Les femmes sont les premières victimes des maladies cardiovasculaires

(Credit: [Brian A Jackson/Shutterstock])

Moins protégées, moins bien dépistées et plus exposées, les femmes sont les premières touchées par les maladies cardiovasculaires, responsables de 42 % des décès féminins en Europe.

Accident vasculaire cérébral, hypertension, infarctus du myocarde, la liste des maladies cardiovasculaires est longue. Et, elles représentent la première cause de mortalité, chez les femmes de plus de 65 ans, selon des études menées par la Fédération Française de cardiologie.

Contrairement aux idées reçues, les maladies cardiovasculaires touchent d’abord les femmes. En Europe, elles entraînent le décès de 42 % des femmes européennes, selon la Fédération Française de Cardiologie (FFC). En France, sur les 147 000 personnes qui décèdent chaque année d’une maladie cardiovasculaire, 54 % sont des femmes, estime la FFC, s’appuyant sur plusieurs études menées par « l’American Heart asssociation » et par la Société Européenne de Cardiologie.

« L’infarctus du myocarde est spontanément associé à un homme de 50 à 60 ans, fumeur, sédentaire, et avec un peu d’embonpoint. Pourtant, les femmes décèdent davantage que les hommes des maladies cardiovasculaires » explique Claire Mounier Vehier, professeur de cardiologie.

Moins bien dépistées

Selon une enquête de l’IFOP menée en 2011 pour la FFC, l’impact des maladies cardiovasculaires, sur la mortalité féminine est encore trop sous-estimé. Parmi les maladies cardiovasculaires, la première pathologie qui touche les femmes est l’infarctus du myocarde (18 % des décès féminins), suivi par l’accident vasculaire cérébral, qui provoque 14 % des décès féminins.

La fédération estime aussi que la prévention des maladies cardiovasculaires n’est pas suffisante chez les femmes et les adolescentes. Il est pourtant essentiel, selon le Pr Claire Mounier Vehier, de mieux prévenir les maladies cardiovasculaires chez les femmes, en distinguant trois âges clés durant lesquelles elles sont particulièrement exposées.

« Il est impératif de conseiller aux femmes et aux médecins qui les suivent, d’être particulièrement attentifs aux trois phases clés de la vie hormonale : premières contraceptions, ou son renouvellement, grossesse et ménopause  », déclare l’experte.

Moins bien suivies

Un rapport du « EuroHeart Poject 2011 » montre que les femmes sont sous représentées dans de nombreux essais cliniques cardiovasculaires, alors même que la fréquence des maladies cardiovasculaires chez les femmes d’âge moyen est en augmentation. Ce n’est pas le cas pour les hommes. C’est donc aussi les mentalités et les réflexes des médecins qu’il faut faire évoluer.

Par ailleurs, la prise en charge et le suivi médical des maladies cardiovasculaires ne sont pas les mêmes pour les hommes et les femmes. En effet, en plus d’être victimes d’un retard de prise en charge, les femmes ne bénéficient pas d’un bon suivi médical après un accident cardiaque. La vice-présidente de la FFC l’explique par le choix des femmes de privilégier leur vie de famille, plutôt que de se rendre en rééducation cardiovasculaire.

Mauvaise hygiène de vie

« Ces vingt dernières années, le mode de vie des femmes est devenu comparable à celui des hommes. De mauvaises habitudes comme le tabac, la consommation d’alcool, le manque de repos, le stress accru entre la vie professionnelle et la vie familiale, ainsi qu’un ressenti de solitude chronique, peuvent nettement favoriser la survenue d’un accident cardiovasculaire chez la femme » affirme Claire Mounier Vehier.

L’obésité, l’exposition précoce au tabac, le stress et la sédentarité sont autant de facteurs rendant les femmes plus vulnérables aux maladies cardiovasculaires.

À l’occasion de la journée de la femme, le 8 mars 2014, la Fédération française de cardiologie soulignait déjà son inquiétude face à la santé cardiaque des femmes. Plusieurs études de l’Association Européenne de Cardiologie et de « l’American Heart Asssociation » datant de février 2014, montrent que les femmes sont plus exposées aux maladies cardiovasculaires et moins bien prises en charge. Claire Mounier Vehier, professeur au CHRU de Lille, montre que l’évolution du mode vie des femmes explique en grande partie, la surexposition des femmes aux maladies cardiovasculaires. Elles provoquent le décès de 42 % des femmes européennes.

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