Les mesures contre la pandémie ont évité 3,1 millions de décès en Europe

Une plage fermée à Punta Umbria, en Espagne, durant le confinement. [EPA-EFE/Julian Perez]

Le confinement et les autres « interventions non pharmaceutiques » ont efficacement contribué à la réduction de la transmission du coronavirus en Europe. Plus de 3 millions de vies auraient ainsi été sauvées, selon une étude. Un article d’Euroefe.

Une étude, menée par l’Imperial College de Londres, a permis de fournir des estimations sur la réduction de la transmission du virus. Elle s’est appuyée sur une comparaison des données de 11 pays européens, dont l’Espagne, récoltées jusqu’au début du mois de mai dernier. Les résultats de ces travaux ont été publiés le 8 juin dans la revue Nature.

Jusqu’au 4 mai, les mesures adoptées auraient permis de sauver quelque 3,1 millions de vies dans ces pays, estiment les chercheurs. Pour l’Espagne, le nombre de décès évités serait d’environ 450 000, ont-ils précisé.

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Ces mesures ont eu un impact social et économique considérable, il est donc important d’évaluer leur efficacité afin de déterminer quelles seront les lignes de conduite à suivre afin de maintenir la pandémie sous contrôle à l’avenir, soulignent les auteurs de l’étude.

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Pour ce faire, estimer le taux de reproduction (Rt) – le nombre moyen de cas secondaires que chaque personne infectée est susceptible de provoquer – est une mesure utile, mais son calcul peut s’avérer compliqué si l’on utilise les données sur les cas, car il est probable qu’une forte proportion d’infections n’ait pas été signalée.

Les chercheurs ont donc proposé que les niveaux d’infection soient calculés rétrospectivement, à partir de l’analyse des décès déclarés.

Ils reconnaissent que les statistiques sur les décès peuvent également avoir été établies sur la base de déclarations incorrectes, mais ils les jugent plus fiables que les données sur les cas, et donc plus utiles pour estimer la proportion de ceux qui n’ont pas été déclarés.

Pour cette raison, l’équipe de l’Imperial College a décidé de fonder ses travaux sur les données relatives aux décès. À partir de ces chiffres, elle a étudié les changements dans l’évolution de la pandémie, depuis la mise en place des INP jusqu’au 4 mai.

Les chercheurs ont estimé qu’à cette date, entre 12 et 15 millions de personnes avaient été infectées par le SRAS-CoV-2 dans les onze pays analysés, soit entre 3,2 et 4% de la population. Ils ont cependant relevé des variations significatives entre les pays.

Taux d’infection records en Belgique et en Espagne

Le taux le plus élevé a été enregistré en Belgique, où l’on estime que 8 % de la population a été infectée. L’Espagne se classe au deuxième rang, avec un taux de 5,5 %, soit 2,3 millions de personnes touchées environ, tandis que le taux le plus faible a été relevé en Allemagne, avec 0,85 %, soit quelque 710 000 personnes infectées.

Les autres pays inclus dans l’étude sont l’Autriche (0,76%), la France (3,4%), le Danemark (1,0%), l’Italie (4,6%), la Norvège (0,46%), la Suède (3,7%), la Suisse (1,9%) et le Royaume-Uni (5,1%).

Les chercheurs ont comparé le nombre de décès enregistrés avec ceux qui auraient eu lieu en l’absence de mesures de confinement (un chiffre obtenu grâce à un modèle mathématique qu’ils ont mis au point). Ils ont alors constaté que les INP avaient permis d’éviter environ 3,1 millions de décès.

Ils ont également déterminé que ces mesures avaient permis faire chuter le taux de reproduction du virus de 82% en moyenne, parvenant ainsi à un Rt inférieur à 1. Mais là encore, les valeurs varient beaucoup d’un pays à l’autre, précisent-ils.

« Ces données suggèrent que sans des interventions telles que le confinement ou les fermetures d’écoles, il y aurait eu beaucoup plus de décès dus au COVID-19 », souligne Samir Bhatt, membre du Centre d’analyse mondiale des maladies infectieuses de l’Imperial College et l’un des auteurs de l’étude, dans un communiqué.

Le taux de transmission, poursuit-il, a « chuté dans tous les pays étudiés », passant de « niveaux élevés » à une situation « sous contrôle ».

« Notre analyse suggère également qu’il y a eu beaucoup plus d’infections que ce qui avait été estimé précédemment. Il faut maintenant envisager avec précaution la gestion des mesures qui permettront de maintenir la transmission du SRAS-CoV-2 sous contrôle. »

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