Sanofi va aider Pfizer et BioNTech à conditionner leur vaccin

Le 11 décembre, Sanofi en France et GSK en Grande-Bretagne ont annoncé que leurs vaccins Covid-19 ne seront pas prêts avant fin 2021, suite à une faible réponse immunitaire chez les personnes âgées. [EPA-EFE/YOAN VALAT]

Faute de pouvoir pour l’instant proposer son propre vaccin contre le Covid-19, le laboratoire français Sanofi va mettre en flacon celui de ses concurrents Pfizer et BioNTech et conditionner plus de 100 millions de doses cette année à destination de l’Union européenne.

L’annonce de ce coup de pouce a été faite mardi par le directeur général de Sanofi, Paul Hudson, après que le gouvernement français lui a demandé à plusieurs reprises, récemment, de mettre ses chaînes de fabrication à la disposition de ses concurrents. Dans un entretien publié sur le site internet du quotidien Le Figaro, M. Hudson explique que Sanofi va utiliser son usine allemande de Francfort pour conditionner le vaccin, qui lui sera fourni par ses concurrents à partir de juillet. « Ce site de production étant situé à proximité du siège de BioNTech (à Mayence, ndlr), cela permettra de faciliter les choses », fait valoir le patron du groupe français. La production sera destinée à l’Union européenne, et donc en partie à la France, a-t-il ajouté.

Laboratoires sous le feu des critiques

Cet accord survient au moment où plusieurs laboratoires rencontrent des difficultés pour tenir les cadences élevées nécessaires afin de respecter les contrats qu’ils ont signés. Le groupe américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech avaient les premiers prévenu mi-janvier qu’ils n’allaient pas pouvoir tenir le calendrier initialement fixé avec l’UE, avant de se dire en mesure de limiter à une semaine les retards de livraison. La semaine dernière, c’était au tour du britannique AstraZeneca, dont le vaccin doit encore être approuvé dans l’Union européenne, d’indiquer que ses livraisons seraient moins importantes que prévu au premier trimestre, provoquant la colère de Bruxelles.

Mardi, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a mis la pression sur les fabricants en affirmant qu’ils devaient « honorer leurs obligations ». « L’Europe a investi des milliards pour développer les premiers vaccins et créer un véritable bien commun mondial. Maintenant, les entreprises doivent tenir leurs promesses », a-t-elle soutenu dans une intervention en vidéo au Forum économique mondial de Davos.

En réponse, le PDG d’AstraZeneca, Pascal Soriot, a assuré mardi soir au Figaro que son groupe « ne pren(d) certainement pas de vaccins aux Européens pour les vendre ailleurs avec profit » mais mis en avant des soucis de production qu’il a fallu régler.

Lutte contre les variants

Bruxelles avait annoncé début janvier un nouvel accord avec le duo Pfizer-BioNTech, prévoyant une précommande ferme de 200 millions de doses supplémentaires de leur vaccin anti-Covid, assorti d’une option pour 100 millions de plus. Cela s’ajoutait au contrat déjà conclu portant sur 300 millions de doses du vaccin, autorisé depuis le 21 décembre par la Commission européenne.

Concernant ses propres projets de vaccins, Paul Hudson assure que celui à protéines recombinantes, une technologie que Sanofi utilise pour son vaccin contre la grippe, « avance bien », malgré quelques mois de retard et devrait arriver sur le marché au dernier trimestre de 2021. Selon lui, une telle fenêtre de lancement a du sens car il restera encore des gens à vacciner dans le monde à ce moment-là.

D’autre part, alors que plusieurs variants du virus responsable du Covid-19 ont été identifiés et que des questions demeurent concernant l’efficacité des vaccins déjà commercialisés face à ces derniers, il considère que cette technologie « pourrait être plus efficace contre ces mutations » que l’ARN messager.

La laboratoire français développe tout de même un vaccin fondé sur cette dernière technologie, utilisée notamment par Pfizer et BioNTech, en partenariat avec une biotech américaine. « Nous pensons pouvoir entrer en phase clinique avec un vaccin ARN contre le Covid dès le premier trimestre de cette année », a espéré Paul Hudson.

Traditionnellement, développer un nouveau vaccin demande en moyenne dix ans, selon les spécialistes du secteur. Si Sanofi y parvenait pour le Covid-19 en l’espace de deux ans, cela resterait un temps exceptionnellement court, mais le laboratoire pâtit de la comparaison avec ses concurrents plus rapides.

Ce délai a alimenté les questions concernant l’état de la recherche française, redoublées depuis l’annonce lundi par l’Institut Pasteur de l’arrêt du développement de son principal projet de vaccin contre le Covid-19 en collaboration avec le laboratoire pharmaceutique MSD, nom du géant américain Merck hors des États-Unis et du Canada.

Virus : les frontières se ferment face aux variants, Moderna rassure

La société Moderna a annoncé lundi (25 janvier) que son vaccin contre le Covid-19 restait efficace face aux variants britannique et sud-africain, dont la propagation inquiétante à travers le monde a conduit plusieurs pays à durcir les conditions d’entrée sur leur territoire.

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