Les Pays-Bas restent les champions des systèmes de santé en Europe

Andriukaitis

Vytenis Andriukaitis Commissaire à la santé lors de la présentation de l'Indice européen des consommateurs de soins de santé. [Henriette Jacobsen]

Pour la cinquième année consécutive, les Pays-Bas conservent leur position en tête du classement annuel de l’Indice européen des consommateurs de soins de santé (EHCI). Mais les écarts entre les pays d’Europe de l’ouest et centrale et orientale persistent. 

Chaque année, l’ONG suédoise Health Consumer Powerhouse (HCP) classe les systèmes de santé européens en fonction de 48 indicateurs, dont l’information aux patients et leurs droits, l’accessibilité des soins, la prévention et les résultats. Pour la cinquième fois d’affilée, les Pays-Bas se sont imposés face aux 35 autres pays analysés, avec un score de 898 points sur 1 000.

Dans l’UE, ce sont la Finlande, le Danemark et la Belgique qui suivent les Pays-Bas, alors que les moins bons élèves sont la Roumanie, la Lituanie et la Pologne. Au classement global, la Suisse est à la seconde position, suivie de la Norvège.

Selon l’HCP, les Pays-Bas ont un « système du chaos », c’est-à-dire que les patients y ont une grande liberté dans le choix de leur assurance maladie et l’endroit où ils reçoivent leurs soins. La différence entre les Néerlandais et les autres est que les premiers parviennent à gérer ce chaos. Les décisions liées à la santé sont prises lors de discussions entre les patients et les professionnels.

Bien qu’il existe d’autres moyens de mesurer et classer les systèmes de soins de santé en Europe, « je me félicite de ce type de classements, parce qu’il stimule le débat sur les systèmes de santé et le contrôle de qualité », a déclaré Vytenis Andriukaitis, commissaire à la santé, présent au lancement du classement EHCI pour 2014 le 28 novembre à Bruxelles.

Le commissaire lituanien, dont le pays figure à l’avant-dernière place du classement, a affirmé que la Commission était désireuse de voir plus de comparaisons de ce genre pour les soins de santé, pour que les États puissent apprendre les uns des autres.

Une tendance générale encourageante

Arne Björnberg, d’HCP, a expliqué que l’expérience de son ONG, qui compare les systèmes de santé européens depuis plus de dix ans, lui permet de mettre en évidence des tendances frappantes, par exemple les résultats des traitements en Europe, qui continuent de s’améliorer, malgré la crise financière.

Les taux de survie après un accident cardio-vasculaire ou un cancer, par exemple, augmentent tous, bien que l’on parle de plus en plus de facteurs aggravants liés à notre mode de vie, comme l’obésité, la malbouffe ou la sédentarisation.

Même la mortalité infantile, « l’indicateur isolé le plus significatif » selon l’HCP, ne cesse de diminuer, surtout dans les pays Baltes, pourtant gravement touchés par la crise financière.

Ecart croissant

Il existe néanmoins une tendance inquiétante, celle de l’écart toujours croissant entre les pays les plus riches et les autres.

Neufs pays d’Europe occidentale ont ainsi récolté plus de 600 points, sur un maximum de 1 000. Ces neuf pays sont suivis, à une certaine distance, par des pays comme la France, l’Autriche et la Suède, qui, pour diverses raisons, ne parviennent pas à franchir la barre des 600 points.

Après ce deuxième groupe, il existe un écart considérable avant le troisième groupe, constitué d’États d’Europe centrale et de pays méditerranéens.

Contexte

La crise de la dette dans la zone euro a contraint certains gouvernements à réduire considérablement leur budget de santé publique pour limiter les déficits.

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La Grèce est l'un des pays qui a pris les mesures les plus sévères, mais l'Espagne et d'autres États comme la France et la République tchèque ont adopté des mesures semblables.

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