Bruxelles botte en touche sur la vaccination volontaire

La dernière édition du Panorama de la santé met en garde : en Europe, 20 % des adultes sont fumeurs, 38 % des adolescents boivent trop, et un adulte sur six souffre d’obésité. [EPA-EFE/HOSLET]

Pour Vytenis Andriukaitis, il appartient aux experts médicaux et pas aux politiques de décider de la vaccination de la population. Le but étant de couvrir la population toute entière.

Vytenis Andriukaitis, commissaire européen à la santé, s’exprimait à la cérémonie de lancement du Panorama de la santé 2018, un rapport qui mesure et compare les progrès réalisés par les systèmes de santé dans l’UE.

Et la vedette de la soirée était la vaccination. Le commissaire a croulé sous les questions des journalistes par rapport à l’énorme mouvement anti-vaccins en Italie. Selon lui, le débat sur la vaccination volontaire ou obligatoire n’a pas lieu d’être, car le but à terme est de toute façon de couvrir toute la population.

Le Lituanien a pris pour exemple les Pays-Bas, qui ont réussi à assurer une couverture considérable en laissant les gens décider de A à Z.

« On peut appliquer une méthode ou plusieurs voire même une combinaison », a-t-il poursuivi, en précisant qu’il appartenait aux épidémiologistes, aux médecins, aux scientifiques et aux immunologistes de choisir l’instrument le plus adapté.

La Commission défend les vaccins pour tous

Selon la DG Santé de la Commission européenne, la non vaccination menace la vie d’autrui. Une position qui exclut tout droit à la non vaccination, en vogue dans certains pays dont l’Italie.

 

Le rapport fait état de la résurgence de certaines maladies vaccinables dans certaines contrées de l’Europe, soulignant l’importance de promouvoir la vaccination chez les enfants dans tous les États membres.

Vytenis Andriukaitis a rappelé que l’UE était déterminée à éradiquer la rougeole d’ici 2020, reconnaissant que l’Europe n’en était toujours pas exempte. En Italie, sévèrement touchée par l’épidémie, 4 978 cas ont été rapportés entre 2017 et 2018.

Le commissaire, à la suite d’une discussion avec la ministre italienne de la Santé, Giulia Grillo, a conseillé au gouvernement italien de ne pas trop s’éloigner de Bruxelles au risque d’encourager l’euroscepticisme.

« C’est une question très simple : dois-je choisir de faire confiance à des fake news ou à des débats biaisés, ou dois-je sauver la vie des enfants ? Après, chacun est responsable », a-t-il conclu.

État de la santé en Union européenne

Le rapport a également mis en évidence des phénomènes inquiétants, tel que la baisse de l’espérance de vie dans de nombreux pays, y compris la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, ou les larges disparités socio-économiques entre et à l’intérieur des États membres.

Par exemple, les foyers pauvres ont cinq fois plus de risques de ne pas se faire soigner que les foyers aisés, et les personnes non-diplômées ont une espérance de vie moindre par rapport aux diplômées.

Avec 790 000 décès par an dus au tabagisme, à l’obésité et à la consommation d’alcool, la prévention reste une priorité.

Le Panorama de la santé a aussi tâché d’expliquer le fonctionnement du système, ce qui est utile pour l’échange de bons procédés. Le rapport doit en effet aider les États membres à améliorer la santé de leurs citoyens, ce qui a poussé sept pays à organiser une réunion spéciale pour partager leurs bonnes pratiques, qui aura lieu dans la foulée de la cérémonie de lancement.

« On n’est plus dans la théorie mais dans le concret », a insisté Vytenis Andriukaitis.

Santé mentale

Deux chapitres du rapport sont respectivement consacrés à la santé mentale et aux stratégies pour réduire les factures des systèmes de santé.

Sujet délaissé mais pas anodin, les maladies mentales telles que la dépression, l’anxiété, l’alcoolisme ou la toxicomanie, coûtent aux contribuables plus de 600 milliards d’euros par an, ce qui représente 4 % de tous les PIB européens confondus.

La majeure partie de ces coûts sont indirects : 260 milliards résultent du fait que les personnes en mauvaise santé mentale sont sous-employées, et 170 milliards sont des dépenses de sécurité sociale.

« La prévention des maladies mentales est une de nos priorités politiques », a assuré Vytenis Andriukaitis.

Dépenser efficacement

Selon les informations du rapport, un cinquième du budget santé est dépensé de manière inefficace, et pourrait être consacré à d’autres besoins. Notamment, les admissions injustifiées à l’hôpital, qui pourraient être évitées grâce à une meilleure gestion, et qui rendent indisponibles inutilement 37 millions de lits d’hôpitaux chaque année.

« Nous ne voulons pas réduire le budget mais le réallouer intelligemment pour faire des dépenses plus efficaces », a indiqué Vytenis Andriukaitis. Au total, 20 % des dépenses pourrait être économisées ou réallouées.

Actuellement, les dépenses de santé représentent 9,6 % du PIB de l’UE, contre 8,8 % il y a dix ans.

La vaccination des adultes améliore la santé globale

La vaccination continue aura un impact significatif à bien des niveaux en Europe : une population en meilleure santé et un budget allégé, selon Daphné Holt.

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