L’Université d’Oxford enregistre des résultats prometteurs pour son vaccin contre le coronavirus

[EPA-EFE/Sebastiao Moreira]

Selon les premières conclusions d’une étude, le vaccin contre le COVID-19 développé par l’Université d’Oxford semble « sûr » et « renforcer » le système immunitaire. Le candidat-vaccin chinois serait aussi en bonne voie, d’après la revue The Lancet. Un article d’Euroefe.

Lors des essais cliniques menés par des experts de l’Université britannique d’Oxford, 1077 volontaires ayant reçu une injection du vaccin potentiel ont produit des anticorps et des globules blancs capables de combattre le coronavirus.

Cette découverte, annoncée dans la revue médicale The Lancet, est jugée « très prometteuse », même si des essais doivent encore être menés à plus grande échelle pour déterminer si les anticorps sont suffisants pour protéger la population à long terme contre la maladie.

Le vaccin « ChAdOx1 nCoV-19 », mis au point avec une rapidité inouïe, contient un virus du rhume des chimpanzés manipulé génétiquement.

Les scientifiques ont largement modifié le virus afin qu’il ne contamine pas les humains et pour qu’il ressemble davantage au COVID-19.

Pour ce faire, ils ont intégré le patrimoine génétique de la « protéine spike » du coronavirus — qui joue un rôle-clé dans l’infection des cellules humaines — au vaccin en cours de développement.

Le vaccin ressemble donc au COVID-19, ce qui permet au système immunitaire d’apprendre à lutter contre la maladie.

Malgré l’importance de cette découverte, les experts soulignent que l’étude n’a pas été menée assez longtemps pour mesurer l’efficacité du vaccin à long terme.

Par ailleurs, les scientifiques ont noté des effets secondaires, mais ne les jugent pas dangereux.

Environ 70 % des volontaires ayant participé aux essais cliniques ont souffert de fièvre ou de maux de tête, mais ces symptômes ont pu être traités avec du paracétamol.

« Il reste encore beaucoup de travail avant de pouvoir confirmer que notre vaccin aidera à contrôler la pandémie de COVID-19, mais les premiers résultats sont encourageants », a affirmé Sarah Gilbert, professeure à l’Université d’Oxford, lundi 20 juillet.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a quant à lui indiqué que ces premières conclusions apportaient « une très bonne nouvelle » et a applaudi les « scientifiques et chercheurs brillants et de renommée mondiale de l’Université d’Oxford » sur Twitter.

« Rien n’est encore sûr, nous n’y sommes pas encore et d’autres essais seront nécessaires, mais il s’agit d’une étape importante dans la bonne direction », a souligné le leader conservateur.

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Le candidat-vaccin chinois progresse aussi

Du côté de la Chine, des tests ont été menés récemment sur plus de 500 personnes. Ils font suite aux premiers résultats positifs annoncés en mai dernier. Mais une troisième phase de tests devra se dérouler sur d’autres personnes pour confirmer que le vaccin protège efficacement du coronavirus SARS-CoV-2.

Les essais cliniques randomisés de la phase actuelle visent à évaluer la réponse immunitaire et la dangerosité du vaccin. Les résultats montrent que le groupe de participants était un peu plus grand que lors de la première phase de tests et incluait aussi un petit sous-groupe de personnes de plus de 55 ans.

Les auteurs soulignent toutefois qu’aucun participant n’a été exposé au virus après s’être fait vacciner ; il est donc impossible de déterminer à ce stade si l’injection protège efficacement du COVID-19.

« Ces essais apportent d’autres éléments de preuve sur la sécurité et l’immunogénicité au sein d’une population plus âgée — il s’agit d’une étape importante dans l’évaluation d’un vaccin expérimental », assure Feng-Cai Zhu, du Centre de contrôle et de prévention des maladies de la province du Jiangsu. Elle précise par ailleurs que la phase trois est en cours.

Au total, 508 personnes ont participé aux tests pour ce vaccin, qui utilise une version affaiblie du patrimoine génétique du virus du rhume classique, l’adénovirus de type 5.

Sur ces 508 participants, 253 ont reçu une forte dose du candidat-vaccin ; 129 une faible dose ; et 126 un placebo. Environ deux tiers (309 personnes, soit 61 %) des volontaires avaient entre 18 et 44 ans ; un quart (134 personnes, soit 26 %) avait entre 45 et 54 ans et 13 % (65 personnes) avaient 55 ans ou plus.

Les essais ont révélé que 95 % des participants du groupe ayant reçu une forte dose et 91 % du groupe à faible dose ont déclenché une réponse immunitaire au niveau des cellules T (un type de globules blancs qui joue un rôle clé dans la réponse immunitaire) ou des anticorps 28 jours après la vaccination.

Le candidat-vaccin a entraîné la production d’anticorps neutralisants chez 59 % des volontaires et d’anticorps liants chez 47 % des participants. Ce second type d’anticorps peut se lier au coronavirus, mais ne l’attaque pas nécessairement. Il était présent chez 96 % des patients ayant reçu une forte dose du vaccin et chez 97 % des personnes ayant reçu une faible dose.

La plupart des réactions indésirables étaient légères ou modérées. Dans le cas du groupe ayant reçu une forte dose du vaccin, 9 % ont eu des réactions indésirables graves, principalement de la fièvre.

En outre, les personnes âgées déclenchent généralement des réponses immunitaires nettement plus faibles que les jeunes.

« Comme les personnes âgées sont très exposées aux maladies graves et même aux décès liés au COVID-19, elles constituent une importante population cible pour le vaccin », souligne Wei Chen de l’Institut de biotechnologie de Pékin.

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