Les abattoirs sont-ils propices à la propagation du coronavirus ?

Les foyers de contamination au Covid-19 se multiplient dans les abattoirs en France et à l’étranger. La raison de ces propagations reste difficile à cerner. Promiscuité et humidité sont évoquées. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Au moins deux abattoirs font partie des 25 foyers recensés depuis le début du déconfinement, le 11 mai 2020. 69 cas ont été détectés dans les Côtes-d’Armor, 54 dans le Loiret. La Vendée, aussi, est touchée. Les dépistages se poursuivent. Des situations similaires inquiètent à l’étranger. Plus de 5 000 salariés d’une centaine d’abattoirs sont contaminés aux États-Unis, où les fermetures se multiplient. En Allemagne, Espagne, Irlande, Brésil, Australie… des centaines de cas ont aussi été rapportés.

Pourquoi les abattoirs ?

Ces similitudes interrogent. Les facteurs pouvant favoriser la diffusion du virus dans ces bâtiments sont étudiés. « Le taux d’humidité important pourrait expliquer une baisse d’efficacité des masques ou une durée de vie plus longue du virus dans l’environnement, souligne Pascal Crépey, épidémiologiste et enseignant-chercheur à l’Ecole des hautes études en santé publique (EHESP) de Rennes. Cela pose beaucoup de questions. Il faudrait mener des observations dans les conditions du réel. »

Pendant cette phase de déconfinement et dans les mois à venir, « il va falloir apprendre à vivre avec le virus et trouver des solutions pérennes. D’autres secteurs d’activité pourraient se révéler à risques dans les semaines à venir. »

Les conditions de travail sont aussi ciblées, notamment en Allemagne où le secteur emploie de nombreux immigrés pauvres vivant dans environnements sanitaires précaires.

La promiscuité en cause en France ?

« Nos entreprises ont pris toutes les mesures nécessaires », assure Matthieu Pecqueur, directeur général de Culture Viande (45 000 salariés, 70 % de l’abattage bovin, porcin et ovin en France).

Dans les fiches métiers du gouvernement pour endiguer le coronavirus, il est demandé aux abattoirs de remplacer la parole par des gestes codifiés ou une ardoise, d’occuper un poste sur deux à la découpe, de prendre les repas en horaires décalés, etc. Pour autant, les conditions de travail sont aussi pointées du doigt en France. « Ce n’est pas l’abattage de viande en soi qui est en cause, mais la forte concentration humaine dans ce secteur », estime Jean-Marc Jolly, chargé de l’agroalimentaire à la CGT Bretagne. Pour lui, « les distanciations sociales ne sont pas respectées, au profit de la productivité ». Greenpeace et des associations antispécistes pointent également le travail dans les abattoirs.

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