Pas d’accord sur le montant de l’aide pour les dons de vaccins contre la Covid-19

Les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE ont négocié sur la manière de considérer et de tarifer les vaccins donnés à titre d’aide. [EPA-EFE / WOJTEK JARGILO]

Les pays riches sont dans l’impasse après avoir échoué, lors d’une réunion ce mardi (21 décembre), à convenir de nouvelles règles qui leur permettraient de déclarer le don de vaccins excédentaires contre la Covid-19 comme une aide.

Les membres du Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE ont négocié sur la manière de considérer et de tarifer les vaccins donnés à titre d’aide. Le dernier tarif présenté par le CAD est de 6,72 dollars pour une dose de vaccin, soit plus du double de la proposition antérieure qui était de 3 dollars par dose.

Toutefois, lors de la réunion de ce mardi (21 décembre), les pays donateurs ne sont pas parvenus à un consensus sur les détails qui devaient être approuvés. Actuellement, l’on ne sait pas précisément quels pays ont émis des objections.

Le sujet est devenu très sensible après les accusations répétées des États africains selon lesquelles l’Europe, les États-Unis et le Royaume-Uni seraient coupables de « nationalisme vaccinal » en accumulant des stocks de vaccins contre la Covid-19.

Les pays donateurs de l’OCDE, parmi lesquels on retrouve 19 États membres de l’UE, semblaient tendre vers un autre objectif en termes de relations publiques après avoir accepté de considérer les doses de vaccins qu’ils ont données aux pays les plus pauvres comme de l’aide publique au développement (APD), et ce depuis de 2020.

EURACTIV avait précédemment rapporté que l’Italie et la Belgique faisaient partie du groupe de pays satisfaits du prix, tandis que la Suède, le Royaume-Uni, les Pays-Bas et la Finlande avaient tous émis des réserves avant les négociations. Le Royaume-Uni, quant à lui, a indiqué qu’il ne considérerait pas les dons de vaccins comme une aide.

Par ailleurs, les dons effectués au coordinateur international des vaccins, le mécanisme COVAX, dont l’UE est le deuxième plus grand donateur, seront également comptabilisés comme de l’aide.

L’aide au développement de l’UE a déjà augmenté de plus de 25 % l’année dernière grâce au financement de programmes de lutte contre la Covid-19, et les associations de la société civile estiment qu’en théorie, le fait de considérer les dons de vaccins comme une aide augmenterait l’APD déclarée de l’Union européenne d’environ 5 milliards d’euros au cours des deux prochaines années.

« Cette impasse entre les membres est l’occasion de retirer cette idée de la table. Ces vaccins n’ont jamais été achetés à des fins de développement et Eurodad et ses partenaires répètent depuis des mois qu’ils ne devraient pas être comptabilisés comme tels », a déclaré Nerea Craviotto, responsable des politiques et du plaidoyer au sein du Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad).

Mme Craviotto a ajouté que les pays du CAD n’avaient pas mis en place de règles garantissant « non seulement la qualité des vaccins, mais aussi la fiabilité de la date de livraison de ces dons ainsi que la quantité et la nature des vaccins ».

« Nous n’avons vu aucun mécanisme permettant de s’assurer que les membres du CAD ne déclarent pas comme APD un montant supérieur au coût initial des doses de vaccin dont ils font don », a-t-elle ajouté. Ce serait le cas par exemple du don excédentaire de doses Astrazeneca dont le coût est inférieur au prix proposé de 6,72 dollars.

Malgré les promesses de dons de 1,8 milliard de vaccins, moins de 20 % ont été livrés à l’heure actuelle. Par ailleurs, plus des deux tiers des dons concernent des vaccins dont la durée de conservation est inférieure à trois mois, ce qui augmente la pression sur les campagnes de vaccination nationales et accroît la probabilité que de nombreux vaccins ne soient pas utilisés avant leur date d’expiration.

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