Vers l’élaboration d’un nouveau traité international pour mieux se préparer aux pandémies à venir

Mardi (30 mars), les leaders de 25 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont signé une lettre ouverte soutenant l’idée d’établir un traité international garantissant un accès universel et équitable aux vaccins, aux médicaments et aux diagnostics en temps de pandémie. EPA-EFE/Francisco Seco / POOL [Pool/EPA/EFE]

Le traité international sur les pandémies en cours d’élaboration devrait servir de cadre pour mieux se préparer aux pandémies à venir, a déclaré le président du Conseil européen Charles Michel.

Mardi (30 mars), les leaders de 25 pays membres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont signé une lettre ouverte soutenant l’idée d’établir un traité international garantissant un accès universel et équitable aux vaccins, aux médicaments et aux diagnostics en temps de pandémie.

Lors d’une conférence de presse aux côtés du directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, le président du Conseil européen Charles Michel a déclaré que le traité proposé devrait permettre de combler les lacunes mises en évidence par la Covid-19.

Il s’agit de tirer des leçons brutales. « Aucun pays, aucun continent ne peut vaincre une pandémie seul. Cela nécessite une approche mondiale », a-t-il indiqué.

D’après M. Michel, un traité sur les pandémies servirait de cadre pour la prochaine grande crise sanitaire.

« La question n’est pas de savoir s’il y aura une prochaine pandémie, mais quand. »

Le traité, qui se fonderait sur le « droit à la santé pour tous » énoncé dans la Constitution de l’OMS, devrait renforcer la mise en place du Règlement sanitaire international (RSI) et fournir un cadre pour la solidarité internationale.

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S’il obtient le feu vert des pays, ce passeport numérique devrait entrer en vigueur avant l’été pour permettre au secteur du tourisme, l’un des plus touchés par la pandémie, de se rétablir.

Il sera présenté en mai, lors de la réunion annuelle des 194 membres de l’OMS.

Transparence

Charles Michel a également appelé à plus de transparence, de responsabilité et de partage des responsabilités dans le système sanitaire international.

L’échange immédiat d’information est primordial afin de prendre des décisions à l’échelle mondiale, en particulier au commencement d’une pandémie.

Depuis le commencement de la crise sanitaire liée au SARS-CoV-2, force est de constater que la production et la distribution des vaccins à travers l’UE ont été entravées par plusieurs obstacles. Même scénario pour la fabrication d’équipements de protection sanitaire et d’autres médicaments.

Les tensions se sont ensuite exacerbées en raison de mesures protectionnistes prises par certaines nations, notamment les interdictions d’exporter et le stockage national de vaccins et de médicaments utilisés dans les traitements contre la Covid-19.

« Ces deniers jours, il était nécessaire pour la Commission de prendre des décisions officielles afin d’être plus transparente », a soutenu M. Michel, faisant référence au mécanisme de transparence et d’autorisation pour les exportations de vaccins contre la Covid-19.

Ledit mécanisme a suscité les critiques de plusieurs pays hors UE, qui l’assimilent à une interdiction d’exportation susceptible d’entraîner davantage de perturbations dans la chaîne mondiale d’approvisionnement des vaccins.

« Un tel traité pourrait jouer un rôle intéressant afin de garantir plus de transparence sur le plan des vaccins ou des tests », a-t-il ajouté, avançant que cela pourrait renforcer la confiance entre les États et améliorer la coopération mondiale.

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Egalement signataires, le président du Conseil européen Charles Michel et le patron de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) Tedros Adhanom Ghebreyesus présenteront mardi devant la presse ce projet de traité qui pourrait se fonder sur le « Règlement sanitaire international », un instrument juridique adopté en 2005.

Signataires

La lettre ouverte appelant à l’élaboration d’un traité international sur les pandémies est actuellement signée par 25 chefs d’État et de gouvernement membres de l’OMS.

Parmi les leaders européens figurent notamment Emmanuel Macron, Angela Merkel et Mario Draghi.

19 États membres du bloc doivent encore la signer, en plus de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

« Cela ne signifie pas que [les pays absents] ne partageront pas l’objectif visant à mieux préparer le monde aux pandémies à venir », a maintenu un porte-parole de la Commission européenne.

La Chine, les États-Unis d’Amérique et la Russie ne figurent pas non plus parmi les signataires. Cependant, d’après le chef de l’OMS, cela ne pose pas de problème, car la signature des 194 membres n’est pas requise.

« En réalité, les conclusions que nous avons pu tirer lors de nos discussions avec la Russie et la Chine sont positives. Nous espérons que le prochain accord rassemblera tous les pays. »

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