Une conférence se penche sur les maladies négligées par l’UE

Un rapport du Cardiovascular Resource Group révélait que 133,3 millions de citoyens allemands, français, italiens, espagnols et britanniques ont un taux de cholestérol trop élevé. [Shutterstock]

Cet article fait partie de l'édition spéciale Maladies Cardiovasculaires et Cholestérol.

Les faiblesses cardiovasculaires préoccupent les États membres de l’UE depuis longtemps. L’European Atherosclerosis Society se penche cette semaine sur les menaces méconnues qui mettent en péril les artères, en Écosse. 

Les crises cardiaques, accidents vasculaires cérébraux ou le diabète peuvent être les conséquences d’une alimentation peu saine et d’un style de vie sédentaire. Ces affections bien connues seront au coeur des discussions de la Société européenne de l’artériosclérose, qui se réunit à Glasgow cette semaine pour pour sa 83ème conférence. Une réunion qui évoquera aussi d’autres tueurs silencieux, et souvent méconnus.

Les échanges doivent se concentrer sur les dernières avancées de la recherche fondamentale, des processus de diagnostic et des traitements de l’athérosclérose, le durcissement et le rétrécissement des artères.

La conférence, à laquelle doivent participer 2 000 personnes, abordera également certaines maladies des artères qui ne sont que rarement discutées et ne sont parfois pas liées à l’hygiène de vie, mais plutôt à des facteurs génétiques. C’est le cas par exemple de l’hypercholestérolémie familiale, ou HF, une maladie génétique caractérisée par un taux de cholestérol élevé.

En février 2015, deux eurodéputées ont interpellé la Commission européenne quant à l’absence d’informations disponibles sur le mauvais cholestérol, qui touche 54 % des Européens, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Un rapport de 2011 du Cardiovascular Resource Group révélait que 133,3 millions de citoyens allemands, français, italiens, espagnols et britanniques ont un taux de cholestérol trop élevé.

Les eurodéputées Roberta Metsola (PPE) et Marlene Mizzi (S&D) ont toutes deux exprimé leurs inquiétudes quant à l’augmentation exponentielle des patients atteints de mauvais cholestérol en Europe et des dangers qui y sont associés.

Les eurodéputées ont accusé l’UE et les États membres de ne pas en faire assez pour protéger leurs citoyens.

Dans sa réponse écrite, Vytenis Andriukaitis, commissaire chargé de la santé et de la sécurité alimentaire, explique que si la Commission n’a pas de programme spécifique dédié à la lutte contre le mauvais cholestérol, il existe plusieurs initiatives qui abordent le sujet, avec la recherche ou la sensibilisation des Européens.

Pour des maladies comme l’HF, il faudrait augmenter le nombre de dépistages, étant donné que les patients au taux de cholestérol trop élevé n’ont souvent aucun symptôme visible. Chez les patients atteints d’HF, les maladies coronariennes se développement souvent à un âge bien plus jeune que d’habitude.

En décembre 2014, le professeur Alberto Catapano, président de l’EAS, s’est également exprimé lors d’une conférence au Parlement européen. Il avait souligné la nécessité d’organiser des dépistages, afin de poser un diagnostic qui peut toucher des familles entières.

« Dans beaucoup de familles, si vous diagnostiquer un patient, vous pouvez ensuite diagnostiquer trois autres personnes atteintes d’HF. C’est donc un traitement très efficace économiquement parlant », insiste-t-il.

Il existe des inégalités criantes entre les pays européens en matière d’HF, a averti Alberto Catapano. Le parlement devrait donc mettre des mesures en place pour s’assurer que tout le monde est logé à la même enseigne, en introduisant un registre européen, par exemple, propose le spécialiste.

Par ailleurs, une étude américaine a démontré que environ 40 % des femmes atteintes d’un taux de cholestérol trop élevé ne suivent pas un traitement adéquat.

De fait, seules 62 % des femmes interrogées par Women Heart déclarent suivre correctement leur traitement médical

En cause, une mauvaise communication entre patientes et médecins, les coûts liés aux médicaments et la réticence des assurances à accepter les traitements choisis ou les visites chez les spécialistes.

Le mauvais cholestérol affecte 54 % des hommes et des femmes en Europe, ce qui représente le taux le plus élevé du monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon un rapport publié en 2011 par le Cardiovascular Resource Group, dans les cinq plus grands pays de l'UE (Allemagne, France, Italie, Espagne et Royaume-Uni) 133,3 millions de personnes souffrent d'un mauvais cholestérol trop élevé, ce qui correspond nombre de personnes atteintes aux États-Unis (135,1 millions de personnes).

Le rapport montre également une croissance régulière du nombre de malades durant ces dernières années.

  • 22-25 mars : Conférence de l'European Atherosclerosis Society (société européenne de l’athérosclérose) à Glasgow, Écosse.

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