Les députés européens favorables à la politique de cohésion pour supprimer les inégalités en santé

Des infirmières prodiguant des soins à un patient souffrant de Covid-19 dans le service de soins intensifs de la clinique UMC de Maastricht, aux Pays-Bas, le 11 novembre 2021. [EPA-EFE/SEM VAN DER WAL]

Le Parlement européen a approuvé un rapport d’initiative suggérant que les fonds de la politique de cohésion pourraient être l’un des moyens de réduire les inégalités en matière de santé, qui restent conséquentes dans l’UE.

Le rapport rédigé par la commission du Développement régional du Parlement européen (REGI) a été adopté en séance plénière à une nette majorité de 582 voix pour et 35 contre, mardi 8 mars. Selon le rapport, les fonds de la politique de cohésion devraient être mieux utilisés afin d’équilibrer les inégalités en matière de santé sur le continent.

Les inégalités en matière de santé dans l’UE sont énormes, a déclaré le rapporteur Tomislav Sokol, un législateur croate du Parti populaire européen (PPE).

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour supprimer ces disparités. La politique de cohésion est l’instrument dont nous disposons », a-t-il déclaré lors de la présentation du rapport en séance plénière.

Un tiers du budget de l’UE est consacré à la cohésion interne, ce qui en fait une importante politique d’investissement favorisant la croissance dans toutes les régions, en particulier celles qui accusent un retard de développement.

Mais les investissements doivent être réalisés de manière plus efficace, a averti M. Sokol. Le rapport suggère de renforcer l’accès aux capacités de santé transfrontalières ainsi que la connaissance de celles-ci et appelle à la création de centres d’excellence spécialisés dans des maladies spécifiques.

« Par exemple, dans mon pays, la Croatie, il existe de nombreuses maladies, notamment des maladies rares, [où nous manquons] d’expertise ou d’équipement pour traiter les patients. Pourquoi ne pas établir des centres d’excellence pour certains types de maladies rares qui couvriraient plus de régions européennes regroupant différents États membres ? », a déclaré M. Sokol à EURACTIV lors d’un récent entretien.

Un autre domaine critique est la lutte contre le phénomène de fuite des cerveaux — où des travailleurs hautement qualifiés, en particulier des travailleurs de la santé, quittent leur pays, la plupart du temps pour l’Europe occidentale, par manques d’incitations à rester dans leur pays d’origine.

« La pandémie de Covid-19 a été un tournant en matière d’investissements dans les systèmes de santé. J’invite donc les États membres à continuer à investir davantage au cours de la prochaine période de programmation afin de répondre aux besoins des citoyens européens en matière de santé », a déclaré M. Sokol en séance plénière.

LEAK : l’espace européen des données pour libérer les données de santé

La Commission européenne s’apprête à proposer un nouveau cadre de gouvernance pour les données de santé avec des exigences d’interopérabilité transfrontalière et une infrastructure paneuropéenne.

Besoin d’outils pour un travail cohérent

S’exprimant au nom de l’exécutif européen, la commissaire à l’Innovation Mariya Gabriel a déclaré que la Commission était consciente du problème des inégalités en matière de santé dans l’UE.

Elle a souligné que la politique de cohésion a été un outil puissant pour répondre à la pandémie de Covid-19, indiquant que 14,6 milliards d’euros avaient été accordés dans le cadre de l’initiative de réponse sanitaire et de REACT-EU pour les investissements dans les soins de santé et les mesures d’urgence pendant la pandémie.

Ce montant comprend l’achat de plus de 13 000 respirateurs artificiels et de 12 000 lits d’hôpitaux, les vaccins, les tests et l’octroi d’une aide financière pour l’achat de plus de trois milliards d’articles d’équipement de protection individuelle.

« Mais au-delà de la réponse d’urgence, l’Europe a besoin d’un investissement continu et accru dans la capacité et l’efficacité des systèmes de santé en termes d’installations, de personnel et de fournitures dans les programmes de cohésion 2021-27 », a déclaré Mme Gabriel.

« La politique de cohésion ne peut y parvenir seule. Nous avons besoin de tous les outils disponibles pour lutter contre les disparités en matière de soins médicaux et les pénuries de personnel », a-t-elle poursuivi, mentionnant d’autres programmes et instruments de financement tels que le mécanisme de relance et de résilience, le programme EU4Health, Horizon Europe, Digital Europe et InvestEU.

Subscribe to our newsletters

Subscribe