Virus: dernière soirée de liberté avant l’entrée en vigueur du couvre-feu

Paris, ainsi que huit autres métropoles, dont Lyon et Marseille, soit un total de vingt millions de Français, seront soumis à partir de samedi à un couvre-feu nocturne entre 21h et 6h. [EPA-EFE/YOAN VALAT]

Une dizaine de grandes villes françaises, dont Paris, vivent ce vendredi 16 octobre leur dernière soirée de liberté avant l’entrée en vigueur samedi du couvre-feu annoncé par le président de la République Emmanuel Macron.

Paris, ainsi que huit autres métropoles, dont Lyon et Marseille, soit un total de vingt millions de Français, seront soumis à partir de samedi à un couvre-feu nocturne entre 21h et 6h.

« A 21h, chacun devra être chez soi », a détaillé jeudi le Premier ministre Jean Castex, « tous les lieux, commerces ou services recevant du public seront fermés ».

Le Premier ministre a annoncé aussi que « toutes les fêtes privées » se tenant « dans des salles polyvalentes ou tout autre établissement recevant du public seront interdites » sur l’ensemble du territoire, et que tous les restaurants de France devront appliquer un protocole sanitaire renforcé.

Il s’agit pour le gouvernement français de ralentir la propagation du virus alors que le nombre de nouveaux cas de contaminations en 24 heures a dépassé la barre des 30.000 pour la première fois depuis le lancement des tests à grande échelle. Le taux de positivité des tests (la proportion des personnes positives sur l’ensemble des personnes testées) poursuit également sa hausse, à 12,6%.

La pandémie a fait plus de 1,09 million de morts dans le monde depuis fin décembre, selon un bilan établi par l’AFP jeudi. Quelque 38,57 millions de cas ont été officiellement comptabilisés, dont plus de 26,6 millions ont été guéris.

La moitié de l’Union européenne en zone rouge

Signe de la détérioration de la situation sur l’ensemble du continent, la nouvelle carte sur les restrictions de voyage publiée jeudi par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) a placé plus de la moitié des pays de l’Union européenne et le Royaume-Uni en rouge.

Seules la Norvège, la Finlande et la Grèce sont majoritairement en vert alors que cinq pays (Italie, Chypre, Estonie, Lituanie, Lettonie) sont principalement orange. L’Allemagne, l’Autriche, la Suède, le Danemark et l’Islande n’ont toutefois pas de code couleur du fait d’un « manque de données sur les tests », pour une raison non précisée.

En Irlande, un couvre-feu entrera également en application ce vendredi et le Royaume-Uni a pris des mesures similaires à Londres et dans plusieurs autres zones d’Angleterre. Par ailleurs, de nouvelles restrictions drastiques ont été imposées dans les régions frontalières avec l’Irlande du Nord: les magasins non essentiels, centres de loisirs, piscines et salles de sports seront fermés dans les comtés de Donegal, Monaghan et Cavan, où vivent 300.000 personnes.

Ursula von der Leyen en quarantaine

Le virus continue également de perturber la vie politique, provoquant notamment le départ de la président de la Commission européenne Ursula von der Leyen d’un sommet à peine entamé à Bruxelles pour se mettre en quarantaine après la découverte d’un cas de coronavirus dans son équipe.

Aux Etats-Unis, c’est la candidate démocrate à la vice-présidence Kamala Harris qui a dû suspendre ses déplacements jusqu’à dimanche, en raison de cas de Covid-19 dans son entourage. Testée deux fois, Mme Harris serait cependant négative, selon son équipe de campagne.

Plus largement, la nouvelle dégradation de la situation aux Etats-Unis, où le nombre de nouveaux cas recommence à progresser ainsi que l’absence d’accord sur un plan de relance dans la première économie mondiale inquiètent les marchés financiers, des deux côtés de l’Atlantique: à Wall Street le Dow Jones a terminé dans le rouge (0,07%) de même que le Nasdaq (0,47%) alors qu’à Paris le CAC40 a perdu 2,11%, Francfort 2,49% et le TFSE 100 de Londres 1,73%.

Pour la prestigieuse revue médicale britannique The Lancet, la hausse mondiale continue des maladies chroniques et de leurs facteurs de risques, dont l’obésité, l’hyperglycémie et la pollution atmosphérique, au cours de ces 30 dernières années a créé les conditions d’une « tempête », aggravant le bilan du Covid-19.

Subscribe to our newsletters

Subscribe
CONTRIBUER