Les Français moins atteints que les autres Européens par les maladies cardiovasculaires

shutterstock_252797059.jpg [Crédit : [design36 / Shutterstock.com]

Les Français sont globalement en bonne santé, mais de nombreuses disparités sont visibles selon le genre, la situation sociale et la géographie.

C’est la crise, mais pas tant que ca. En matière de santé, les Français se portent plutôt mieux que les autres Européens. C’est ce que montre la 6ème édition du rapport sur l’état de santé de la population en France réalisée par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES).

La France se distingue des autres pays de l’UE en termes de maladies cardiovasculaires

Ainsi, les maladies cardiovasculaires représentent, selon l’OMS, la première cause de mortalité dans le monde (30 % de la mortalité mondiale totale). En France, le taux de mortalité par AVC a diminué de 30 % en France entre 2000 et 2010 tous âges confondus.

De 2008 à 2010, les estimations d’Eurostat et de l’OMS indiquaient que la France avait le taux de mortalité par AVC le plus faible de l’Union européenne, suivie par l’Autriche, les Pays-Bas, l’Espagne, l’Allemagne et la Belgique. La Bulgarie, la Roumanie, la Croatie et la Slovaquie enregistraient les taux les plus élevés.

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Bilan mitigé pour les facteurs de risque

Même si ces estimations sont accueillies de bonne grâce, quand l’on regarde de plus près les facteurs de risque des maladies cardiovasculaires tels que l’alcool, le tabac, l’obésité ou la sédentarité, la France n’est pas forcément meilleure élève que les autres pays européens.

En 2009, la France se situait au 5ème rang des pays de l’UE en termes de consommation d’alcool (taxé) par habitant âgé de 15 ans et plus. En effet, les Français de plus de 15 ans consomment 11,8 litres d’alcool pur, ce qui équivaut à environ 2,6 verres par habitant et par jour. Néanmoins, la France qui autrefois dépassait largement les autres pays de l’UE à ce sujet, s’est vite fait rattrapée.

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En matière de tabagisme, le rapport de la DREES indique une nette baisse des ventes de tabac entre 2012 et 2013 ainsi qu’une baisse de 4 % de la proportion de fumeurs de plus de 10 cigarettes. Selon la Commission européenne, le nombre de fumeurs dans l’UE représente 28 % de la population totale. La France se situe donc dans la moyenne européenne avec en 2010, 26 % de fumeurs femmes et 32,4 % de fumeurs hommes.

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Toutefois, si l’on se concentre sur le tabagisme chez les jeunes, le score de la France n’est pas bon. Dans l’UE, 29 % des 15-24 ans fument quotidiennement, alors qu’en France 38 % des jeunes de 16 ans consommaient du tabac en 2011, un pourcentage bien au-delà de la moyenne européenne et de la moyenne française en 2007.

De fortes disparités sociales et territoriales

Les disparités, visibles entre pays européens, perdurent également à l’échelle nationale. Le rapport montre qu’en France, même si l’écart se comble, l’espérance de vie chez les femmes était encore de 6,2 ans plus élevé que chez les hommes en 2014. La consommation d’alcool, par exemple, est fortement déséquilibrée selon le sexe. Le rapport de la DREES indique que chez les 18-75 ans, la proportion de consommateurs quotidiens est trois fois plus importante chez les hommes que chez les femmes.

Selon le rapport, il existe également un important phénomène de « gradient social de santé », c’est-à-dire « une diminution graduelle du risque tout au long de la hiérarchie sociale, sans aucun effet de seuil. En ce sens, les problèmes de santé en France sont donc fortement liés à la position sociale et au niveau d’études. D’après le rapport, l’écart d’espérance de vie à 35 ans entre cadres et ouvriers est de 6,3 ans pour les hommes et de 3 ans pour les femmes.

Enfin, l’état de santé des Français dépend du lieu de vie. Une disparité territoriale qui est étroitement liée aux écarts sociaux et souvent due aux différences d’accès aux soins. En effet, des indicateurs tels que l’exposition à des polluants environnementaux peuvent autant être liés à l’environnement géologique du lieu de vie qu’à ses caractéristiques sociales.

Les données publiées par la DREES attestent de l’inégalité des Européens en matière de santé.  Le programme de travail la Commission européenne, qui est censé intégrer les questions de santé dans toutes les politiques, doit s’atteler à réduire ces inégalités entre les États membres.

Contexte

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.

Plus d'information

Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

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