Vaccin/UE : Jean-Yves Le Drian estime que tout n’est « pas parfait » mais la « solidarité » est là

Le ministre a notamment vanté les mérites du dispositif Covax créé par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) au bénéfice des pays les plus démunis, à l'initiative notamment de la France. [CHRISTOPHE PETIT TESSON/EPA]

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a concédé mercredi des « manques parfois lourds » dans la politique des vaccins de l’UE mais estimé que la « solidarité » des Vingt-Sept portait ses fruits, y compris à l’égard de l’Afrique.

« Aujourd’hui la situation n’est sans doute pas satisfaisante totalement, elle n’est pas parfaite (…) avec parfois des manques lourds mais il faut mesurer le chemin parcouru », a-t-il déclaré lors d’un débat sur l’Europe à l’Assemblée nationale.

« Face à l’urgence d’une crise sans précédent, nous avons posé les bases d’une Europe de la santé », a-t-il dit, en défendant la politique d’achat de vaccins anti-Covid au niveau de l’UE et non pas de chaque Etat.

« Nous avons su être solidaires à la fois dans l’achat et dans le partage des vaccins européens et je souhaite vraiment que cette dynamique-là puisse perdurer même si je vois bien ici ou là des tentations de sécession », a-t-il ajouté.

Au moins trois pays de l’UE, Hongrie, Slovaquie et République tchèque, ont opté pour les vaccins russe et chinois en dehors de toute coordination européenne.

La Chine, la Russie et l’Inde font la course en tête dans la distribution de vaccins aux pays les plus défavorisés, notamment en Afrique, suscitant des interrogations sur la mobilisation des Occidentaux en la matière.

« Je pense quand même qu’il faudra tirer les leçons à la fin de l’histoire. Les comparaisons n’interviendront qu’à la fin », a estimé Jean-Yves Le Drian.

Le ministre a notamment vanté les mérites du dispositif Covax créé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) au bénéfice des pays les plus démunis, à l’initiative notamment de la France.

« Des doses de vaccins commencent à arriver (en Afrique via Covax) : au Ghana ont été reçus 600.000 doses le 24 février, en Côte d’Ivoire 500.000 doses le 26, en Angola 500.000 doses le 2 mars, au Nigeria quatre millions de doses le 2 mars », a-t-il lancé.

« C’est de la réalité concrète de solidarité », a-t-il martelé, alors qu’il était interpellé par le chef des députés LFI Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier a plaidé de son côté pour une levée des brevets sur les vaccins, qui « pourrait sauver des milliers de vies », et reproché à l’OMC et à l’UE de « s’y opposer ».

« Regardons en face la situation : 50 pays les plus riches ont reçu 70% des doses injectées, 50 pays les plus pauvres ont reçu 0,1% des doses injectées », a-t-il lancé.

La socialiste Valérie Rabault a déploré pour sa part que les pouvoirs publics se soient « désengagés de la recherche en vaccins » et que « la grande partie de la production ne se fasse plus sur le sol européen ».

« L’Europe n’est pas en mode commando même si le président de la République (Emmanuel Macron) a eu beau dire que nous étions en guerre contre le Covid », a-t-elle asséné, regrettant que les Européens investissent « trois fois moins » que les Américains dans la recherche sur les vaccins.

La députée Carole Grandjean (La République en marche, LREM) s’est pour sa part félicitée que « l’Europe paie ses vaccins d’un quart à moitié moins cher que les Etats-Unis » grâce à des achats mutualisés, négociés par la Commission européenne.

La France et l'Allemagne vont envoyer des vaccins à la République tchèque

La France a promis d’envoyer à la République tchèque 100 000 doses de Pfizer/BioNTech sous la forme d’un « prêt » qui sera remboursé ultérieurement, a ajouté le Premier ministre.

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