L’UE craint une épidémie de grippe aviaire après l’émergence de premiers cas aux Pays-Bas

Comme l'indique le site internet du ministère italien de la Santé, « les virus aviaires ne sont pas en mesure de se transmettre efficacement à l'homme, mais cela peut se produire sporadiquement et dans certaines conditions, impliquant une exposition par contact direct avec des oiseaux morts ou malades ». [EPA-EFE/SANDER KONING]

En octobre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) lançait un premier avertissement concernant le risque d’une nouvelle épidémie de grippe aviaire en raison de foyers identifiés en Russie notamment. Plusieurs cas ont maintenant été détectés aux Pays-Bas. Un article d’Euractiv Italie et d’Euractiv.com.

L’influenza aviaire est une maladie virale hautement contagieuse qui se déclare principalement chez les volailles et les oiseaux aquatiques sauvages. Elle affecte souvent des oiseaux sauvages qui, en général, ne tombent pas malades. Ils peuvent en revanche transmettre l’infection à des oiseaux domestiqués tels que les poulets, les canards, les dindes et autres animaux de basse-cour. Il existe deux souches de ce virus : l’un à haute et l’autre à faible pathogénicité, respectivement baptisés IAHP et IAFP.

Une épidémie de grippe aviaire a frappé une grande partie de l’Europe entre 2016 et 2017 : à cette époque, plus de 1 285 foyers avaient été identifiés dans des élevages avicoles.

Comme l’indique le site internet du ministère italien de la Santé, « les virus aviaires ne sont pas en mesure de se transmettre efficacement à l’homme, mais cela peut se produire sporadiquement et dans certaines conditions, impliquant une exposition par contact direct avec des oiseaux morts ou malades ».

Selon divers médias, une souche hautement pathogène de l’influenza aviaire a été diagnostiquée dans un élevage de volaille aux Pays-Bas, jeudi 29 octobre. Selon une déclaration publiée sur le site web du gouvernement, l’autorité néerlandaise pour la sécurité des produits alimentaires et des produits de consommation procède actuellement à l’abattage massif de 35 700 animaux pour tenter d’empêcher la propagation du virus.

Le communiqué ajoute qu’il existe neuf autres élevages de volailles à proximité immédiate de l’exploitation où le virus a été détecté. Des prélèvements d’échantillons y sont effectués à l’heure actuelle, ainsi que des tests de dépistage de la grippe aviaire.

Selon une analyse réalisée au cours du dernier mois par le Centre de recherche de Wageningen, le risque d’infection par l’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) dans les exploitations avicoles commerciales néerlandaises est élevé, en particulier dans les zones où vivent de nombreux oiseaux aquatiques sauvages.

Le préjudice économique pourrait être très important. En Italie, au cours de l’épidémie de 2016-2017, 83 foyers d’infection au H5N8 avaient été identifiés, 2,7 millions d’oiseaux avaient été abattus et les coûts d’éradication s’étaient élevés à quelque 40 millions d’euros.

L’UE est l’un des plus grands producteurs mondiaux de viande de volaille et un exportateur net de produits à base de volaille, avec une production annuelle d’environ 13,4 millions de tonnes.

Birthe Steenburg, secrétaire général de l’Association des centres d’abattage de volailles et du commerce d’importation et d’exportation de volailles des pays de l’Union européenne (AVEC), souligne que cette épidémie pourrait avoir de graves répercussions sur les échanges commerciaux : « Lorsque la grippe aviaire hautement pathogène est détectée dans un pays, de nombreux marchés de pays tiers ferment leurs portes à la viande de volaille. »

Conformément à l’accord bilatéral que les États membres ont conclu avec les pays tiers, un certificat vétérinaire confirmant que le pays d’origine est indemne de grippe aviaire est exigé. Toutefois, conformément à la législation européenne, les échanges commerciaux sont toujours possibles entre les États membres, à condition que la viande provienne d’une zone située en dehors d’un rayon de 10 km autour du foyer.

Selon la note de l’EFSA, « il existe un risque qu’une chute soudaine et durable des températures en Russie centrale et au Kazakhstan déclenche la propagation du virus de la grippe aviaire. Plusieurs études ont montré que pendant les vagues de 2005-2006 et de 2016-2017, le froid a entraîné une propagation rapide du virus de l’influenza aviaire hautement pathogène vers l’ouest, par l’entremise des oiseaux migrateurs infectés ».

L’alerte est élevée et « les pays de l’UE sont invités à intensifier la surveillance et les mesures de biosécurité afin de prévenir de potentielles nouvelles épidémies de grippe aviaire cette année ».

L’UE n’intervient pas systématiquement sur les marchés de la volaille, mais des mesures exceptionnelles de soutien au marché peuvent être mises en place lorsque les animaux sont en proie à des maladies entraînant la perte de confiance des consommateurs.

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