de l’alcool, qui instaure un régime préférentiel pour les boissons alcoolisées. 

>> Lire sur Ouest-France

Subscribe to our newsletters

Subscribe