Les maladies cardiovasculaires coûtent le PIB de la Hongrie à 6 pays de l’UE

Le coût total des soins de santé s'élève à 102,1 milliards d'euros en 2014 (Credit: [Andy Dean Photography]/Shutterstock)

Pour 2014, le coût total des maladies cardiovasculaires dans 6 pays de l’UE excède les 100 milliards d’euros. Un chiffre qui pourrait atteindre 122,6 milliards d’euros d’ici 2020.

Une étude menée par le Center for Economics and Business Research (Cebr) s’est intéressée au poids économique que représentent les maladies cardiovasculaires dans six pays de l’Union européenne (France, Allemagne, Italie, Espagne, Suède et le Royaume-Uni). Ces six États représentent 74 % du PIB de l’UE et 64 % de sa population.

De nos jours, les maladies cardiovasculaires sont la principale cause de décès en Europe. Selon la Société européenne de cardiologie, 47 % des décès en Europe et 40 % des décès dans l’Union européenne sont attribués aux maladies cardiovasculaires.

Selon l’étude réalisée pour le groupe pharmaceutique AstraZeneca, le coût total des maladies cardiovasculaires sur l’économie est estimé à 102,1 milliards d’euros en 2014. « Cela est à peu près équivalent à la taille du PIB d’une économie européenne moyenne comme la Hongrie », révèle le document publié le 28 août.

>> A lire aussi : La santé des Français passée au microscope

Soins hospitaliers et médicaments en première ligne

Dans l’ensemble, le coût total est dominé par les dépenses de santé. Celles-ci représentent environ les trois quarts du coût total dans chacun des pays. Elles représentent un coût de 81,1 milliards d’euros.

Ces dépenses correspondent principalement aux soins hospitaliers suivis par les médicaments. Les soins hospitaliers comptent en effet pour près de 50 % des dépenses de santé pour les maladies cardiovasculaires dans la plupart de ces pays.

D’ici 2020, ces six pays devront faire face à des dépenses de santé représentant 98,7 milliards d’euros. Les coûts par habitant dans chaque pays vont donc augmenter. C’est en Suède que ces dépenses vont le plus augmenter passant de 386 à 455 euros par habitant alors qu’en Allemagne, celles-ci passeront de 375 à 417 euros. Du côté des dépenses françaises, celles-ci évolueront de 200 à 244 euros. 

La productivité mise à mal par le coût de la mortalité

Dans ces six pays, les maladies cardiovasculaires représentent 1,1 million de décès par an. En 2020 ce nombre pourrait atteindre 1,2 million. De son côté, la population active n’est pas en reste. Les décès parmi les personnes en âge de travailler devraient également augmenter, passant de 93.584 décès en 2014 à 99.743 en 2020.

Ces disparitions prématurées ont des conséquences importantes sur les coûts résultant de maladies cardiovasculaires. « Plus il y a de décès dans la population active, plus le poids du coût des pertes de production économique est important — à savoir la perte de productivité », explique l’étude.

Les coûts de pertes de productivité en raison de la mortalité prématurée estimés à 19,6 milliards d’euros en 2014 devraient atteindre 22,3 milliards d’euros en 2020, soit une augmentation de 2,7 milliards d’euros en 2020. En France cependant, les coûts de la mortalité devraient restés les mêmes jusque 2020.

De même, le coût de la morbidité, c’est-à-dire le nombre d’individus atteints par les maladies cardiovasculaires, devrait lui aussi progresser au sein de la main-d’œuvre. Cela aurait aussi un impact négatif sur la productivité notamment à cause de l’absentéisme au travail ou de l’invalidité. En France, ces coûts atteignent 2.5 euros par habitant en 2014 contre 5,5 euros en Italie ou encore 1,3 en Espagne. Selon les estimations du Cebr, les coûts français de la morbidité devraient être de 3 euros en 2020 contre 7,2 euros en Italie (la plus forte augmentation) et 1,9 euro en Espagne (la plus faible).

Les estimations montrent ainsi que le coût de la morbidité attribuable à l’accroissement des maladies cardiovasculaires pourrait passer de 1,4 milliard d’euros en 2014 à 1,6 milliard d’euros en 2020.

Le coût total devrait augmenter de 20 % dans les six prochaines années

Aux vues de toutes ses augmentations, le coût total de ces maladies sur l’économie des six pays devrait passer de 102,1 milliards d’euros en 2014 à 122,6 milliards d’euros en 2020 soit une augmentation substantielle de 20 %. Le coût total comprend en effet les coûts des soins de santé ainsi que les pertes de productivité liées à la mortalité et à la morbidité prématurées.

Ces coûts représentent une part importante du budget de chaque pays puisqu’ils sont des coûts représentent entre 0,7 % et 1,4 % de leur PIB en 2014.

De son côté, la France se retrouve en quatrième position derrière l’Allemagne, le Royaume-Uni et l’Italie avec un total des coûts de 15,6 milliards d’euros en 2014. Cela représente 0,8 % de son PIB. Ce total devrait également évoluer pour atteindre un total de 18,7 milliards d’euros en 2020.

>> Lire aussi : Revoir notre mode de vie pour éviter les maladies cardio-vasculaires

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), les maladies chroniques, comme les maladies cardiovasculaires et le cancer, sont de loin la principale cause de mortalité dans le monde, représentant 60% des décès.

Environ quatre millions de personnes en Europe et 1,5 millions de personnes dans l'Union européenne meurent chaque année de maladies cardiovasculaires, selon l'European Heart Network (EHN) et la Société européenne de cardiologie (ESC). Les principales formes de maladies cardiaques sont les maladies coronariennes et les accidents vasculaires cérébraux.

Pour réduire le nombre de décès dus aux maladies cardiaques, l'Union européenne a décidé de s'attaquer aux déterminants de la santé sous-jacents derrière la santé cardiovasculaire dans son programme de santé 2014-2020.

Centre for Economics and Business Research

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.