Réunion des ministres de l’UE à propos des craintes sur la viande chevaline

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Les ministres de l’UE organiseront une réunion à Bruxelles demain (13 février) afin de traiter des retombées du scandale de la viande de cheval, alors que les enquêtes britanniques et françaises se sont poursuivies hier.

 

 

 

Le scandale (voir « Contexte ») a déjà eu des conséquences sur les distributeurs en France, en Irlande, en Roumanie, au Royaume-Uni et en Suède. Il soulève des questions sur la complexité des chaînes d'approvisionnement de l'industrie alimentaire dans l'UE.

Hier (11 février), les ministres français ont tenu des discussions avec des représentants importants de l'industrie de la viande, puisque sept supermarchés, Auchan, Casino, Carrefour, Cora, Grand Jury, Monoprix et Picard, ont retiré des plats surgelés à base de boeuf produits par Findus et Comigel.

Guillaume Garot, le ministre délégué en charge de l'agroalimentaire, a déclaré qu'il voulait s'assurer que tous les produits qui portent à controverse soient retirés.

Le ministre britannique met les députés au courant

Au Royaume-Uni, Owen Paterson, le ministre britannique de l'agriculture a mis au courant les députés des dernières avancées.

La Commission européenne a indiqué hier que la législation de l'UE ne permettait pas un moratoire britannique sur les importations de viande de l'UE, comme l'ont demandé les responsables politiques britanniques.

La présidence irlandaise a annoncé qu'elle organiserait une réunion à Bruxelles mercredi à la demande des gouvernements britannique et d’autres pays.

Une enquête initiale menée par des responsables français a révélé que l'entreprise française Poujol avait acheté la viande surgelée à un commerçant chypriote. Ce dernier l'avait obtenue d'un commerçant du secteur alimentaire néerlandais, qui, à son tour, l’avait achetée auprès de deux abattoirs roumains.

Poujol a approvisionné une usine luxembourgeoise détenue par le groupe français Comigel. La viande a ensuite été vendue sous la marque basée en Suède Findus, qui a affirmé qu'elle était été induite en erreurs par son fournisseur roumain.

La controverse entourant la contamination de produits à base de viande a également touché des entreprises en République d’Irlande et en Pologne.

Des enquêtes s'attaqueront aux fraudeurs

Le mois dernier, le service d'inspection irlandais des denrées alimentaires a annoncé qu'il avait découvert de la viande chevaline dans certains steaks hachés présents dans les entrepôts d'un certain nombre de supermarchés, dont Lidl, Tesco et Iceland.

Frédéric Vincent, le porte-parole du commissaire en charge de la santé et de la politique des consommateurs, a déclaré : « Tout nourriture dans l’Union européenne est traçable, donc on peut remonter à la source du problème, mais les États membres sont toujours en train d’enquêter. S’il y a eu fraude, on se retrouve dans le business to business et les opérateurs devront régler ceci d’un point de vue judiciaire entre eux. »

L'agence suédoise pour la sécurité alimentaire envisage de dénoncer Findus et d'autres entreprises qui ont induit en erreur les consommateurs et ont déclaré à tort à la police que leurs produits contenaient 100 % de boeuf.

« C'est toujours celui qui introduit un produit sur le marché qui porte la responsabilité d'un étiquetage correct. Dans ce cas-ci, Findus est responsable », a déclaré Eskil Erlandsson, le ministre suédois des affaires rurales.

« Ils ne s'en sortiront pas en trichant. Ces affaires vont leur faire tellement mal qu'ils n'envisageront plus jamais d'introduire sur le marché un produit qui ne contienne pas ce qui est indiqué sur l'étiquette. »

Un communiqué de L'Union internationale du transport routier (IRU) basée à Genève a révélé que le scandale aurait pu être évité si le régime Transports Internationaux Routiers (TIR) avait été mis en place dans l'UE.

Le TIR est un régime harmonisé international de contrôle des douanes qui facilite le commerce et le transport tout en protégeant de manière efficace les recettes de chaque pays à travers lesquelles les marchandises sont transportées.

Les échanges de biens conformément au TIR ne peuvent être effectués qu'avec des véhicules dûment autorisés, sécurisés et scellés. Toutes les opérations de transport sur l'ensemble du territoire de l'Union européenne sont soumises à une prédéclaration des marchandises aux douanes.

« Paradoxalement, le système de transit obligatoire actuel imposé par le Code des douanes de l’UE pour le transport de marchandises entre les 27 États membres ne s’appuie sur pratiquement aucune de ces exigences », peut-on lire dans le communiqué.

« L’IRU est convaincue que la réintroduction du régime TIR pour le transport de marchandises sur le territoire de l’UE garantirait, à nouveau, la sécurité des consommateurs et une traçabilité totale des échanges commerciaux entre les États membres de l’UE », conclut le communiqué.

« Les règles [sur l'étiquetage et la traçabilité] existent, il faut les faire appliquer ! », a déclaré l'eurodéputée française Sophie Auconie (PPE). « Les règles de traçabilité et d'étiquetage de la viande existent et sont draconiennes, de la naissance de l'animal à sa consommation par le citoyen européen. En réalité, le problème ne réside pas dans un vide juridique, mais dans un non-respect des règles et donc probablement aussi dans un manque de contrôles dans certains États membres. Face à des filières agroalimentaires de plus en plus longues et complexes, il faut absolument renforcer les moyens des autorités de contrôles de l'alimentation », a-t-elle conclu.

L’entreprise suédoise d'aliments surgelés Findus a retiré toutes ses lasagnes préparées à base de bœuf des supermarchés après que des examens ont révélé qu’elles contenaient jusqu’à 100 % de viande de cheval.

L'Agence des normes alimentaires (FSA), un organisme gouvernemental britannique, a accordé aux entreprises une semaine afin d'analyser tous leurs produits à base de boeufs après la découverte de produits mal étiquetés.

L'agence britannique a conseillé aux consommateurs de rapporter les lasagnes Findus et les steaks hachés Tesco par mesure de précaution. Elle a cependant indiqué qu'il n'existait aucune preuve qui laisse penser que la viande de cheval en elle-même constitue un risque de sécurité alimentaire.

  • 13-15 févr. : les ministres se rencontreront pour discuter de la viande chevaline
  • 15 févr. : date butoir afin que l'industrie alimentaire publie des « analyses d'authenticité » pour tous les produits à base de boeuf au Royaume-Uni.

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