La directrice de l’ECDC met en garde sur la deuxième vague de COVID-19

Des chaises de restaurant vides bordent les berges du Bassin de la Villette à Paris pour protester contre les répercussions économiques qu’ont entraîné les mesures de restriction sur les bars, cafés et restaurants (19 mai 2020). [EPA-EFE/IAN LANGSDON]

Andrea Ammon, la cheffe de l’organe consultatif de l’UE dans le domaine de la santé et des infections, a prévenu jeudi 21 mai qu’une deuxième vague de coronavirus allait s’abattre sur l’Europe, qui se déconfine peu à peu.

D’après la directrice du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), Andrea Ammon, la question n’est pas de savoir si un nouveau pic épidémique surviendra, mais plutôt quand, et quelle sera son ampleur.

Elle a indiqué au journal britannique The Guardian que les statistiques relatives à l’immunité des citoyens européens n’étaient guère encourageantes, et que « 85 % à 90 % de la population [était] toujours susceptible d’attraper le COVID-19 ».

« Le virus nous entoure et circule bien plus qu’en janvier ou en février », a-t-elle annoncé lors d’une interview.

« Je ne veux pas dresser un tableau apocalyptique, mais je pense que nous devons être réalistes. Nous ne pouvons pas encore nous relâcher totalement ».

La pandémie a fait plus de 170 000 morts à travers l’Europe, selon les chiffres de l’AFP consultés jeudi à 12 h 30. Les pays les plus touchés sont le Royaume-Uni, l’Italie, l’Espagne et la France.

Les mesures restrictives commencent toutefois à être levées depuis que le pic de la pandémie a été dépassé.

L’Europe poursuit son déconfinement pas à pas

L’Europe poursuit son lent retour « à la normale », avec une nouvelle levée des restrictions imposées en mars en raison du coronavirus, au moment où l’OMS se réunit, virtuellement à Genève, pour envisager la manière de gérer à l’avenir la pandémie.

L’ECDC, qui siège en Suède, fournit des conseils sur le contrôle des maladies infectieuses aux 27 États membres de l’UE, mais aussi à l’Islande, à la Norvège, au Liechtenstein et au Royaume-Uni.

La directrice de l’agence souligne que les mesures de restriction ont exercé une « pression » sur les entreprises, les commerces et les citoyens, qui ne sont pas habitués à voir leurs libertés réduites.

Elle explique que le relâchement de la population, qui « croit que c’est fini » au vu de la baisse du nombre d’infections, augmente le risque d’une nouvelle vague épidémique. « Mais ce n’est définitivement pas [terminé] », assure-t-elle.

Les gouvernements ont sous-estimé la vitesse de propagation du virus, dont le moment charnière de transmission serait survenu lors du retour des vacanciers partis skier dans les Alpes début mars, indique l’Allemande.

« Je suis pratiquement certaine que [ce retour de vacances] a contribué à la propagation rapide du COVID-19 en Europe », qui aurait sans doute pu être ralentie si les gouvernements avaient pris des mesures plus tôt, déclare la directrice.

Andrea Ammon affirme avoir peu d’espoir de voir le virus, qui « semble très bien adapté aux humains », disparaître bientôt.

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