Un quart des Italiens à l’isolement pour contenir l’épidémie

[EPA-EFE/MATTEO CORNER]

En décrétant la quarantaine en Lombardie et dans quatorze provinces du Nord, le gouvernement Conte tente de contenir l’épidémie, alors que les services de soins intensifs sont déjà débordés. Un article de notre partenaire, Ouest-France.

« C’est une crise sans précédent, le pays a la force et l’énergie pour la surmonter, mais nous avons besoin de la collaboration de tout le monde. Les comportements vertueux de chacun sont décisifs ». Robert Speranza, ministre italien de la Santé, résumait ainsi, dimanche 8 mars, le sens des mesures exceptionnelles prises par son gouvernement. Alors qu’on apprenait ce week-end que le chef d’état-major de l’armée, le gouverneur du Piémont et le leader du Parti démocrate étaient, eux aussi, positifs.

La Lombardie et quatorze provinces (Parme, Rimini, Venise, etc.) sont en quarantaine, depuis ce dimanche. On ne peut, selon le décret, ni en sortir ni y entrer, si ce n’est pour des questions « d’urgence » ou des « exigences » dûment « motivées et documentées ». C’est le préfet qui a autorité pour les contrôles. Tout contrevenant risque trois mois de prison et 206 € d’amende.

Seize millions d’Italiens se retrouvent donc coupés du monde et, avec eux, le poumon économique du pays. Lombardie, Vénétie et Émilie-Romagne représentent à elles seules 40 % du PIB. Chaque jour, 70 000 frontaliers partent travailler en Suisse, où les autorités ont assuré que la frontière resterait ouverte pour eux. Trains et avions ont aussi continué à circuler, dimanche, les autorités compétentes attendant les dispositions pratiques. Mais ce n’était qu’une question d’heures.

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Enterrements interdits

L’objectif est de faire cesser les comportements de nombreux citoyens jugés « superficiels et irresponsables ». Comme dans les bars de Milan, encore bondés samedi 7 mars. Ou comme cette vingtaine de retraités de la région de Bologne, testés positifs, qui n’avaient pas renoncé à leur pétanque quotidienne. Ou ce couple de retraités de Codogno (d’où l’épidémie s’est emballée), partis illégalement de la zone rouge pour aller skier dans le Trentin, avant de finir aux urgences, positifs eux aussi.

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