Les produits alimentaires suédois sont allégés en antibiotiques

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Les agriculteurs suédois utilisent le moins d'antibiotiques de toute l'agriculture de l’UE, selon l'Agence européenne des médicaments.

Selon un rapport de l'Agence européenne des médicaments (EMA), la Suède a recours à 13,6 milligrammes d'antibiotiques par kilo de viande en moyenne. Ce niveau est le plus bas dans l’Union européenne. La Finlande, la Lettonie et la Lituanie emboîtent le pas avec respectivement 24, 35 et 42 mg/kg.

Les agriculteurs chypriotes se retrouvent en queue de peloton : ils utilisent 408 mg d'antibiotiques par kilo de viande, soit un peu plus que l'Italie (370 mg/kg), l'Espagne (249 mg/kg) et l'Allemagne (211 mg/kg).

À l’échelle européenne, les agriculteurs de Norvège et d'Islande ont le moins recours aux antibiotiques dans leur production alimentaire : ils utilisent respectivement 3,7 mg et 6,3 mg/kg.

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) affirme que si une résistance aux antimicrobiens se manifeste chez les animaux , elle peut très bien compromettre le traitement efficace de maladies infectieuses chez l'homme.

Petter Elstrøm de l'Institut de la santé publique de Norvège a assuré au quotidien norvégien Nationen que la faible utilisation d’antibiotiques dans la production alimentaire était vraiment bénéfique pour la santé publique du pays. Selon cet institut, il existe en effet un lien direct entre l'utilisation d'antibiotiques dans l'élevage de bétail et la résistance aux bactéries chez l'homme.

Dans nombre d'États membres de l'Union, près de la moitié des bactéries, telles que le staphylocoque doré, ont développé une résistance aux antibiotiques, indique Peter Elstrøm.

« L'agriculture dans l'UE est plus industrialisée et il y a plus de mouvements de produits alimentaires et d'animaux entre les pays. La politique agricole norvégienne permet de diminuer le risque de développer des bactéries résistantes et le faible taux d’importation d'animaux et de produits alimentaires limite la propagation de ces bactéries résistantes, » explique-t-il.

Franck Berthe, à la tête de l'unité Santé et bien-être des animaux à l'EFSA, a certifié lors d'un entretien à EURACTIV en novembre dernier que 70 % des maladies infectieuses chez l'homme étaient d'origine animale.

L'UE estime que 25 000 décès chaque année sont directement attribuables à des bactéries résistantes aux traitements, ce qui coûte aux systèmes de santé environ 1,5 milliard d’euros selon le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Les patients victimes d'une bactérie résistante aux médicaments doivent être isolées lors de leur traitement en milieu hospitalier. Cette situation provoque un coût supplémentaire de 900 millions d'euros et la mise en place de 2,5 millions de lits en plus chaque année.

Contexte

La résistance aux antimicrobiens représente une menace au niveau mondial. On parle de ce phénomène quand des organismes deviennent résistants à des médicaments qui sont censés les détruire.

Les bactéries peuvent devenir résistantes aux antibiotiques, les virus aux antiviraux et les parasites aux antipaludiques.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que 150 000 décès sont provoqués la tuberculose multirésistante.

Le Centre européen de prévention et de contrôles des maladies (ECDC) estime que 25 000 décès sont attribuables chaque année en Europe à la résistance aux antimicrobiens. Elle estime son coût sur les dépenses en soins de santé et sur les pertes de productivité à plus de 1,5 milliard d'euros.

La situation est des plus graves, car les antimicrobiens sont devenus un outil essentiel de la médecine contemporaine. De nombreuses opérations chirurgicales ne pourraient avoir lieu sans eux.

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