Un virus de grippe porcine sera-t-il à l’origine de la prochaine pandémie ?

C’est ce que redoutent des chercheurs qui tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme, après la découverte d’un virus qui affecte 10,4 % des travailleurs d’élevages porcins en Chine. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Des chercheurs ont découvert une souche de virus de grippe porcine en Chine présentant toutes les caractéristiques propices au déclenchement d’une future pandémie, selon une étude parue lundi 29 juin dans la revue scientifique américaine Proceedings of the National Academy of Science (PNAS). Les virus s’appellent G4 et descendent génétiquement de la souche H1N1 à l’origine d’une pandémie en 2009. Ils « possèdent tous les traits essentiels montrant une haute adaptabilité pour infecter les humains », écrivent les auteurs.

Qu’est-ce que le G4 EA H1N1 ?

Un nouveau type de grippe porcine, identifié dans plusieurs élevages chinois entre 2011 et 2018. Son génotype (G4) est très proche de celui de la grippe H1N1 de 2009, un virus dit réassorti, combinaison de séquences porcine, aviaire et humaine, qui avait fait 280 000 morts, selon les estimations.

L’Europe s’organise contre la grippe porcine

Le premier malade a été détecté sur le territoire européen. Les vingt-sept ministres de la Santé, qui veulent se coordonner au plus vite, avaient déjà travaillé sur un scénario de pandémie en septembre 2008.

Pourquoi en parle-t-on ?

Parce que des scientifiques issus d’universités chinoises et du Centre chinois de prévention et de lutte contre les maladies tirent aujourd’hui la sonnette d’alarme. Dans une étude publiée dans le journal Proceedings of the National Academy of Science, l’équipe du professeur Honglei Sun avertit : Les virus G4 ont toutes les caractéristiques essentielles d’un virus pandémique candidat.

Les scientifiques jugent « préoccupant » le nombre « élevé » de cas de malades parmi les travailleurs des élevages de porcs chinois. 10,4 % d’entre eux auraient déjà été contaminés ; un taux qui monte à 20,5 % chez les 18-35 ans. Une telle infectiosité augmente considérablement les possibilités d’adaptation du virus chez l’homme, alertent les scientifiques.

Comment la maladie se transmet-elle ?

Par les cellules épithéliales des voies respiratoires humaines. Problème : l’immunité préexistante de la population ne fournit pas de protection contre les virus G4, soulignent les auteurs de l’étude. Même si aucun cas de transmission interhumaine n’a pour l’instant été établi, il est urgent de surveiller étroitement les populations humaines, en particulier les travailleurs de l’industrie porcine, conseillent les scientifiques.

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