Un anti-parasitaire pourrait aider à soigner la Covid-19

Les études récentes montrent que l’ivermectine atténue les symptômes de la Covid-19, puisqu’elle « limit[erait] l’inflammation des voies respiratoires et des symptômes qui en découlent ». [SHUTTERSTOCK/Carl DMaster]

L’Institut Pasteur a publié lundi (12 juillet) les résultats de son étude sur l’ivermectine dans un modèle animal, alors que l’Université d’Oxford a déjà lancé un essai clinique sur les humains.

À l’instar de l’hydroxychloroquine, l’ivermectine, molécule commercialisée comme traitement antiparasitaire, avait été controversée lorsqu’elle avait été promue en Amérique latine et en Afrique du Sud, sans avoir encore fait ses preuves. Peu d’études avaient jusqu’ici été réalisées sur cette molécule. Dans un avis du 31 mars 2021, l’OMS avait même déconseillé de l’utiliser pour traiter la Covid-19 en dehors des essais cliniques, en attendant que davantage de données soient disponibles.

Or, les études récentes montrent que l’ivermectine atténue les symptômes de la Covid-19, puisqu’elle « limit[erait] l’inflammation des voies respiratoires et des symptômes qui en découlent ». Ce traitement est également associé à une protection contre la perte d’odorat selon l’Institut Pasteur. « Toutefois, les résultats ne montrent pas d’effet de la molécule sur la réplication virale du SARS-CoV-2 », a publié l’institut dans la revue EMBO Molecular Medicine, le 12 juillet 2021.

Guilherme Dias de Melo, chercheur à l’Institut Pasteur, explique : « Notre étude apporte des données précliniques qui démontrent scientifiquement une action protectrice de l’ivermectine pendant l’infection par le SARS-CoV-2 dans un modèle animal. Ces données sont essentielles pour appuyer les essais cliniques chez l’homme. »

Des scientifiques de l’Université d’Oxford testent actuellement l’administration d’ivermectine sur les humains. Leur essai clinique porte sur les personnes présentant des symptômes de Covid-19 et permettra de voir si cela peut leur éviter l’hospitalisation. Au 15 juillet 2021, 5 283 patients faisaient partie de l’essai clinique.

Au niveau européen, d’autres pistes de traitement de la Covid-19 sont explorées. La Commission dote l’UE d’un premier portefeuille de médicaments comportant cinq candidats à un stade avancé de développement qui pourraient bientôt être disponibles pour traiter des patients.

Quatre de ces produits sont des anticorps monoclonaux en cours d’examen par l’Agence européenne des médicaments (EMA). Un autre est un immunosuppresseur, dont l’autorisation de mise sur le marché pourrait être étendue au traitement des patients atteints de la Covid-19.

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