Les eurodéputés veulent intensifier la lutte contre l’hépatite

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Les eurodéputés viennent de lancer un guide de mise en œuvre de la lutte et de la prévention de l'hépatite virale dans les États membres. Les élus considèrent que l'hépatite est une maladie silencieuse dont la prise en compte doit être améliorée.

Ce guide comprend des recommandations sur la prévention, la sensibilisation, le contrôle, l'examen et l'accès aux traitements.

L'hépatite B (VHB) est une maladie extrêmement infectieuse qui peut être évitée par la vaccination. Elle concerne 240 millions de personnes dans le monde. L'hépatite B, aigüe ou chronique, peut être transmise de la mère au nourrisson, par des injections risquées ou des transfusions sanguines.

L'hépatite C (VHC) est une maladie infectieuse guérissable transmise essentiellement par le sang. Un diagnostic tardif, le renvoi trop rare vers un spécialiste ou le manque d'accès et de respect du traitement peuvent entraîner des cirrhoses et des cancers du foie. L'hépatite C est ainsi la raison principale à l'origine des transplantations de foie en Europe.

Selon l'eurodéputé roumain Petru Luhan du Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, l'hépatite virale devient un problème de plus en plus important. Le nombre de personnes infectées est en hausse, surtout dans les nouveaux États membres, comme la Roumanie.

« Nous avons besoin d'un cadre réglementaire approprié pour répondre aux problèmes dans ce domaine. C'est la raison pour laquelle, en tant que pouvoir législatif, nous tentons de faire tout ce que nous pouvons dans la limite de nos compétences. Nous essayons d'être en contact avec les parlementaires nationaux qui ont le droit d'initiative pour améliorer la situation », explique-t-il.

Une maladie silencieuse

En Europe, la prévalence de l'hépatite B varie entre 0,1 % aux Pays-Bas et en Irlande, et près de 7 % en Turquie. Le taux est plus élevé en Europe centrale et orientale, comme en Bulgarie, en Grèce, en Roumanie et en Turquie.

Le professeur David Goldberg, un épidémiologiste clinique à l'agence de coordination des politiques de santé en Ecosse (Health Protection Scotland), indique que la majorité des personnes infectées dans l'UE ne sont pas au courant de leur état de santé. En raison de l'absence de symptômes aux premiers stades de la maladie et du manque de sensibilisation, le diagnostic et le traitement des patients sont difficiles.

Les groupes à haut risque, comme les toxicomanes, les détenus, les migrants, les professionnels de la santé et les médecins généralistes, ne sont pas suffisamment informés des méthodes de prévention et de traitement de l'hépatite virale.

Manque d'action

L'eurodéputé britannique Stephen Hughes du groupe des Socialistes & Démocrates (S&D) estime que l'hépatite constitue une priorité dans plusieurs initiatives politiques. Mais peu de mesures sont mises en place.

« L'hépatite virale est une maladie silencieuse qui ne devient symptomatique que lorsqu’une personne a déjà développé une malade chronique comme un cancer du foie ou une cirrhose », explique l'eurodéputé.

« Il est très important de mettre en place des politiques spécifiques qui abordent l'hépatite virale dans les États membres de l'UE  afin d'être mieux équipée pour lutter contre cette maladie. Le guide de mise en œuvre constitue une première étape dans la bonne direction », ajoute M. Hughes.

L'eurodéputé allemand Thomas Ulmer (PPE) partage cet avis. Il estime que la neutralisation de l'hépatite virale à l'échelle européenne a échoué.

« Les données indiquent que des politiques appropriées sont nécessaires afin de lutter contre ces maladies dans chaque État membre », ajoute-t-il. Les recommandations constitueront un document complet pour les décideurs politiques sur la manière de lutter contre l'hépatite virale dans l'UE, selon lui.

Steffen-Claudio Lemme, député au Parlement allemand (Bundestag), indique dans un communiqué : « Mon expérience de la question de l'hépatite C m'a appris une chose : même si le système de soins de santé allemand bénéficie à juste titre d'une bonne réputation et si le traitement de cette maladie chronique est de qualité, des améliorations sont encore possibles. »

Jean-Pierre Door, député français à l'Assemblée nationale et vice-président de la commission des Affaires sociales, a déclaré : « Les hépatites virales concernent l'Europe dans son ensemble malgré les spécificités épidémiologiques locales. Les travaux de l'Union, des États membres, de leurs collectivités et de tous les acteurs concernés doivent ainsi permettre d'alimenter les réflexions sur le sujet et d'améliorer le diagnostic, le traitement, mais également la prévention des hépatites virales. Le travail actuellement engagé à l'échelle européenne et les initiatives qui sont prises  en faveur de la lutte contre les hépatites, à l'image de cette réunion de travail au Parlement européen, sont des éléments extrêmement prometteurs. Ils doivent être une source d'informations, avec des éléments comparatifs, une vision globale et une approche de coopération. Il nous faut garder une vision ambitieuse et collective de notre lutte contre les hépatites virales. Il en va de la santé publique. »

Les virus de l'hépatite B (VHB) et de l'hépatite C (VHC) sont la cause la plus courante de cirrhose et de cancer du foie.

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 240 millions de personnes dans le monde sont porteuses de l'infection chronique par l'hépatite B et 150 millions de celle par l'hépatite C.

Elles sont respectivement 13 et 15 millions rien qu'en Europe. La prévalence de ces deux infections (28 millions) et 12 fois supérieures aux autres (2,3 millions).

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