VIH : moins de personnes se sont fait dépister pendant la pandémie, alertent Santé publique France et l’OMS 

Entre 2019 et 2020, on observe une baisse de 24% du taux de nouveaux cas de VIH diagnostiqués en Europe, selon le dernier rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).  [Syda Productions/Shutterstock]

Mercredi (1er décembre), à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre le sida, Santé publique France, l’ECDC et l’OMS alertent, respectivement en France et en Europe, sur la diminution des tests de dépistage du VIH pendant la pandémie. 

Entre 2019 et 2020, on observe une baisse de 24% du taux de nouveaux cas de VIH diagnostiqués en Europe, selon le dernier rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Cela ne signifie pas que le virus du sida recule, mais que moins de personnes se sont fait tester au courant des deux dernières années. 

Une situation qui s’explique par les nombreuses restrictions sanitaires imposées au cours des deux dernières années pour tenter d’endiguer la pandémie de Covid-19. 

Plusieurs services du VIH ont été affectés durant la crise sanitaire : sensibilisation à la prévention, fourniture de la prophylaxie préexposition (PrEP), programmes de dépistage, de traitement et de soins du VIH. 

« Il est probable qu’une part importante de cette baisse soit due à une diminution du nombre de cas détectés précocement, étant donné que les services de dépistage du VIH ont été réduits ou fermés pendant une partie de 2020 en raison des mesures Covid-19 », a déclaré le Dr Andrea Ammon, directrice de l’ECDC, dans un communiqué de presse.

Pour l’OMS et l’ECDC, cette situation est d’autant plus « alarmante » qu’au cours de la dernière décennie, en Europe, le nombre de personnes testées séropositives a eu tendance à augmenter. 

« Les nouvelles données recueillies depuis l’apparition de Covid-19 dressent un tableau inquiétant, suggérant que de nombreuses personnes vivant avec le VIH ne sont pas diagnostiquées à temps », a alerté le Dr Hans Henri P. Kluge, directeur régional de l’OMS pour l’Europe, dans le communiqué.

Avant d’ajouter que cela pourrait « avoir des conséquences à long terme sur leur qualité de vie ». 

Une situation tout aussi alarmante en France

Le cas européen n’est pas un cas isolé. 

Mercredi, Santé publique France a également publié les résultats de ses dernières données de surveillance du VIH et des infections sexuellement transmissibles (IST). 

Le constat est similaire : l’année 2020 a été marquée par une forte baisse du nombre de nouvelles personnes séropositives, et de nouvelles personnes infectées par une IST. 

Le nombre de découvertes de séropositivité s’élève à 4 856, ce qui représente une diminution de 22 % par rapport à l’année 2019. 

Côté dépistage, les chiffres sont aussi en baisse : 5,2 millions de tests de sérologie ont été réalisés en 2020, soit une baisse de 14 % par rapport à la période 2013-2019. 

« La diminution du nombre de diagnostics d’infection au VIH est principalement expliquée par la diminution du recours au dépistage en 2020, notamment lors du 1er confinement. Elle pourrait également être due à une moindre exposition au VIH, liée aux mesures de distanciation sociale », explique Florence Lot, directrice des maladies infectieuses de Santé publique France, dans un communiqué de presse. 

Cependant, la baisse du nombre de dépistages peut entraîner des retards de diagnostic et une circulation plus accrue du sida. En 2020, 30 % des infections au VIH ont été découvertes à un stade avancé de l’infection.

Or, « se faire dépister est crucial pour réduire le délai entre infection et diagnostic et accéder au plus tôt aux traitements, pour un bénéfice à le fois individuel et collectif », rappelle la directrice générale de Santé publique France, Geneviève Chêne. 

Et de rappeler : « les traitements antirétroviraux permettent aux personnes séropositives de vivre en bonne santé, avec une espérance de vie restaurée, sans craindre de développer le sida et sans risque de transmettre le virus ». 

Santé publique France révèle également qu’une baisse des dépistages a été notée pour trois IST bactériennes : chlamydia, gonococcie et syphilis. 

Dans ce contexte, l’agence de santé française relance sa campagne d’information pour mieux informer sur les maladies sexuellement transmissibles et inciter au dépistage. 

De leurs côtés, l’OMS et l’ECDC appellent les gouvernements européens et mondiaux à « remettre sur les rails notre réponse au VIH », en proposant « des services de prévention et de dépistage conviviaux », afin d‘atteindre l’objectif de 2030, qui vise à éradiquer l’épidémie de sida dans le monde.  

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