La propagation du coronavirus chez les visons pourrait saper l’efficacité de futurs vaccins

La propagation de mutations du SARS-CoV-2 dans les cheptels de visons pourrait saper l’efficacité d’un prochain vaccin, d’après une étude d’incidence publiée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). EPA-EFE/Mads Claus Rasmussen [EPA]

La propagation de mutations du SARS-CoV-2 dans les cheptels de visons pourrait saper l’efficacité d’un prochain vaccin, d’après une étude d’incidence publiée par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC).

Après avoir confirmé que les risques de transmission du nouveau coronavirus entre les visons et les humains étaient avérés, l’ECDC a signalé dans son rapport que le virus était capable d’accumuler des mutations plus rapidement dans les organismes de ces petits mammifères, qui peuvent ensuite contaminer les humains.

Le centre attribue ces conclusions au taux élevé d’infection dans les élevages de visons, soulignant qu’une fois introduit dans une exploitation, le virus peut « se répandre rapidement » entre les animaux.

Par ailleurs, le document indique que ce phénomène tire probablement son origine dans les différences biologiques entre les visons et les humains.

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Le taux de personnes désireuses de se faire vacciner contre le nouveau coronavirus a chuté à 73 % dans le monde entier. Une baisse suffisante pour compromettre l’efficacité d’un possible vaccin, avertit une enquête mondiale de l’institut de sondage Ipsos.

Même si une « grande incertitude » persiste en ce qui concerne la nature de ces mutations, l’agence européenne a signalé que si celles nouvelles variantes du Sars-CoV-2, qui offrent plus de résistances aux anticorps, se répandent largement dans la population, « cela pourrait potentiellement saper l’efficacité globale des vaccins en développement ».

Les experts de l’ECDC maintiennent également que l’établissement d’un « réservoir de virus » parmi les visons pourrait engendrer des variantes problématiques.

D’après ceux-ci, des études approfondies sont requises pour établir la nature de ces mutations et leur possible implication sur l’efficacité du vaccin, mais aussi la réinfection, la propagation et la sévérité du virus.

L’agence suit donc de près l’évolution de la situation au Danemark, à l’instar des autorités sanitaires du pays. La semaine dernière, Copenhague a annoncé l’abattage de 17 millions de visons, en raison de transmissions à l’homme d’une mutation du SARS-CoV-2.

Lors de la présentation de l’« Europe pour la santé » mercredi (11 novembre), ayant comme objectif d’améliorer les instruments mis en place dans la lutte contre les menaces sanitaires transfrontalières, la commissaire à la santé Stella Kyriakides a rappelé que l’évolution danoise était surveillée « de très près », bien que la santé demeure une compétence nationale.

Elle a ajouté que des infections dans les cheptels de visons avaient également été enregistrées dans d’autres États membres et des pays tiers.

Appuyant leurs recommandations pour gérer la pandémie, l’ECDC a invité les autorités nationales de l’UE, de l’Espace économique européen et du Royaume-Uni à investir plus amplement dans le dépistage chez les humains et les animaux, notamment dans le séquençage et la caractérisation des propriétés antigéniques et de l’infectiosité du virus, afin de réduire le risque pour le public.

Aux yeux de l’agence européenne, il est nécessaire de mettre en œuvre des mesures de prévention et de contrôle des infections dans les élevages ainsi que de préparer une stratégie de réponse générale.

Le 5 novembre, le Danemark dénombrait 214 contaminations par des mutations de la Covid-19 dans les élevages de visons. Depuis, quatre autres mutations du virus en provenance de l’animal ont été identifiées chez les humains.

Imbroglio autour de la commercialisation d’un vaccin contre le nouveau coronavirus

La Commission européenne espère obtenir les autorisations de commercialisation du premier vaccin contre le nouveau coronavirus d’ici à novembre, a signalé un représentant européen le 3 septembre. Néanmoins, la date à laquelle il sera livré demeure inconnue.

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