Les eurodéputés expriment leurs doutes sur l’Union européenne de la santé

Pour Michèle Rivasi, membre des Verts/ALE, « le Covax est un échec total ». « On devait fournir 660 millions de doses et il n’y a même pas 100 millions de doses qui ont atterri dans les pays en voie de développement  », assène-t-elle.  [vovidzha/Shutterstock]

En amont du discours d’Ursula von Der Leyen sur l’état de l’Union mercredi prochain (15 septembre), des représentants de différents groupes politiques du Parlement se sont prononcés sur la gestion de la crise sanitaire et l’Union de la santé. 

Plus d’un an après le début de la crise de la Covid-19, l’heure est aux premières conclusions. « L’Europe a été à la hauteur », commence par se féliciter Marie-Pierre Vedrenne, représentante du groupe Renaissance, lors d’une conférence de presse organisée vendredi (10 septembre) avant le discours de la présidente de la Commission sur l’état de l’Union. « C’est un succès », ajoute-elle.

Mais à présent l’Europe doit être à la hauteur « pour l’ensemble du monde », prévient l’eurodéputée. « Le vaccin doit être accessible à tous. Ursula von der Leyen doit être très ambitieuse et doit accentuer le soutien au mécanisme Covax », explique-t-elle.

Michèle Rivasi, membre des Verts/ALE n’est pas aussi tendre : « Le Covax est un échec total », déclare-t-elle. « On devait fournir 660 millions de doses et il n’y a même pas 100 millions de doses qui ont atterri dans les pays en voie de développement  », assène Mme Rivasi. 

Deux explications à cet « échec ». La première serait la souveraineté nationale : « L’agence européenne du médicament (AEM), le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), l’Organisation mondiale de la santé (OMS)  disent qu’il n’y a pas besoin de la troisième dose. En France, on lance la troisième dose sur les plus de 65 ans. Et en même temps, les recommandations européennes disent qu’il faut distribuer ces doses aux pays en voie de développement », déplore l’eurodéputée. 

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Autre explication : la levée des brevets des vaccins anti-Covid. Manuel Bompard, membre du groupe de la gauche (GUE/NGL), dénonce « l’incapacité de la Commission à agir et peser réellement à l’OMC pour la levée de la propriété intellectuelle sur les vaccins ».

Avant de rappeler que c’était également une question démocratique : « le Parlement a voté en juin un accord pour une levée temporaire de la propriété intellectuelle sur les vaccins. Il serait temps que la Commission écoute davantage le Parlement sur ce sujet ».

Un point de vue que partage Michèle Rivasi qui compte interpeller Ursula von Der Leyen mercredi (15 septembre) afin de lui demander : « Pourquoi vous bloquez au niveau de l’OMC pour qu’il y ait une dérogation au niveau de la propriété intellectuelle des brevets ? Il faut un échange des savoir-faire ».

Les députés du Parlement sont unanimes : la crise de la Covid-19 a montré l’importance d’avoir une véritable Europe de la santé afin d’éviter « ce sentiment de concurrence entre États membres », conclut Manuel Bompard. 

Les groupes PPE et ID n’étaient pas présents lors de la conférence de presse. Lundi (13 septembre), un débat conjoint sur l’Union européenne de la santé devant réunir tous les partis politiques du Parlement aura lieu, deux jours avant le discours d’Ursula von Der Leyen.

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