Covid-19. L’efficacité d’un prochain vaccin fléchit sous le poids de l’incertitude  

Le taux de personnes désireuses de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus a chuté à 73 % dans le monde entier. Une baisse suffisante pour compromettre l’efficacité d’un possible vaccin, avertit une enquête mondiale de l’institut de sondage Ipsos. [SHUTTERSTOCK]

Le taux de personnes désireuses de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus a chuté à 73 % dans le monde entier. Une baisse suffisante pour compromettre l’efficacité d’un possible vaccin, avertit une enquête mondiale de l’institut de sondage Ipsos.

Le document, publié jeudi (5 novembre) par le spécialiste français des sondages Ipsos en collaboration avec le Forum économique mondial, a révélé que de plus en plus de personnes étaient récalcitrantes à l’idée de se faire vacciner – un déclin ayant été observé dans 10 des 15 pays sondés.

Cette diminution est particulièrement marquée en Chine, Australie, Espagne et Brésil ; elle représente d’ailleurs une perte de 4 points par rapport au précédent sondage réalisé en août.

Plus de 80 % des personnes interrogées en Inde, Chine, Corée du Sud et Brésil déclaraient vouloir se faire vacciner, contre un peu plus 50 % en France et environ 60 % en Italie, Afrique du Sud, Japon, Allemagne et États-Unis.

« Combien de temps attendrez-vous avant de vous faire vacciner une fois que le vaccin sera mis à disposition ? »

À cette question, près de 50 % des adultes interrogés à travers le monde ont répondu « dans les trois mois », bien que ce taux soit plus bas en France et Espagne (40 %).

Effets secondaires et tests cliniques précipités  

Les inquiétudes soulevées parmi 30 % des répondants s’axent principalement sur les possibles effets secondaires du vaccin et le caractère hâtif des tests cliniques.

Les effets secondaires constituent la préoccupation principale de la Chine et du Japon, tandis que la précipitation des tests cliniques alarme surtout le Brésil et l’Espagne.

Imbroglio autour de la commercialisation d’un vaccin contre le nouveau coronavirus

La Commission européenne espère obtenir les autorisations de commercialisation du premier vaccin contre le nouveau coronavirus d’ici à novembre, a signalé un représentant européen le 3 septembre. Néanmoins, la date à laquelle il sera livré demeure inconnue.

Ces craintes ont été attisées par l’interruption temporaire des tests cliniques de l’un des candidats vaccins de l’entreprise pharmaceutique AstraZeneca en septembre, et ce sur fond de possibles effets secondaires.

Peu de sondés ont remis en doute l’efficacité du vaccin ou cité le fait qu’ils étaient contre les vaccins en général, tandis que seulement 8 % ont déclaré que le risque pour eux de contracter le SARS-CoV-2 était trop faible.

De graves conséquences

« Cette perte de confiance est remarquable et triste, car nous nous rapprochons d’un possible déploiement du vaccin », a indiqué Arnaud Bernaert, responsable des initiatives sanitaires au Forum économique mondial.

Il a signalé que ces pourcentages étaient assez élevés pour compromettre sérieusement l’efficacité d’un prochain vaccin, notamment sur le plan de la gestion de l’épidémie et des confinements.

D’après lui, les gouvernements et le secteur privé doivent absolument œuvrer pour restaurer la confiance dans les prochaines étapes à suivre pour endiguer le virus.

« Même si les résultats de cette dernière étude montrent que le taux de confiance est toujours supérieur, la montée du taux d’hésitation est manifeste et souligne le fait qu’un vaccin ne fonctionnera pas si la population le refuse. »

« Il primordial de comprendre que lorsqu’un vaccin sera prêt, il fera la différence », renchérit l’expert.

En 2019, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a listé l’hésitation vaccinale comme l’une des dix menaces pour la santé à l’échelle internationale, concluant qu’elle ne touchait pas seulement la santé publique, mais aussi le monde des entreprises et l’économie en général.

L'UE craint une épidémie de grippe aviaire après l’émergence de premiers cas aux Pays-Bas

En octobre, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) lançait un premier avertissement concernant le risque d’une nouvelle épidémie de grippe aviaire en raison de foyers identifiés en Russie notamment. Plusieurs cas ont maintenant été détectés aux Pays-Bas. Un article d’Euractiv Italie et d’Euractiv.com.

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