Une étude confirme que le vaccin contre le papillomavirus réduit le risque de cancer du col de l’utérus de près de 90 %

Les résultats d'une nouvelle étude montrent qu’en juin 2019, environ 450 cas de cancer du col de l’utérus et 17 200 cas de carcinomes cervicaux (pré-cancers) de moins que prévu ont été détectés dans la population vaccinée en Angleterre. [SHUTTERSTOCK/MedstockPhotos]

Les taux de cancer du col de l’utérus sont 87 % moins élevés chez les femmes vaccinées contre le papillomavirus humain (HPV) lorsqu’elles avaient entre 12 et 13 ans, confirme une nouvelle étude publiée dans The Lancet.

Une étude observationnelle anglaise évaluée par des professionnels de la santé, publiée ce jeudi 4 novembre, a suivi le programme de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) à l’aide du vaccin Cervarix, qui a débuté en Angleterre en 2008.

Les résultats ont montré qu’en juin 2019, environ 450 cas de cancer du col de l’utérus et 17 200 cas de carcinomes cervicaux (pré-cancers) de moins que prévu ont été détectés dans la population vaccinée en Angleterre.

L’étude a fourni «  la première preuve directe  » de la prévention du cancer du col de l’utérus à l’aide d’un vaccin bivalent dans le monde entier.

Kate Soldan, de l’Agence britannique de sécurité sanitaire, co-autrice de l’étude, a déclaré que «  comme prévu  », la vaccination contre le VPH était plus efficace dans les groupes vaccinés à l’âge de 12-13 ans, «  parmi lesquels la prise en charge était la plus grande et l’infection antérieure la moins probable  ».

L’étude a examiné les données des registres du cancer basés sur la population entre janvier 2006 et juin 2019 pour sept groupes de femmes âgées de 20 à 64 ans en fin 2019. Trois de ces groupes formaient la population vaccinée, où les femmes ont été vaccinées avec Cervarix entre les âges de 12-13, 14-16 et 16-18 ans, respectivement.

Les chercheurs ont également constaté une réduction des taux de cancer du col de l’utérus de 62 % chez les femmes auxquelles la vaccination a été proposée entre 14 et 16 ans et de 34 % chez les femmes âgées de 16 à 18 ans au moment de la vaccination.

«  Cela représente une avancée importante dans la prévention du cancer du col de l’utérus. Nous espérons que ces nouveaux résultats encourageront l’adoption de la vaccination car le succès du programme de vaccination dépend non seulement de l’efficacité du vaccin mais aussi de la proportion de la population vaccinée  », a déclaré Mme Soldan.

Les agences sanitaires de l’UE se refont une beauté

Dans le sillage de la pandémie de Covid-19, les institutions sanitaires de l’UE tentent tant bien que mal de s’adapter.

Des résultats stimulants

La vaccination contre le HPV a été introduite dans 100 pays dans le cadre des efforts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour éliminer le cancer du col de l’utérus.

Dans l’Union européenne, le cancer du col de l’utérus est le deuxième cancer le plus fréquent après le cancer du sein chez les femmes âgées de 15 à 44 ans. Chaque année, on dénombre environ 33 000 cas dans l’UE et 15 000 décès. La principale cause du cancer du col de l’utérus est une infection persistante des voies génitales par certains types spécifiques de papillomavirus humains.

Trois vaccins prophylactiques contre le HPV ont reçu une autorisation en Europe : un vaccin bivalent, un quadrivalent et un ennéavalent, selon le nombre de types de HPV qu’ils contiennent.

L’Angleterre utilisait initialement un vaccin bivalent qui protège contre les deux types de HPV les plus courants, responsables d’environ 70 à 80 % de tous les cancers du col de l’utérus.

Lucy Elliss-Brookes, directrice associée de la conservation des données au NHS Digital (National Health System, le système de santé britannique) et l’une des auteurs de l’article, a déclaré que les résultats de cette étude «  sont extrêmement importants pour encourager les personnes éligibles à la vaccination, mais aussi pour démontrer le pouvoir des données pour aider les chercheurs médicaux et le NHS à comprendre ce qui cause le cancer et comment mieux le diagnostiquer, le prévenir et le traiter.  »

Maggie Cruickshank, professeure à l’université d’Aberdeen (Royaume-Uni), qui n’a pas participé à l’étude, a souligné que l’ampleur de l’effet de la vaccination contre le HPV rapporté devrait stimuler les programmes de vaccination dans les pays à revenu faible ou intermédiaire «  où le problème du cancer du col de l’utérus est un problème de santé publique bien plus important que dans ceux qui disposent de systèmes de vaccination et de dépistage bien établis  ».

«  La question la plus importante, outre la disponibilité du vaccin, est l’éducation de la population pour qu’elle accepte la vaccination, car une augmentation du taux d’immunisation est un élément clé du succès  », a-t-elle conclu.

Le Parlement européen demande des progrès en matière de santé sexuelle et reproductive des femmes

Le Parlement européen a voté en faveur d’une résolution sur la santé sexuelle et reproductive et les droits des femmes, jeudi (24 juin).

L’élimination du HPV n’est pas seulement une question de vaccination

Le plan européen « Europe’s Beating Cancer  » vise à éliminer le cancer du col de l’utérus causé par les papillomavirus humains en vaccinant au moins 90 % de la population-cible de l’UE, composée majoritairement de jeunes filles, d’ici 2030.

Il vise également à élaborer un nouveau programme européen de dépistage du cancer afin de garantir que, d’ici 2025, 90 % de la population cible se verra proposer un dépistage du cancer du sein, du col de l’utérus et du cancer colorectal.

Sibilia Quilici, directrice exécutive de Vaccines Europe, commentant les objectifs du plan européen «  Europe’s Beating Cancer  », a déclaré à EURACTIV que «  cela signifie que la génération de ma fille ou celle des bébés nés aujourd’hui pourrait en fait vivre sans savoir ce qu’est le cancer lié au HPV  ». Elle a également souligné l’importance de vacciner les garçons et les filles.

Mme Quilici a ajouté que «  le cancer lié au HPV n’est pas seulement une question de vaccination, c’est une question d’approche intégrée  ». «  Nous devons avoir un mécanisme de dépistage en place et accessible à la population également  », a-t-elle déclaré.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus pour les personnes à risque varie de 25 % à 80 % dans l’UE. «  Je pense qu’il y a encore beaucoup de travail à faire dans la partie orientale de l’Europe. Mais il est de plus en plus mis en œuvre  », a conclu Mme Quilici.

Subscribe to our newsletters

Subscribe