Les eurodéputés demandent l’élimination complète de l’amiante cancérigène

Grâce à sa résistance à la chaleur et aux produits chimiques, l’amiante était couramment utilisé comme matériau de construction et se retrouve dans un certain nombre de produits, notamment les bardeaux de toiture et les conduites d’eau. [SHUTTERSTOCK]

Le Parlement européen a appelé à la création d’une stratégie visant à éliminer complètement l’amiante cancérigène dans le but de renforcer la protection des travailleurs et de réduire l’exposition à ce produit chimique courant.

Les recommandations de la commission parlementaire de l’environnement et de la santé publique (ENVI) interviennent avant la mise à jour de la directive sur l’amiante par la Commission européenne, prévue pour 2022, 12 ans après sa dernière révision.

L’amiante est un composé de six minéraux naturels constitués de fines fibres microscopiques. Grâce à sa résistance à la chaleur et aux produits chimiques, l’amiante était couramment utilisé comme matériau de construction et se retrouve dans un certain nombre de produits, notamment les bardeaux de toiture et les conduites d’eau.

Cependant, l’exposition à l’amiante peut entraîner plusieurs problèmes de santé graves, y compris le cancer du poumon, du larynx et des ovaires, ainsi que le mésothéliome.

Le risque vient non seulement de l’inhalation de fibres, mais aussi de l’ingestion d’eau contenant ces fibres, qui augmente le risque de cancers gastriques et colorectaux.

En raison des dangers pour la santé, l’amiante a été interdite à l’échelle européenne en 2005, mais on la trouve encore dans de nombreux bâtiments et elle est la première cause de cancers liés au travail.

En 2018, 125 millions de personnes dans le monde ont été exposées à l’amiante sur leur lieu de travail.

L’eurodéputée française, Véronique Trillet-Lenoir, rapporteure fictive du groupe Renew Europe sur ce dossier, a souligné que si la vague de rénovation du Pacte vert pour l’Europe, qui vise à rénover 35 millions de bâtiments peu performants d’ici à 2030, donne l’occasion de désamianter, elle met aussi en péril la vie des travailleurs du bâtiment.

« Une stratégie européenne est nécessaire pour éviter les inégalités de protection : chaque travailleur doit être protégé de manière adéquate, quel que soit son lieu de travail », a appuyé Mme Trillet-Lenoir, ajoutant que la justice sociale doit être le principe directeur de la politique de lutte contre l’amiante.

Dans leurs recommandations, les députés européens invitent la Commission à définir une stratégie européenne pour l’élimination complète de l’amiante et exhortent tous les États membres à adopter des plans d’action nationaux pour mettre en œuvre cette stratégie.

« Éliminer l’amiante maintenant, c’est éviter de transmettre ce fardeau aux générations futures et faire un investissement majeur dans la santé publique : les bénéfices sont considérables, non seulement en termes de vies sauvées et de douleurs évitées, mais aussi en termes d’économies pour les systèmes de protection sociale », a déclaré Mme Trillet-Lenoir.

En outre, dans les recommandations, il est souligné que l’UE, ainsi que les organisations internationales et les pays tiers, devraient travailler ensemble pour parvenir à une interdiction mondiale de l’amiante.

« En raison de l’interconnexion des chaînes de valeur, il est également dans notre intérêt d’éviter tout risque d’entrée de produits à base d’amiante sur le marché unique », a fait savoir la députée européenne.

L’importance de la surveillance et de la détection de l’amiante dans les bâtiments privés et publics, les terrains, les infrastructures, la logistique et les canalisations est aussi mentionnée dans les recommandations, ainsi que les campagnes d’information destinées aux travailleurs, employeurs, propriétaires, locataires et autres citoyens.

Les recommandations d’ENVI alimenteront les discussions en cours au sein de la commission de l’emploi et des affaires sociales (EMPL) du Parlement.

Le rapport devrait être achevé en septembre « dans le but d’influencer le contenu de la proposition législative de la Commission européenne », a conclu Mme Trillet-Lenoir.

Rénovation énergétique des bâtiments : des « changements fondamentaux » sont nécessaires

Dans un rapport publié aujourd’hui (2 juin), l’EASAC prévient : il ne suffit plus de construire de nouveaux bâtiments plus écoresponsables, il faut surtout rénover ceux qui sont déjà construits.

[Post-édité par Anne Damiani]

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