Le Parlement européen s’inquiète des fakes news sur les vaccins

Les vaccins ne sont pas réservés aux enfants. [Shutterstock]

Favorisée par le mouvement anti vaccins, une épidémie de rougeole a déjà fait  plusieurs morts. Des eurodéputés insistent sur l’importance des vaccins pour les enfants, mais aussi les adultes.

« Les enfants sont le groupe le plus vulnérable et leur système immunitaire n’est pas aussi efficace contre les infections. Les parents qui refusent la vaccination ne mettent pas seulement en danger la vie de leurs propres enfants, mais aussi celle des autres », déclare l’eurodéputée PPE Renate Sommer, qui rappelle que les vaccins s’appliquent aussi aux adultes.

La vaccination des adultes n’est pas considérée comme une question de santé prioritaire. Pourtant, étant donné le vieillissement de la population, le fardeau que représentent les maladies évitables et leurs complications chez les adultes et les personnes âgées devrait s’alourdir.

Vacciner ces groupes leurs permettrait de rester en bonne santé et actifs plus longtemps, d’espacer et de raccourcir les hospitalisations et les congés maladies, ainsi que de minimiser les maladies chroniques. Une couverture vaccinale plus étendue chez les adultes pourrait aussi participer à la lutte contre la résistance aux antibiotiques, poursuit l’eurodéputée.

La résistance aux antibiotiques menace la santé des Européens

Le recours excessif aux antibiotiques dans l’élevage intensif a permis le développement de bactéries intestinales résistantes à tous les traitements chez les animaux et les humains. Une situation qui pourrait mener à une grave crise sanitaire en Europe. Un article d’EURACTIV Allemagne.

En principe, les adultes doivent se faire vacciner tous les dix ans contre le tétanos, par exemple, et la protection qu’offrent certains vaccins administrés aux enfants s’affaiblit avec le temps, rendant des rappels nécessaires.

« Certains vaccins ne sont même conseillés que pour les adultes, comme celui contre le zona. D’autres se font en fonction des risques auxquels on s’expose, lors de voyages par exemple, ou à cause de certains métiers ou conditions médicales particulières », souligne Renata Sommer. « Il est donc important de lire de temps en temps son carnet de vaccination pour voir où l’on en est. »

La méfiance à l’égard des vaccins, alimentée par le manque d’information et le militantisme des « antivax », a provoqué des épidémies de rougeole dans l’UE ces dernières années. Ces épidémies ont fait plusieurs morts, selon le Centre européen pour la prévention et le contrôle des maladies.

La progression de ces épidémies est rendue possible par des zones où la couverture vaccinales n’est pas suffisante. La plupart des cas ont été répertoriés en Roumanie, en Italie, en Grèce et en Allemagne.

Face au retour de la rougeole en Europe, l'OMS recommande la vaccination

La 9ème édition de la semaine européenne de la vaccination, qui se déroule du 20 au 25 avril met l’accent sur l’importance de cet acte médical au sein de l’UE, où certaines maladies infectieuses telles que la rougeole regagnent du terrain. 

La Commission et 20 États membres finalisent actuellement des propositions pour mettre en place un plan d’action commun pour renforcer la coopération sur les maladies évitables grâce aux vaccins. Un porte-parole de la Commission a indiqué que ces propositions prendront probablement la forme d’une recommandation du Conseil et devraient être présentées fin avril.

La vaccination relève des compétences des États, la stratégie se concentrera donc sur la coordination entre capitales et la coopération avec l’industrie au niveau européen, afin de renforcer les campagnes de vaccination dans toute l’Union, d’étendre la couverture vaccinale et de consolider la préparation au niveau européen.

Le danger des fake news en ligne

La méfiance à l’égard des vaccins est un phénomène inquiétant, souligne Gilles Pargneaux, eurodéputé S&D français. « Des sources Internet peu fiables bombardent nos citoyens d’informations non scientifiques, erronées et trompeuses, ce qui génère des retards ou le refus complet de recevoir les vaccins nécessaires », commente-t-il.

Pour Renate Sommer, il n’y a tout simplement aucune justification scientifique au rejet des vaccins. « Nous devons expliquer cela, rappeler aux citoyens l’importance des vaccinations et la gravité des conséquences de la non-vaccination. Le fait que des maladies comme la polio ou la diphtérie ne frappent plus les Européens ne signifient pas que celles-ci sont éradiquées. L’absence de ces maladies graves sur notre continent est justement le résultat direct des campagnes de vaccination des dernières décennies. »

Elle lie également la vitesse folle à laquelle la désinformation circule et les faiblesses de la couverture vaccinale. « Le pire succès de cette désinformation est de faire douter les parents, qui ne vaccinent donc plus leurs enfants, par crainte de soi-disant effets secondaires dangereux », souligne-t-elle. « Pour moi, c’est comme si on les exposait à des blessures corporelles graves, puisque ces enfants se retrouve totalement sans défense contre des infections extrêmement graves qui peuvent les handicaper à vie, voire les tuer. »

Les eurodéputés dénoncent les mouvements anti-vaccination

La commission « environnement » du Parlement européen a appelé les États membres à renforcer leur loi contre les mouvements anti-vaccination et à informer davantage leur population. Un article de notre partenaire, Euroefe.

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