L’UE veut une stratégie pharmaceutique pour faire face aux pénuries de médicaments

[Gilles Paire/Shutterstock]

Les ministres européens de la Santé se sont penchés sur la nouvelle stratégie pharmaceutique de l’UE. Celle-ci a gagné en importance depuis le début de la pandémie, en raison des problèmes d’approvisionnement en médicaments. Un article d’Euroefe.

Lors d’une vidéoconférence qui a eu lieu mardi 12 mai, les ministres européens chargés des questions sanitaires ont exprimé des idées concernant la stratégie pharmaceutique de l’UE. Celle-ci a été présentée au début de l’année et fait actuellement l’objet de développements.

Ils ont notamment insisté sur le lien qui devrait exister entre cette feuille de route et la stratégie industrielle de l’Union européenne, a fait savoir à l’issue de la réunion Vera Katalinic-Jankovic, la représentante croate (dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’UE durant ce semestre).

« Avant même le début de la pandémie, la pénurie de médicaments constituait déjà un problème dans de nombreux États membres. Les discussions avaient déjà commencé, y compris au sein du Conseil, pour remédier à la vulnérabilité de l’approvisionnement », a rappelé Stella Kyriakides, la commissaire européenne à la santé.

Une pénurie amplifiée par la pandémie

La crise « a amplifié ou exacerbé des problèmes dont nous connaissions l’existence (…), mais il est maintenant plus évident que jamais que nous avons besoin d’une approche stratégique pour limiter notre dépendance vis-à-vis de certains fabricants et de certains pays, et que nous devons nous donner les moyens de produire des médicaments essentiels au sein de l’UE », a indiqué la commissaire.

La Commission entend rapatrier la production de médicaments en Europe

L’UE doit trouver des moyens de relancer la production de médicaments et de substances pharmaceutiques en Europe pour éviter que la pénurie actuelle ne se répète à l’avenir, affirme Stella Kyriakides, la commissaire européenne à la santé.

Le problème du manque de médicaments s’explique par le fait qu’une grande partie des produits consommés au sein de l’UE proviennent de pays tiers.

Au cours des derniers mois, les institutions européennes ont multiplié les contacts avec les principaux pays producteurs, tels que l’Inde, afin de lever les obstacles et accélérer les expéditions.

Les ministres européens ont également souligné l’importance de « renforcer la coopération entre les États membres et avec la Commission européenne » afin de garantir un accès aux médicaments à des prix abordables.

Guido Rasi, le directeur exécutif de l’Agence européenne des médicaments, a également pris part à la réunion. Il a mis l’accent sur l’importance de détecter au plus vite les pénuries de production, afin d’assurer la sécurité de l’approvisionnement en médicaments sur le marché intérieur, précise un communiqué de presse.

La crainte de nouveaux foyers

Selon la commissaire Kyriakides, les pays doivent se montrer « vigilants » et être conscients que « nous pourrions devoir faire face à de nouvelles vagues de la pandémie », surtout maintenant que certains États commencent à assouplir les mesures de distanciation sociale et à rouvrir leurs économies.

À l’issue de la vidéoconférence, la représentante croate a indiqué que la réunion avait permis « un suivi des travaux entamés en 2016 avec l’adoption de conclusions visant à renforcer l’équilibre des systèmes pharmaceutiques au sein de l’UE et de ses États membres ».

La dépendance suicidaire de l’Europe aux médicaments « made in China »

Alors que l’épidémie de Covid-19 ravive les craintes de pénuries graves de médicaments, les appels à relocaliser la fabrication des ingrédients pharmaceutiques se multiplient. Un article de notre partenaire European Data Journalism Network.

Il aura suffi d’un battement d’ailes de …

Dans les circonstances actuelles, a-t-elle ajouté, ces progrès marquent « le début d’un travail commun renforcé, qui nous permettra d’améliorer le fonctionnement du marché européen des médicaments pour mieux faire face aux défis existants ». Elle a précisé que la nouvelle stratégie pharmaceutique se focaliserait sur ce point, afin d’aborder les questions de « disponibilité, de durabilité et de sécurité de l’approvisionnement » des produits.

En dernier lieu, les ministres ont évoqué la possibilité de renforcer la communication entre les autorités nationales et les parties prenantes afin d’établir une plate-forme permettant un dialogue régulier sur des « sujets spécifiques ».

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