Les ministres s’accordent et modèrent la réforme du vin [FR]

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Le 19 décembre, après trois jours de négociations, les ministres de l’Agriculture ont adopté un paquet de réforme concernant le secteur vinicole européen qui modère l’importante modernisation que prévoyait la commissaire Mariann Fischer Boel. Suite à des pressions de l’Italie et de la France, moins de vignobles seront défrichés et le surplus continuera à être distillé en alcool.

Les ministres des pays cultivateurs de vin de l’UE sont parvenus à garantir que les pratiques controversées comme la « chaptalisation » (utiliser du sucre ou du moût pour ajouter de la suavité et de l’alcool) continuera à être autorisée.

Enveloppes nationales : différents budgets, adaptés aux besoins de chaque Etat membre pour mener à bien la réforme, ont été négociés. Les ressources nécessaires pour toutes les mesures contenues dans la réforme du vin doivent prélevées dans ces budgets. Ces mesures comprennent la restructuration et la conversion des vignobles, la modernisation des chaînes de production, l’innovation, les actions de promotion dans les pays tiers, de nouvelles mesures de gestion de crises et une aide aux récoltes en vert.

Arrachage : au lieu des projets de la Commission visant à réduire la zone d’arrachage dans l’UE à 400 000 hectares, le système convenu par les ministres inclut le financement permettant l’arrachage d’à peine 175 000 hectares. Ce système est prévu sur une période de trois ans, avec des primes dégressives, et les Etats membres pourront mettre un terme à l’arrachage si la superficie concernée dépasse 8% de la surface encépagée totale d’une région.

Etiquetage  : Une harmonisation générale des pratiques d’étiquetage à travers l’UE, telle qu’elle était prévue par la Commission, n’aura pas lieu. Les indications géographiques protégées et les appellations d’origine protégée restent au cœur des pratiques d’étiquetage européennes, mais les producteurs de vin qui ne les utilisent pas pourront, à l’avenir, porter la mention du cépage et l’année de récolte sur l’étiquette.

Chaptalisation : Les niveaux d’enrichissement de l’alcool obtenu par ajout de sucre ou de moût seront légèrement réduit, mais la pratique restera autorisée dans les Etats membres et les régions où elle est maintenant légale. L’Allemagne, l’Autriche et la Hongrie étaient opposés au plan de Fischer Boel consistant à interdire la pratique dans l’UE.

Distillation  : le surplus de vin – souvent de moins bonne qualité – que les producteurs ne peuvent pas vendre sur le marché mais qui peut encore être distillé en alcool pour l’utilisation industrielle, sera progressivement abandonné, mais ne sera pas obligatoire dans l’UE, comme cela avait été proposé par la Commission.

La commissaire Fischer Boel a commenté l’issue des négociations de façon très positive :  « Plutôt que de dépenser une bonne part de notre budget à nous débarrasser des excédents, nous allons pouvoir nous focaliser sur les défis de la concurrence et la reconquête de parts de marché. Nous n’avons pas obtenu tout ce que nous voulions, mais nous sommes parvenus à un accord équilibré ».

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