Réunion virtuelle au sommet de l’UE face à la menace des variants

Une personne âgée reçoit une dose du vaccin COVID-19 de Pfizer-BioNTech par une infirmière au centre de vaccination de Béziers,le 18 janvier. Les pays de l'Union européenne ont commencé à déployer un vaccin contre la pandémie de Covid-19. [EPA-EFE/GUILLAUME HORCAJUELO]

Riposte aux nouveaux variants du coronavirus, accélération de la vaccination, mise en place d’un certificat commun : les Vingt-Sept se retrouvent ce jeudi 21 janvier au soir pour un nouveau sommet par visioconférence consacré à la lutte contre la pandémie.

Ce 9e rendez-vous virtuel des chefs d’État et de gouvernement de l’UE sur la crise sanitaire se tiendra à partir de 18h. Et ce au moment où plusieurs pays, comme l’Allemagne, durcissent leurs mesures pour tenter de contrer la propagation des variants du coronavirus (britannique, sud-africain), plus contagieux. Le gouvernement néerlandais prévoit de mettre un place un couvre-feu à partir de 20h30. En France, il a été avancé à 18h00 depuis samedi.

Mais les Européens sont également soucieux de préserver le fonctionnement du marché intérieur et notamment du transport transfrontalier de marchandises. Les Allemands proposent que soient exigés dans l’UE tests et quarantaines pour les voyageurs venant de zones particulièrement touchées par les variants, selon un document vu par l’AFP. Paris s’est dit favorable à des contrôles sanitaires aux frontières intra-européennes. À la veille du sommet, les ambassadeurs des 27 sont parvenus à un accord sur une reconnaissance mutuelle des tests antigéniques, une mesure que défendait notamment la France.

Pour détecter les mutations du coronavirus, la Commission européenne exhorte les pays membres à accroître le séquençage, jugeant le niveau actuel insuffisant. Elle les a aussi appelés à accélérer la vaccination, en protégeant 70% de la population adulte d’ici la fin de l’été, et 80% des personnels de santé et des plus de 80 ans d’ici mars. Les Vingt-Sept doivent  également se prononcer sur ces objectifs ambitieux, au moment où des retards de livraison du vaccin de Pfizer-BioNTech – l’un des deux autorisés dans l’UE -, ont conduit un pays comme le Danemark à revoir à la baisse de 10% ses ambitions pour le premier trimestre.

Entre impatience et mécontentement vis-à-vis des laboratoires

L’annonce inopinée vendredi du laboratoire a provoqué la colère des pays de l’UE, dont la lenteur des campagnes de vaccination a suscité les critiques. L’Italie a annoncé une action en justice imminente contre Pfizer. « Nous avons un contrat et nous avons besoin de ces doses maintenant », a déclaré mercredi la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, qui avait obtenu la semaine dernière de la part de Pfizer l’assurance que malgré les retards, toutes les doses promises pour le premier trimestre seraient livrées à cette échéance.

Outre Pfizer-BioNTech, le vaccin Moderna est également autorisé dans l’UE, et l’avis de l’Agence européenne des médicaments (EMA) sur celui d’AstraZeneca, déjà utilisé au Royaume-Uni, est attendu d’ici la fin du mois. Mme von der Leyen a indiqué attendre « pour bientôt Johnson&Johnson et Curevac », jugeant les objectifs de vaccination « réalisables en prenant en compte le nombre de doses qui vont arriver ».

L’UE a signé au total six contrats avec des laboratoires pharmaceutiques pour des commandes de vaccins, et est en discussions avec deux autres (Novavax et Valneva), pour un potentiel de plus de 2,5 milliards de doses. Signe d’une impatience grandissante, quatre pays – Autriche, Grèce, République tchèque et Danemar k- ont écrit une lettre au président du Conseil Charles Michel pour que le processus d’approbation des vaccins par l’EMA soit plus rapide.

Passeport vaccinal

La Grèce plaide aussi pour la mise en place d’un certificat « standardisé » de vaccination au sein de l’UE, une proposition soutenue par la Commission, qui sera discutée lors du sommet. Athènes souhaite sauver son industrie touristique, mais l’idée de se servir de ce certificat pour permettre aux personnes vaccinées de voyager suscite les réticences de plusieurs pays, dont la France.

Les discussions sur un passeport vaccinal sont jugées prématurées, étant donnée la faible proportion de la population vaccinée, et certains comme la Belgique s’inquiètent d’une discrimination à l’égard des personnes non vaccinées. En outre, l’effet du vaccin sur la transmission du Covid-19 est encore incertaine, souligne l’Allemagne. Le débat jeudi doit se concentrer sur la mise en place de normes communes pour ces certificats.

L’idée est de permettre une reconnaissance mutuelle de ces documents, et d’éviter la situation qui s’est produite pour les tests, explique un responsable de l’UE. Il a indiqué qu’à terme le but serait d’avoir une reconnaissance internationale, à l’instar du carnet de l’OMS pour la vaccination contre la fièvre jaune.

Covid-19. Allons-nous pouvoir éviter un troisième confinement ?

Pour l’instant, il n’est pas question d’en parler. Le gouvernement a répété ce lundi qu’un nouveau confinement n’était pas à l’ordre du jour. Cette solution est présentée par le Premier ministre comme le dernier recours.

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