«Il faut harmoniser la lutte contre le cancer à l’échelle européenne»

« La lutte contre le cancer en Europe nécessitera l'investissement de sommes immenses et une coordination efficace des politiques nationales. », estime l’eurodéputée Lieve Wierinck. [European Parliament]

Lieve Wierinck plaide pour une harmonisation des politiques sanitaires européennes. Selon elle, ce n’est que comme ça que la lutte contre le cancer pourra progresser.

Pour l’eurodéputée belge Lieve Wierinck, la création d’un plan européen contre le cancer améliorera l’accès et la qualité des soins médicaux, tout en contribuant à l’innovation, au travers de la collaboration renforcée des acteurs concernés.

Selon cette membre du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe (ALDE), « la lutte contre le cancer en Europe nécessitera l’investissement de sommes immenses, et une coordination efficace des politiques nationales ».

Dans son intervention lors de l’événement « Innovation en oncologie – La science peut-elle faire du cancer une maladie gérable ? » organisé par Euractiv le 15 octobre, l’eurodéputée a souligné que l’idée d’un plan européen contre le cancer devrait s’appuyer sur les plans déjà existants dans chaque État membre.

L'accès aux traitements contre le cancer varie grandement en Europe

Les Européens font face à des inégalités criantes dans l’accès au diagnostic et au traitement du cancer des poumons, révèle un rapport publié cette semaine. Les experts appellent à une approche harmonisée.

Pour elle, il devrait s’agir d’un plan de santé publique de l’UE en vue de réduire le nombre de cas de cancer et de décès, et d’améliorer la qualité de vie de ces patients.

« Il faudrait mettre l’accent sur la prévention, la détection précoce, le diagnostic, le traitement, la collecte de données et la recherche afin de trouver des solutions innovantes et d’en évaluer les résultats », a-t-elle noté.

Selon l’Organisation mondiale de la santé, le cancer est la deuxième cause de mortalité et de morbidité en Europe après les maladies cardiovasculaires. Rien qu’en 2013, cette maladie a causé 26 % de tous les décès enregistrés.

La Commission européenne a pris un certain nombre d’initiatives pour renforcer la collaboration entre États membres sur cette question. Cependant, il n’existe pas encore de plan à l’échelle de l’UE.

Au cours du même événement, Michael Zaiac, responsable des affaires médicales de la région oncologie Europe chez Novartis, a tenu à souligner qu’aujourd’hui, grâce à la science, on ne mourrait plus systématiquement du cancer.

« La science a donné aux patients une perspective de vie après le cancer », estime-t-il.

Néanmoins, pour de nombreux cancers graves, comme celui du pancréas ou du poumon, la recherche de traitements avance encore lentement. C’est pourquoi davantage de soutien et d’investissements « judicieux » sont nécessaires.

« Nous avons le devoir de joindre nos forces pour venir à bout de ces cancers. »

La santé étant une compétence nationale, le rôle des institutions européennes est limité, mais l’UE peut encourager et stimuler le débat, souligne Lieve Wierinck.

« Les soins de santé sont encore trop souvent envisagés uniquement au niveau national. Cette approche revient à nier la réalité d’un marché unique et d’une Union européenne où chaque citoyen a accès au traitement dont il a besoin. Une Europe en bonne santé, pour des citoyens en bonne santé », a-t-elle clamé.

« L’innovation et l’investissement dans les biosciences sont nécessaires pour trouver des solutions durables aux maladies chroniques et aux inconforts liés au grand âge. En raison du vieillissement de notre population, le nombre de malades chroniques au niveau mondial grimpe rapidement », a-t-elle ajouté.

Le cancer du sein métastatique peu documenté dans l'UE

Le cancer du sein métastatique a longtemps été négligé au sein de l’UE. Résultat, l’ampleur de la maladie, le fardeau économique qu’elle représente et les traitement demeurent peu connus.

Selon la responsable politique belge, le patient du 21e siècle exige un traitement individuel et adapté à ses besoins spécifiques. Et cela exigera des efforts supplémentaires de la part de tous les acteurs concernés.

« La mise au point de nouveaux médicaments et de nouvelles thérapies est un processus intensif, coûteux et long. En tant qu’acteurs, votre coopération est primordiale. Non seulement vous améliorerez la vie des patients européens, mais vous contribuerez en plus à la création de nouveaux emplois, à la croissance, à plus de richesse et à une meilleure qualité de vie », a-t-elle déclaré face à ses homologues lors de l’événement du 15 octobre.

« L’industrie pharmaceutique a le pouvoir de passer de la théorie à l’action, et de transformer des percées scientifiques prometteuses en traitements efficaces. Elle est capable de faire face aux défis médicaux les plus urgents, aujourd’hui et à l’avenir », a affirmé Lieve Wierinck.

Bruxelles harmonise l’évaluation des technologies de santé

La Commission européenne a dévoilé ses plans pour une évaluation des technologies médicales  européenne. Pour le commissaire à la santé, Vytenis Andriukaitis, cette loi permettra aux patients de tirer profit d’une « ère stimulante pour l’innovation dans la santé ».

Évaluation des technologies de la santé

En ce moment, le débat sur l’innovation médicale s’enflamme en raison des discussions en cours sur l’évaluation des technologies de la santé (ETS). Elle a pour but d’identifier et d’évaluer la valeur ajoutée d’un médicament et d’aider les pays de l’UE à décider de son prix.

Le 3 septembre, le Parlement européen a organisé un vote sur le mandat de négociation des ETS avec les ministres de l’UE.

Le règlement sur l’ETS s’attaque à la fragmentation du secteur, et réduit les différences dans l’accès aux traitements et aux diagnostics innovants.

Pour les eurodéputés, même si les ETS relèvent de la compétence nationale, il serait préférable d’uniformiser les évaluations au niveau de l’UE. Une coordination supranationale permettrait en effet d’éviter les redondances et de réduire la charge financière et administrative qui pèse sur les développeurs des technologies sanitaires.

« Alors que les ETS sont de plus en plus souvent réalisées par les États membres, la diversité des méthodologies engendre des différences dans la façon dont les données et les justificatifs sont évalués », a expliqué Lieve Wierinck.

Elle a insisté sur le fait que le nouveau règlement avait un énorme potentiel pour améliorer la vie des patients atteints de cancer.

« Je pense que, grâce à un système européen renforcé de coopération en matière d’ETS, tous les pays de l’UE seront plus efficaces et feront meilleur usage de leurs ressources, maximisant ainsi la valeur ajoutée européenne », a-t-elle conclu.

La Commission veut mieux évaluer les technologies de la santé

Pour devenir durables et rentables, les systèmes de santé nationaux devraient adopter les évaluations des technologies de la santé, selon le Commissaire Vytenis Andriulaitis.

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