Les traitements contre le cholesterol sont peu suivis par les femmes

Aux Etats-Unis, les femmes ayant un taux de mauvais cholestérol ou souffrant d’hypercholesterolémie familiale suivent peu leur traitement médical, selon une étude de l’association Womenheart.

WomanHeart, une organisation américaine centrée sur les femmes vivant avec des maladies cardiaques, vient de publier les résultats d’une étude menée auprès de 795 femmes ayant un taux élevé de mauvais cholestérol ou d’hypercholestérolémie familiale.

L’hypercholestérolémie familiale (HF) est une maladie rare causée par un taux élevé de « mauvais » cholestérol de six à huit fois supérieur à la normale, et ce dès la naissance.

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L’étude souligne les difficultés rencontrées par les patientes et formule des recommandations pour une meilleure législation en la matière. C’est la première étude à être menée sur la gestion du mauvais cholestérol chez les individus à risque de maladie cardiaque.

Les maladies cardiaques sont la première cause de décès chez les femmes. Comme le cholestérol est un facteur aggravant important, il doit être traité afin de réduire les risques. En Europe 54 % des femmes ont un taux de cholestérol trop élevé.

Manque de flexibilité des médecins et des assurances maladie

Pourtant, seules 62 % des femmes interrogées déclarent suivre correctement leur traitement médical. En cause, une mauvaise communication entre patientes et médecins, les coûts liés aux médicaments et la réticence des assurances à accepter les traitements choisis ou les visites chez les spécialistes.

« L’étude souligne la réelle nécessité de réduire les entraves au dépistage et au traitement du cholestérol et de l’hypercholestérolémie familiale, deux facteurs de risque important pour les maladies cardiaques, chez les femmes », insiste Mary E. McGovan, qui dirige WomenHeart. « Nous sommes impatients de collaborer avec le Congrès et la communauté médicale afin de les sensibiliser au mauvais cholestérol, à l’hypercholestérolémie et à d’autres facteurs aggravants des maladies cardiaques, qui sont la première cause de décès chez les femmes, et de mettre en place des programmes pour un dépistage plus précoce et précis, ainsi que des traitements adaptés. »

L’étude de WomanHeart révèle d’autres incohérences dans le suivi des patientes atteintes de cholestérol élevé ou d’HF.

Le dépistage est l’un de ces problèmes. L’HF est une maladie héréditaire et la famille des patients diagnostiqués devraient donc faire l’objet de dépistages. Or, la plupart des répondantes à l’étude indiquent que seuls certains de leurs parents ont été dépistés. D’autres membres de leurs familles vivent donc peut-être avec la même maladie sans le savoir.

D’autre part, alors que 40 % des personnes interrogées ont déclaré qu’elles aimeraient participer et en apprendre plus sur les essais cliniques concernant de nouveaux traitements, seules moins de 2 % d’entre elles participent réellement à des expérimentations.

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Une alimentation plus équilibrée

Selon le professeur Jean Ferrière, de la Fédération française de cardiologie, « notre nourriture est trop riche en graisses et en protéines. Il faudrait manger moins de viande et plus de fruits et légumes, pour réduire le taux de cholestérol ».

L’alimentation serait donc un moyen relativement facile de gérer le taux de cholestérol des patientes, or, seules 31 % des personnes interrogées par l’étude déclarent manger les cinq fruits et légumes conseillés.

Mettre en place des habitudes alimentaires saines est un projet à long terme. En effet, une étude de la Commission européenne montre que ces comportements se développement dès l’enfance, avant l’âge de 12 ans.

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