Les inégalités hommes-femmes persistent face aux maladies cardiovasculaires

Une femme sur trois décède d'une maladie cardiovasculaire (Credit: [Goodluz]/Shutterstock)

Face aux inégalités des deux sexes dans la prise en charge des maladies cardiovasculaires, la fondation Recherche Cardio-vasculaire a lancé un programme visant à développer la recherche et le traitement de ces maladies plus mortelles chez les femmes.  

Les inégalités entre hommes et femmes restent bien présentes dans le traitement des maladies cardio-vasculaires. Si 43 % des hommes succombent à des accidents cardiaques, ceux-ci sont fatals chez 55% des femmes, rappelle la fondation Recherche Cardio-vasculaire de l’Institut de France, pour mettre en évidence l’urgence de prendre en compte les différences entre homme et femme face à ces maladies.

Les chiffres sont alarmants: une femme sur trois meurt des suites d’une maladie cardiovasculaire et les maladies cardiovasculaires tuent davantage de femmes que le cancer du sein (une sur 26). Chef les femmes, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité après 55 ans, rappelle la fondation. 

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En Europe, les maladies cardiovasculaires sont responsables d’environ 4 millions de décès par an, selon la Société européenne de cardiologie. Chaque année, pas moins de 1,9 million de citoyens de l’UE meurent de maladies cardio-vasculaires. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues des maladies cardiaques.

Mobiliser la recherche pour protéger les femmes

« Beaucoup de médecins ne font pas la différence entre le cœur des hommes et celui des femmes », explique Arthur Servin, chargé de fondations à l’Institut de France, ajoutant que « tout est fait en fonction de l’homme ».

C’est en faisant elle-même ce constat que Danièle Hermann, la présidente de la fondation Recherche Cardio-vasculaire, a décidé de réunir quatorze experts dans un collège scientifique et de développer un programme national de recherche appelé « le cœur des femmes ».

Financer exclusivement par des dons, ce programme a pour objectif d’élaborer des programmes de recherche pour faire avancer la connaissance et les pratiques dans le domaine des maladies cardiovasculaires féminines. « Il vise à faire prendre conscience aux scientifiques et aux pouvoirs publics des inégalités qui existent », explique Arthur Servin, chargé de fondations à l’Institut de France.

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Les inégalités hommes-femmes sont principalement présente dans le temps de prise en charge des femmes ou encore dans les diagnostics. Les symptômes des maladies cardiovasculaires féminines sont en effet encore trop peu connus, et certains diffèrent chez la femme et l’homme. Une meilleure connaissance de ces particularités pourrait éviter de nombreux décès chez les patientes.

Pour la parité dans la recherche

A l’heure actuelle, la majorité des recherches dans le domaine cardiovasculaire se fait surtout sur le cœur masculin. « Quand on va dans un hôpital, la référence ultime est l’homme. Les traitements ne sont pas adaptés aux femmes. Or, on sait que le corps des femmes est différent de celui des hommes », commente le chargé de fondations. Ainsi les médicaments ne sont pas toujours bien adaptés aux patientes et peuvent avoir des effets secondaires chez les patientes.

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Le programme vise ainsi à mieux connaître les facteurs de risques spécifiques aux femmes et de faciliter les diagnostics tout en améliorant les conditions de prise en charge thérapeutique.

La fondation espère pouvoir mettre fin à la sous-représentation des femmes dans la recherche cardiovasculaire. Une meilleure prise en compte des spécificités de l’organisme féminin pourrait ainsi contribuer à une protection médicale contre les maladies cardiovasculaires égale à celle des hommes.

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Réactions

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Contexte

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.

Plus d'information

Commission européenne

Fondation Recherche Cardio-vasculaire

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