La Commission défend les vaccins pour tous

Martin Seychell [Sarantis Michalopoulos]

Selon la DG Santé de la Commission européenne, la non vaccination menace la vie d’autrui. Une position qui exclut tout droit à la non vaccination, en vogue dans certains pays dont l’Italie.

Pour Martin Seychell, directeur général adjoint de la DG Santé et sécurité alimentaire, le « faux » débat italien sur l’obligation de vaccination « frise l’absurde ».

« Le problème, c’est que si je prends la décision, pour n’importe quelle raison, de refuser la vaccination, je me donne le droit de contaminer quelqu’un », a-t-il indiqué.

Le responsable s’exprimait à l’occasion d’un événement sur la vaccination au Parlement européen. Pour lui, il ne devrait pas y avoir de « droit » à la non-vaccination puisque cela met en danger les personnes vulnérables qui « pour diverses raisons ne peuvent pas être vaccinées ou qui sont immunodéprimées ».

Il a souligné que non seulement les vaccins empêchaient des décès, mais qu’ils permettaient aussi d’éviter « souffrances, maladies et handicaps », « renforçant ainsi la productivité économique et sociale ».

« La vaccination réduit les coûts des traitements spécifiques en réduisant les incidences d’infections primaires. Cela nous permet d’avoir aussi un impact sur les infections secondaires, notamment celles liées à la résistance antimicrobienne », a-t-il poursuivi.

Parents et vaccins

David Borrelli, l’eurodéputé qui chapeautait l’événement, s’inquiète de la difficulté de convaincre les parents ayant déjà décidé de ne pas vacciner leurs enfants.

« Il n’est pas facile de faire changer d’avis ces parents, qui ont déjà pris la décision de ne pas avoir recours aux vaccins, mais nous pouvons tenter de comprendre pourquoi ils en ont tellement peur », a-t-il indiqué. « Ils peuvent manquer d’informations, ou au contraire être noyés sous les informations disponibles. Il n’est pas simple de savoir à qui faire confiance. Et même parmi les parents qui n’ont rien contre les vaccins, certains voudraient avoir plus de précisions. »

Pour lui, il est important de fournir des informations accessibles et de qualité. « Nous pouvons essayer de les faire changer d’avis en créant un dialogue entre les parents et les prestataires de santé, en insistant sur la sûreté des vaccins et en discutant des risques et bénéfices de cette méthode », a-t-il insisté.

Les États membres tentent de reconquérir la confiance des citoyens envers les vaccins

Face au mouvement anti-vaccin en Europe, le Conseil de l’UE vient d’adopter une recommandation sur la coopération renforcée contre les maladies à prévention vaccinale.

 

Facteurs de recul

Martin Seychell voit plusieurs raisons au recul des programmes de vaccination en Europe. La première est le scepticisme rampant, mais l’augmentation des prix est aussi un facteur, selon lui.

« Les vaccins sont conçus pour couvrir la population dans son ensemble, donc le prix unitaire est important. Il faut que ce soit abordable », a-t-il souligné.

La garantie d’un prix juste est aussi liée à la production. Il est donc nécessaire d’améliorer les prévisions vaccinales, afin que les entreprises puissent prévoir et s’adapter à une hausse de la production.

« De cette façon, nous aiderions l’industrie, nous encouragerions l’innovation dans la mise sur le marché des vaccins. Nous examinons actuellement la possibilité d’un approvisionnement conjoint, mais nous avons besoin d’un meilleur dialogue avec l’industrie pour faire correspondre l’offre et la demande », a assuré le représentant de la Commission.

La pénurie et les problèmes d’approvisionnement sont un autre frein à une vaccination maximale. « L’Europe n’est plus autosuffisante en vaccins. Je voudrais également souligner à ce propos que cela a d’énormes implications sur le plan de la sécurité. »

« Voulons-nous être une région qui ne parvient pas à produire ses vaccins, ou en tout cas certains vaccins essentiels ? Ce serait une vulnérabilité majeure. »

Suite à la multiplication des campagnes anti-vaccination en Europe, l’exécutif européen a proposé une recommandation au Conseil sur le renforcement de la coopération contre les maladies évitables par la vaccination.

Les ministres de la Santé de l’UE devraient adopter la recommandation en décembre. La Commission a déjà prévenu qu’elle ne voulait pas que cette recommandation reste lettre morte.

Engagement citoyen

Mariano Votta, directeur du Réseau de citoyenneté active (RCA), a pour sa part souligné le rôle des organisations de la société civile dans l’amélioration des taux de vaccination en Europe.

« Notre objectif est d’inciter les citoyens et les associations de citoyens de toute l’Europe à mieux mettre en œuvre les politiques de vaccination », a-t-il noté, ajoutant que cela nécessite une étroite collaboration avec les institutions de l’UE et les acteurs de la santé.

« Nous pensons qu’une culture de vaccination généralisée est nécessaire, en particulier pour dépasser l’idée que les vaccins ne concernent que les enfants […] Nous devons passer à une approche de vaccination tout au long de la vie qui prévient une série de maladies même à l’âge adulte », a-t-il ajouté.

La vaccination des adultes améliore la santé globale

La vaccination continue aura un impact significatif à bien des niveaux en Europe : une population en meilleure santé et un budget allégé, selon Daphné Holt.

Subscribe to our newsletters

Subscribe