Une étude révèle que les formes graves de la Covid-19 peuvent entraîner la dépression ou l’anxiété

Cette étude, qui a porté sur près de 250 000 personnes au Danemark, en Estonie, en Islande, en Norvège, en Suède et au Royaume-Uni, a révélé que la sévérité de l’infection à la Covid-19 était liée à la morbidité mentale jusqu’à 16 mois après le diagnostic. [SHUTTERSTOCK/Halfpoint]

Une étude a révélé que les formes graves de la Covid-19 sont associées à une augmentation des risques de problèmes de santé mentale sur le long terme, tels que la dépression et l’anxiété.

L’étude, publiée mardi 15 mars dans la revue The Lancet Public Health, s’est penchée sur la prévalence des symptômes de dépression, d’anxiété, de détresse en lien avec la Covid-19 ainsi que celle d’un sommeil de mauvaise qualité chez les personnes ayant reçu ou non un diagnostic pour la Covid-19.

Cette étude, qui a porté sur près de 250 000 personnes au Danemark, en Estonie, en Islande, en Norvège, en Suède et au Royaume-Uni, a révélé que la sévérité de l’infection à la Covid-19 était liée à la morbidité mentale jusqu’à 16 mois après le diagnostic. En outre, les chercheurs ont constaté que la charge de morbidité mentale était plus forte chez les personnes qui n’avaient jamais contracté le virus que chez celles qui présentaient des symptômes légers.

L’auteure de l’étude, Unnur Anna Valdimarsdóttir, professeure à l’Université d’Islande, a déclaré : « Cela suggère que les effets sur la santé mentale ne sont pas les mêmes pour tous les patients atteints de la Covid-19 et que le temps passé alité constitue un facteur clé pour déterminer la gravité des impacts sur la santé mentale ».

Les patients alités sont le plus touchés

Les patients qui sont restés alités pendant sept jours ou plus présentaient des taux plus élevés de dépression et d’anxiété, par rapport aux personnes qui avaient contracté le virus mais ne s’étaient jamais retrouvées alitées.

En outre, bien que la plupart des symptômes de problèmes mentaux chez les patients ayant contracté la Covid-19 se soient atténués dans les deux mois ayant suivi le diagnostic, les patients alités étaient plus susceptibles de souffrir de dépression et d’anxiété pendant toute la période étudiée, soit 16 mois. Au cours de cette période, les patients qui avaient été alités pendant sept jours ou plus ont continué à être 50 à 60 % plus susceptibles de souffrir de dépression et d’anxiété que les personnes jamais infectées.

La co-auteure de l’étude, Ingibjörg Magnúsdóttir, chercheuse à l’Université d’Islande, a expliqué que « la fréquence plus élevée de dépression et d’anxiété chez les patients atteints de la Covid-19 qui ont passé sept jours ou plus alités pourrait être due à une combinaison d’inquiétude quant aux effets à long terme sur la santé ainsi qu’à la persistance de symptômes physiques de la Covid-19 sur le long terme, bien au-delà de la maladie, qui limitent les contacts sociaux et peuvent entraîner un sentiment d’impuissance ».

Elle ajoute que « de même, les réponses inflammatoires chez les patients ayant développé une forme sévère peuvent contribuer à la persistance des symptômes mentaux ».

La santé mentale des personnes non infectées

« En revanche, le fait que les personnes atteintes d’une forme légère de la Covid-19 puissent reprendre une vie normale plus rapidement et ne présentent qu’une forme bénigne d’infection contribue probablement au risque plus faible d’effets négatifs sur la santé mentale que nous avons observé », a déclaré Mme Magnúsdóttir.

En outre, les patients souffrant d’une forme légère de la Covid-19 étaient moins susceptibles de présenter des symptômes de dépression et d’anxiété que ceux qui n’avaient pas été diagnostiqués.

Selon les auteurs, cela pourrait s’expliquer par le fait qu’après la légère infection, les personnes pouvaient reprendre une vie normale, tandis que celles qui n’étaient pas encore infectées étaient toujours anxieuses face au risque d’infection et au fardeau que représentait l’isolement social.

Mme Valdimarsdóttir a conclu que « alors que nous entrons dans la troisième année de la pandémie, une vigilance clinique accrue des problèmes de santé mentale parmi la proportion de patients atteints d’une infection grave par la Covid-19, et des études de suivi au-delà de la première année après l’infection sont essentielles pour garantir l’accès aux soins en temps utile ».

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