Santé Publique France lance une grande enquête sur la santé mentale des 3-11 ans

Les différentes périodes de confinement, la fermeture des écoles, l’absence de socialisation ou encore le port du masque ont eu des effets néfastes sur la santé mentale des enfants. [Prostock-studio/Shutterstock]

Deux années de pandémie ont mis la santé mentale des plus jeunes à rude épreuve mais peu de données le prouvent, constate Santé Publique France qui lance ce lundi 2 mai une étude nationale sur le bien-être des enfants. 

« La crise sanitaire a impacté la santé mentale des plus jeunes et a montré la nécessité d’actions pour la prise en charge et la prévention s’appuyant sur des données robustes », a déclaré Geneviève Chêne, la directrice générale de Santé publique France dans un communiqué de presse en ligne. 

L’étude, appelée Enabee, vise donc à dresser un bilan de la santé mentale des enfants en France afin de mieux conseiller les pouvoirs publics pour qu’ils puissent mettre en place des actions efficaces. Santé Publique France a l’appui des ministères de la Santé et de l’Éducation nationale.

Mais pour mettre en place une stratégie efficace, il est avant tout « primordial de disposer d’indicateurs », souligne Mme Chêne, alors qu’aucune donnée officielle sur le sujet n’existe à propos des plus jeunes depuis la pandémie de Covid. 

Or, les différentes périodes de confinement, la fermeture des écoles, l’absence de socialisation ou encore le port du masque ont eu des effets néfastes sur la santé mentale des enfants, provoquant notamment de l’anxiété, des troubles du comportement, de l’apprentissage et parfois même des pensées suicidaires. 

« Dans tous les cabinets de consultations de France, d’urgences de pédiatrie, on a vu affluer par centaines des enfants en mal-être, qu’ils soient petits ou grands, avec des idées noires, des idées suicidaires, comme jamais on n’avait vu en France », a déclaré lundi matin (2 mai) sur France Info la professeure Christèle Gras-Le Guen, membre du comité scientifique de l’enquête. 

Pouvoir évaluer l’ampleur de la situation est donc nécessaire, « d’abord pour comprendre leurs éventuelles difficultés et pouvoir les prévenir le plus tôt possible. Ensuite pour mettre en place des actions afin d’encourager des comportements favorables à la santé avant l’entrée dans l’adolescence puis dans la vie adulte », explique la directrice générale de Santé publique France. 

Afin que les résultats soient les plus justes possibles, l’enquête sera réalisée dans les établissements scolaires de mai à juin 2022 où près de 30 000 enfants, de la petite section à la maternelle, devraient être interrogés. Le but ? Fournir « une vue d’ensemble sur l’état de santé des enfants en France ». 600 écoles seront tirées au sort. 

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Le bien-être mental des enfants et des adolescents n’est pas qu’une préoccupation française. En mars dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé un programme en partenariat avec le ministre grec de la Santé pour promouvoir la qualité des soins de santé mentale des enfants partout en Europe. 

« Si la pandémie a touché tous les membres de la société, ce sont les groupes les plus vulnérables, notamment les enfants et les jeunes, qui en ont le plus souffert », avait déclaré le docteur Hans Kluge, directeur de l’OMS Europe. 

L’OMS souligne également que la crise humanitaire en Ukraine participe également à dégrader la santé mentale des enfants et des adolescents, à des périodes critiques de la vie d’un être humain. 

« L’expérience des conflits armés, de la guerre, des déplacements forcés ou de la séparation familiale peut avoir des conséquences négatives et souvent durables sur la santé mentale des populations, en particulier chez les groupes vulnérables tels que les enfants et les adolescents », précise l’OMS. 

Le programme de l’OMS en partenariat avec le ministère grec de la Santé doit proposer des « mesures et des solutions concrètes pour améliorer et promouvoir leur santé mentale ainsi que la qualité des services de santé mentale qui leur sont disponibles », avait conclu Hans Kluge. 

En France, les premiers résultats de l’enquête sont attendus fin 2022. 

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