Les maladies cardiovasculaires se répandent au Maghreb

(Credit: [Abdallah Ibn/Flickr])

Les maladies cardiovasculaires progressent rapidement au Maghreb en raison du stress et d’une mauvaise hygiène de vie. Il s’agit d’un double fardeau pour ces pays encore touchés par des maladies transmissibles.

Les maladies cardiovasculaires qui représentent la première cause de décès dans le monde ne touchent pas que les pays développés. Selon l’OMS, 30 % de la mortalité mondiale totale est imputable aux maladies cardiovasculaires, soit près de 17,5 millions de décès en 2012.  Less pays à revenu faible ou moyen sont aussi concernés, dont les pays du Maghreb. Ainsi, selon l’OMS 40 % des décès au Maroc sont dus aux maladies cardiaques. 

Transition sanitaire

À l’occasion de la publication d’un rapport de l’IPEMED (Institut de prospection économique du monde méditerranée) sur la création d’un marché maghrébin du médicament, les auteurs du rapport Mohammed Wadie Zerhouni et Asma El Alami El Fellousse ont plaidé pour une coordination régionale dans l’achat des médicaments, et pour une stratégie commune de production des médicaments au Maghreb. L’objectif étant de mieux répondre au développement des maladies non transmissibles.

Les pays du Maghreb consacrent moins de 80 dollars par habitant et par an aux médicaments. Selon ce rapport intitulé «  Vers un marché maghrébin des médicaments », la consommation de  médicaments des populations maghrébines va augmenter dans les années qui viennent, mais elle est indissociable de la mise en place d’un meilleur système de couverture sociale.

« Actuellement, les médicaments ne sont pas perçus comme des produits accessibles pour les populations maghrébines » indique le rapport.

C’est pour cette raison que l’étude insiste sur la nécessité de développer un marché local du médicament, permettant de réduire le coût des médicaments, et favorisant le développement de l’économie maghrébine.

« En ce sens, la définition d’une liste des médicaments essentiels constituerait la base du développement de l’industrie pharmaceutique maghrébine, et la réalisation d’un guide thérapeutique destiné en priorité aux médecins généralistes, qui servirait de base à leur prescription conformément aux progrès de la médecine et à l’usage rationnel du médicament, peuvent être des collaborations concrètes à encourager » précise le rapport.

D’ailleurs, Mohammed Wadie Zerhouni n’a pas manqué d’alerter sur le développement rapide des maladies cardiovasculaires au Maghreb.

« Le Maghreb est face à un double fardeau, d’une part les maladies transmissibles ne sont pas encore éradiquées, et d’autre part les maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires se développent, largement » a-t-il expliqué.

Face à ce défi sanitaire, le rapport incite l’Algérie, la Tunisie et le Maroc à mettre en place une plus grande intégration et plus d’harmonisation des systèmes de santé à l’instar des modèles de santé européens. Les auteurs du rapport appellent aussi à une augmentation des dépenses nationale de santé au Maghreb central. Estimées à moins de 400 dollars par habitant et par an contre six à dix fois plus pour les pays de l’OCDE.

Surpoids et hypertension

Le stress, l’hypertension artérielle et une mauvaise hygiène de vie sont responsables de l’augmentation des maladies cardiovasculaires au Maghreb. En 2011, près de 45 % de la population marocaine est en surpoids, et près de 36 % atteint d’hypercholestérolémie. S’ajoutent à ces facteurs de risque le manque d’activité physique et le tabagisme. Selon, les estimations de l’OMS, 28 % des hommes au Maroc sont fumeurs.

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Pour répondre à une demande grandissante, Salma El-Ghali Krichen, pharmacienne tunisienne, dont l’entreprise familiale fabrique sur place des médicaments à destination du marché tunisien, souhaiterait développer la fabrication de médicaments similaires aux statines.

 « Les maladies cardiovasculaires frappent une grande partie de la société tunisienne, et la production locale de statines est un axe de développement dans les années à venir, pour notre entreprise » explique-t-elle. 

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Selon l’OMS, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de décès dans le monde. 30 % de la mortalité mondiale totale est imputable aux maladies cardiovasculaires. Ce qui représentait 17,5 millions de décès en 2012.

C’est en raison d’un changement des modes de vie que les maladies cardiovasculaires se développent au Maghreb selon l’OMS. Notamment en raison du stress, de la sédentarité, du tabagisme et de mauvaises habitudes nutritionnelles.

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