Un outil en ligne pour combattre le manque de connaissances en matière de santé

global health.jpg

La Commission européenne prévoit de s'attaquer au problème de la faible éducation à la santé en Europe grâce à un nouvel outil sur Internet  intitulé Health in Europe : Information and Data Interface (HEIDI).

Le nouveau site « HEIDI » a pour objectif de servir de guichet unique pour l'information et les données concernant les questions de santé. Il sera mis à jour par des experts, des chercheurs, la société civile et les autorités nationales compétentes dans ce domaine.

Cette initiative a été proposée il y a bien longtemps, mais elle est revenue à l'ordre du jour suite à un récent rapport révélant que la moitié des Européens avaient un niveau de connaissances médicales inadéquat ou problématique. Cette étude a également révélé d'importantes disparités entre les différents Etats membres. Cette méconnaissance peut par exemple avoir pour conséquence qu'une personne ne prenne pas la dose adéquate d'un médicament, car elle ne comprend pas la notice.

L'étude a été réalisée par un consortium mené par l'université de Maastricht et a eu recours à des données portant sur les connaissances médicales des citoyens de huit pays européens : l'Allemagne, l'Autriche, la Bulgarie, l'Espagne, la Grèce, l'Irlande, les Pays-Bas et la Pologne.

Elle évalue la capacité des personnes à trouver, comprendre, analyser et appliquer les informations fournies pour prendre des décisions leur permettant de rester en bonne santé, d'éviter les maladies et de se soigner en cas de maladie.

Près de la moitié des personnes interrogées (47 %) ont montré des connaissances limitées, mais les disparités sont importantes entre les Etats membres, avec des résultats allant de 1,6 % de personnes faisant preuve de connaissances inadéquates aux Pays-Bas à 26,3 % en Bulgarie.

De bonnes connaissances médicales pour économiser de l'argent

Le responsable du projet, le professeur Helmut Brand, a expliqué à EURACTIV que le manque de connaissances médicales coûtait à l'économie américaine entre 106 et 236 milliards de dollars (entre 81 et 181 milliards d'euros) chaque année, dans la mesure où les personnes peu informées risquent plus d'être hospitalisées, de subir des erreurs de traitement et de ne pas se traiter de manière préventive.

« Notre étude montre qu'il s'agit également d'un problème significatif en Europe et qu'il est grand temps que les Européens réagissent », a-t-il affirmé.

En réponse à ce rapport, le consortium European Health Literacy a appelé à des actions concrètes de la part des décideurs européens et nationaux, mais aussi des professionnels de santé, afin d'aider les citoyens à accroître leurs connaissances médicales.

Ils ont plaidé pour une augmentation des financements en faveur de l'information et de l'accroissement des connaissances des patients et pour que ces deux aspects fassent partie des critères de sélection dans les procédures de financements européens.

Bientôt une directive sur le sujet

Ce problème devrait être abordé dans une directive qui aura pour objectif d'améliorer et d'accroître la communication des entreprises au public sur les médicaments.

Une proposition visant à modifier la réglementation relative à l'information des patients sur les médicaments a été incluse dans le « paquet pharmaceutique » présenté par la Commission européenne en décembre 2008 (voir EURACTIV 11/12/08). 

Ces mesures controversées, qui permettraient aux laboratoires pharmaceutiques de fournir des informations directement aux consommateurs pour la première fois, sont l'une des raisons pour laquelle le paquet pharmaceutique, très attendu, a été reporté plusieurs fois. 

Les détracteurs de la proposition affirment que permettre aux entreprises de fournir des informations factuelles sur leurs propres produits ouvrira la porte à des pratiques publicitaires sur les médicaments prescrits. Selon ses partisans, une information de qualité devrait être fournie dans toutes les langues de l'UE, afin que les consommateurs ne soient pas victimes d'une mauvaise information en ligne (voir EURACTIV 02/09/09).

« Avec sa récente proposition pour un programme de santé sur sept ans, la Commission européenne tente de promouvoir des systèmes de santé innovants et durables », a déclaré l'eurodéputé Christofer Fjellner (Parti populaire européen, Suède).

« Pour que les citoyens puissent bénéficier de cette innovation afin d'être en meilleure santé, nous devons leur permettre d'utiliser les informations et les services novateurs à leur disposition », a-t-il ajouté.

Concernant ce nouvel outil Wikipedia, le commissaire à la santé, John Dalli, a déclaré : « Notre objectif est de fournir des informations sur la santé qui soient accessibles facilement, faciles à utiliser et faciles à comprendre pour tout le monde. »

« J'accueille très chaleureusement cette toute première étude paneuropéenne sur les connaissances médicales des citoyens européens réalisée par l'université de Maastricht et financée par la Commission européenne », a déclaré M. Dalli lors de la présentation des résultats.

« Les résultats de cette étude fournissent une base solide pour nos approches nationales, régionales et européennes s'agissant d'améliorer la situation dans les années à venir. »

L'étude laisse entendre qu'un patient sur dix ne prend pas la bonne dose de médicaments, car il ne comprend pas les informations fournies lors des consultations avec les médecins et les autres professionnels de santé.

Ceci à des conséquences sérieuses sur la santé publique, ainsi que des implications économiques pour les services de santé.

Certaines organisations affirment que l'investissement dans ce domaine paye à long terme et permet aux patients d'être plus actifs dans la gestion de leur santé.

Cette question gagne en importance alors que le nombre de maladies chroniques, comme le diabète et l'asthme, ne fait qu'augmenter. Les patients devront pouvoir gérer leur maladie chez eux plutôt que d'avoir recours à des professionnels de la santé quotidiennement.

  • Irish National Adult Literacy Agency (NALA)web pages

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.