Les investissements ciblés améliorent le traitement des maladies chroniques

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studies have shown that there is a link between a country’s GDP and health expenditure (Shutterstock)

Cet article fait partie de l'édition spéciale Traiter les maladies chroniques en UE.

ÉDITION SPÉCIALE / De nombreux États membres ne sont pas en mesure de lutter contre le poids grandissant des maladies chroniques. Les investissements dans la gestion des maladies sont essentiels, selon les experts.

Alors que certains pays comme la Grèce cherchent toujours de nouvelles sources de financement, d’autres États hésitent toujours à investir plus dans la santé.

Lors d’un sommet européen sur les maladies chroniques le 3 avril, Sylvain Giraud, chef d’unité à la DG santé et consommateurs, a déclaré que des études établissaient un lien entre le PIB d’un pays et les dépenses de santé. Les investissements dans le domaine de la santé permettent d’améliorer la santé de la population et de réduire le nombre de maladies chroniques.

Ils n’ont pas seulement des conséquences sanitaires significatives, puisqu’ils influent également sur le caractère durable des systèmes de santé. La promotion de modes de vie plus sains y contribue également.

Sylvain Giraud a indiqué que la Commission lançait différentes études et se fondait sur différents rapports, dans l’idée que l’investissement dans la santé rend potentiellement les systèmes de santé plus viables et rentables dans le temps, selon le principe « mieux dépenser plutôt que dépenser plus ». Il a ajouté qu’investir dans la réduction des inégalités en matière de santé permettra de mettre un frein au cercle vicieux de la pauvreté et de l’exclusion sociale.

« Les investissements dans la santé peuvent avoir des répercussions positives à la fois financières, sanitaires et sociales. Mais ils devraient aussi permettre de vivre plus longtemps en bonne santé, d’être plus productif au travail, d’avoir des vies socialement plus intégrées et plus actives, ainsi que de réduire la pauvreté et l’exclusion », a assuré Sylvain Giraud.

« Le retour sur investissement dans le secteur de la santé ne s’obtient pas sur le court terme. Cela peut prendre des décennies avant d’en constater les bénéfices.

De telles durées sont-elles compatibles avec les cycles courts de la vie politique ? Dans quelle mesure les dirigeants politiques sont-ils prêts à investir maintenant et dans quelle mesure attendent-ils des résultats à long terme ? », s’est demandé le chef d’unité de la Commission.

Ellen Nolte, directrice des politiques en matière de santé à l’institut de recherche RAND Europe, a déclaré :

« Nous avons analysé 90 études sur la gestion des maladies chroniques et nous avons découvert que les programmes de gestion de maladies améliorent les résultats en matière de santé, mais ils ne sont pas très concluants quand nous prenons en compte les coûts ». Elle a ajouté que les conclusions sont plus probantes en cas d’insuffisance cardiaque que dans le cas des autres maladies chroniques.

La gestion des maladies prend petit à petit de l’ampleur dans l’ensemble de l’Europe. Un certain nombre de pays ont mis en place des programmes de ce type à l’échelle nationale et régionale en Allemagne, en Autriche, au Danemark, en France, en Hongrie, en Italie et aux Pays-Bas.

Bon nombre de catégories de la population font partie du groupe cible, les diabétiques en premier lieu. Selon Ellen Nolte, cela s’explique par le fait que le diabète est une maladie avec de fortes contraintes pour les patients et leur entourage, mais aussi parce que son diagnostic est fiable.

« Des approches ciblées semblent être la voie à suivre. Nous avons des preuves qu’elles ont des résultats [positifs] sur la santé et il importe de dire que la combinaison de différentes interventions s’avère plus efficace qu’une intervention unique », a souligné le directeur.

Répercussions sur le marché de l’emploi

Alors que le sommet européen sur les maladies chroniques était en grande partie consacré aux systèmes de soins de santé, Fritz von Nordheim de la DG emploi a insisté sur le fait que les maladies chroniques n’avaient pas un impact seulement dans ce domaine. Elles engendrent également une baisse des aptitudes professionnelles, de la productivité et de l’offre de main-d’œuvre ainsi que des charges sur les systèmes de protection sociale et des retraites d’invalidité.

« [Les personnes atteintes de maladies chroniques] ne représentent pas une charge que pour elles-mêmes. Elles représentent également un coût pour la collectivité, pas seulement à cause du traitement. Elles ont des difficultés à subvenir à leurs besoins et sont moins en mesure de contribuer à la collectivité », a déclaré Fritz von Nordheim.

Günther Danner, directeur de la Europavertretung der Deutschen Sozialversicherung (représentation européenne de l’assurance sociale allemande), considère pour sa part que peu de personnes étaient conscientes des répercussions négatives de la « générosité » de nombreux systèmes de soins de santé en période de crise, car elle génère plus de dépenses pour les employeurs.

Les maladies chroniques, telles que les maladies cardiaques, les maladies respiratoires chroniques, les diabètes, sont de loin les premières causes de mortalité au monde, représentant 60 % des décès, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Environ 4 millions d'Européens et 1,5 million de citoyens de l'UE décèdent à la suite de maladies cardiovasculaires chaque année, selon le Réseau européen du cœur et la Société européenne de cardiologie. Les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux (AVC) sont les formes les plus répandues de maladies cardiaques.

Les États membres de l'UE ont convenu de s'attaquer aux facteurs sous-jacents dans le programme d'action dans le domaine de la santé 2014-2020. Objectif : réduire le nombre de décès provoqués par les maladies cardiovasculaires.

  • 30 avril : congrès européen sur l'obésité

  • 17 mai :  journée européenne de l'obésité

  • 19-24 mai : assemblée mondiale de la santé à Genève (Suisse)

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