Variante du coronavirus au Royaume-Uni. Ce que l’on sait sur le B.1.1.7

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La variante du coronavirus, le B.1.1.7 ou VUI-202012/01, sème la panique au Royaume-Uni et en Europe. D’autres cas été observés en Afrique du Sud. Que sait-on de cette variante qui semble se transmettre encore plus rapidement que le coronavirus  ?

C’est lors d’une réunion sur la propagation du coronavirus au Royaume-Uni, mardi 8 décembre, que des scientifiques et des experts en santé publique ont été interpellés par un diagramme : celui de Kent, dans le sud-est de l’Angleterre.

Le comté connaissait une augmentation des cas et des séquences virales inhabituelles ont été observées, confirme Nick Loman, génomicien microbien à l’Université de Birmingham, dans le magazine ScienceMag. La moitié des cas recensés de Kent étaient causés par cette variante du coronavirus, le B.1.1.7 ou VUI-202012/01.

Panique au Royaume-Uni et en Europe

Cette nouvelle variante sème aujourd’hui la panique au Royaume-Uni et en Europe. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, a durci les mesures de confinement du pays, affirmant que le B.1.1.7, semble se propager plus rapidement que le coronavirus. Avant que les mesures sanitaires n’entrent en vigueur, de nombreux Londoniens ont déserté la ville, un mouvement de foule qui a entraîné l’engorgement des gares. Les Pays-Bas, la Belgique et l’Italie ont annoncé la suspension des vols de passagers en provenance du Royaume-Uni. L’Eurostar entre Bruxelles et Londres est interrompu depuis ce dimanche soir, minuit.

Les experts et scientifiques essaient de confirmer que le B.1.1.7 est plus contagieux que le coronavirus et si oui, pourquoi. Ils cherchent également à comprendre comment il a pu évoluer si vite. En effet, le B.1.1.7 a connu 17 mutations en même temps, du jamais vu auparavant. «  Il y a maintenant une attention poussée sur les caractéristiques de ces mutations en laboratoire  », explique Andrew Rambaut, biologiste évolutionniste moléculaire, à l’Université d’Édimbourg, toujours dans ScienceMag.

Multiplication des mutations

En observant le coronavirus en temps réel, les chercheurs ont d’ores et déjà pu observer des mutations du virus au rythme d’un à deux par mois. Mais c’est la première fois qu’ils voient le virus acquérir plus d’une douzaine de mutations, simultanément. Le B.1.1.7 détectable avec les tests PCR, pourrait donc se répandre plus vite que les autres variantes, au Royaume-Uni.

Lors d’une conférence de presse, samedi, le conseiller scientifique en chef, Patrick Vallance, a déclaré que le B.1.1.7, apparu pour la première fois dans un cas isolé le 20 septembre, représentait environ 26 % des cas à la mi-novembre. «  À la semaine du 9 décembre, ces chiffres étaient beaucoup plus élevés  », a-t-il déclaré. «  Ainsi, à Londres, plus de 60 % de tous les cas étaient la nouvelle variante.  » Boris Johnsona ajouté que le grand nombre de mutations pourrait avoir augmenté la transmissibilité de 70 %.

Christian Drosten, virologue à l’hôpital universitaire de la Charité à Berlin, affirme qu’il est trop prématuré pour confirmer ce taux de transmission. «  Il y a trop d’inconnues pour affirmer quoique ce soit », explique-t-il. Selon lui, la propagation rapide du B.1.1.7 pourrait même être due au hasard.

D’autres cas en Afrique du Sud

D’autres cas ont été observés en Afrique du Sud, où les scientifiques ont séquencé des génomes dans trois provinces où les cas sont en plein essor  : le Cap oriental, le Cap occidental et le KwaZulu-Natal. Ils ont identifié une lignée distincte de la variante britannique. «  Nous avons constaté qu’elle semble se propager beaucoup plus rapidement  », déclare Tulio De Oliveira, virologue à l’Université du KwaZulu Natal.

Une autre inquiétude est que le B.1.1.7 puisse entraîner des complications plus graves. La variante sud-africaine peut, par exemple, infecter les jeunes et des personnes en bonne santé, dit John Nkengasong, directeur des Centres africains pour le contrôle et la prévention des maladies. «  C’est inquiétant, mais nous avons vraiment besoin de plus de données pour être sûrs.  » Une réunion d’urgence sera organisée lundi.

Mesures «  extrêmes  »

Obtenir des réponses définitives pourrait prendre des mois. L’interdiction des vols en provenance du Royaume-Uni que d’autres pays imposent «  est assez extrême  », dit le docteur, Emma Hodcroft. Mais cela donne aux pays le temps de réfléchir à la mise en place de mesures supplémentaires pour gérer les passagers du Royaume-Uni.

Les scientifiques estiment que le B.1.1.7 pourrait être plus répandu et avoir déjà dépassé les frontières de la Grande-Bretagne et de l’Afrique du Sud. Des chercheurs néerlandais affirment l’avoir détecté chez un patient, début décembre, a confirmé le ministre de la Santé, Hugo de Jonge. Le pays essaiera de déterminer comment le patient a été infecté et s’il existe des cas connexes.

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