Les premiers essais cliniques pour un traitement contre le coronavirus débutent

Jusque-là circonscrits aux États-Unis, les essais cliniques destinés à évaluer l’efficacité du Kevzara – un médicament contre la polyarthrite rhumatoïde – chez les patients hospitalisés et gravement atteints du COVID-19, ont désormais été étendus à l’UE.

Ce programme clinique, mené par le laboratoire français Sanofi, constitue la deuxième phase des essais cliniques du Kevzara sur le coronavirus. Des tests sur ce médicament ont démarré plus tôt en mars aux États-Unis.

Seuls les patients hospitalisés souffrant d’une pneumonie et d’une forme « sévère ou critique » de COVID-19  ou d’une défaillance multiviscérale peuvent prendre part à l’essai clinique.

Après l’administration d’une première dose, les patients seront surveillés pendant 60 jours, à moins qu’ils ne décèdent ou soient guéris avant l’échéance.

Les essais, qui doivent être effectués sur environ 300 personnes, se dérouleront en Italie, en Espagne, en Allemagne, en France, au Canada, en Russie et aux États-Unis.

Selon une étude préliminaire, le médicament, actuellement prescrit dans de nombreux pays pour traiter les cas de polyarthrite rhumatoïde modérée à sévère chez l’adulte, pourrait inhiber la réponse immunitaire hyperinflammatoire des poumons des malades dans un état grave ou critique.

Dans un groupe de 21 patients à qui le médicament a été administré, il a été constaté après quelques jours que leur fièvre était tombée rapidement et que l’apport en oxygène avait pu être diminué chez 75 % d’entre eux.

« Malgré cette découverte encourageante, il est impératif d’effectuer des essais randomisés adéquats pour comprendre l’impact réel du Kevzara – c’est ce que nous sommes en train de faire au travers de ce programme mondial d’essais cliniques », déclare George D. Yancopoulos, le cofondateur, président et directeur scientifique de Regeneron, l’entreprise biotechnologique américaine responsable des tests aux États-Unis.

D’après un communiqué publié par Sanofi lundi 30 mars, les deux entreprises « collaborent désormais avec les autorités de santé de différents pays afin d’initier des essais cliniques dans d’autres endroits ».

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Cinq associations de soignants, patients et juristes ont demandé au Conseil d’Etat de « contraindre » le gouvernement à réquisitionner les usines permettant de fabriquer les masques, tests et médicaments nécessaires à la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

« Sanofi et Regeneron s’emploient sans relâche à initier rapidement des essais cliniques dans différents pays pour déterminer si le Kevzara peut jouer un rôle dans la lutte contre la crise sanitaire mondiale causée par la pandémie de COVID-19 », indique John Reed, le directeur mondial de la recherche et développement de Sanofi.

« Ces essais cliniques permettront de recueillir des données importantes pour déterminer si le Kevzara améliore le pronostic des patients qui présentent des complications potentiellement fatales à l’infections au COVID-19 en remédiant à la réponse immunitaire hyperinflammatoire observée dans les poumons colonisés par le virus ».

Le docteur affirme être « profondément reconnaissant » de la collaboration poursuivie quotidiennement avec les autorités de santé, qui « nous permet […] de mettre aussi rapidement en route ces essais cliniques ».

« En plus de cet essai clinique visant à venir en aide aux patients présentant une forme sévère de COVID-19, nous poursuivons nos recherches en vue de développer un vaccin pour la prévention de cette infection et menons différentes initiatives pour mettre à disposition d’autres médicaments importants de Sanofi susceptibles d’aider les patients touchés par l’infection au COVID-19 ».

Pour l’instant, aucune autorité de régulation n’a encore évalué l’efficacité du Kevzara pour traiter les symptômes du virus.

Selon les derniers chiffres du tableau de bord global de l’université Johns Hopkins, en date du 31 mars, le coronavirus a contaminé 803 313 personnes dans le monde et fait 39 014 morts.

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