L’essentiel des personnes fragiles sera vacciné fin mai

Sur les 5 millions de personnes de plus de 75 ans ne vivant pas en Ehpad, 30% ont déjà été vaccinées. [EPA-EFE/CHRISTOPHE PETIT TESSON]

Alain Fischer, professeur d’immunologie pédiatrique et président du Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale, a été entendu au Sénat mercredi matin (10 mars). Il s’est voulu optimiste à propos du calendrier vaccinal.

La commission des affaires sociales du Sénat a entendu mercredi matin Alain Fischer, professeur d’immunologie pédiatrique et président du Conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale. Malgré le retard pris sur le calendrier initial, la couverture du vaccin est en bonne voie.

Selon le médecin, la couverture en Ehpad est « au-delà des espérances », grâce à une « prouesse logistique ». Ainsi, 85% des résidents ont reçu une première dose et 60% la deuxième, permettant de diminuer considérablement le nombre de clusters. Et, sur les 5 millions de personnes de plus de 75 ans ne vivant pas en Ehpad, 30% ont déjà été vaccinées. 

Avec l’ouverture récente à la vaccination pour les 50-75 ans présentant une comorbidité, les plus de 65 ans peuvent espérer se faire vacciner dès le mois prochain, et les plus de 50 ans courant avril. « La suite dépend de la livraison des vaccins, qui s’accélère », a souligné Alain Fischer, précisant que cette accélération augmentait « de façon exponentielle ».

La diversification des modes de vaccination, possibles désormais chez deux tiers des médecins généralistes, contribue également à cette accélération. Fin mai, « l’essentiel des personnes fragiles auront au moins reçu la première dose », en a-t-il déduit. Il a ainsi laissé entendre que les plus jeunes pourraient passer par la case vaccin dès le mois de juin.

Beaucoup de questions sur l’AstraZeneca

Les sénateurs ont semblé très inquiets vis-à-vis du vaccin produit par le groupe pharmaceutique AstraZeneca. En effet, des informations doutant de son efficacité ont énormément circulé. Le professeur en immunologie pédiatrique a rappelé que son efficacité, notamment face au variant sud-africain, n’avait pas été démontrée.

Par principe de précaution, c’est donc le vaccin Pfizer qui est plus largement administré dans les départements les plus touchés par ce variant, comme la Moselle, la Réunion et Mayotte. Il a cependant insisté sur le fait que la défiance envers ce vaccin n’était pas justifiée.

Alain Fischer s’est aussi montré optimiste concernant le vaccin Johnson & Johnson. Son homologation ne devrait plus tarder et il devrait arriver en Europe entre fin avril et début mai. Curevac et Novavax devraient quant à eux arriver cet été.

Le professeur a insisté sur l’importance pour les soignants de se faire vacciner. Actuellement, 34% des professionnels de santé hors Ehpad sont vaccinés, et 46% en Ehpad. « C’est insuffisant, mais on constate un frémissement positif », a-t-il exprimé. « Il y a encore de la place pour la pédagogie », a-t-il ajouté, n’excluant pas l’éventualité d’une obligation vaccinale à terme.

Enfin, il a rappelé l’importance, même pour les personnes vaccinées, de continuer à appliquer les gestes barrières. « À priori, le vaccin diminue les risques de transmission du virus, mais les données sont à consolider », a-t-il conclu.

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