Accès universel à l’eau et hygiène des mains : éléments centraux de notre réponse mondiale à la COVID-19 !

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Docteur Chrysoula Zacharopoulou, chirurgienne gynécologue, s’est mobilisée dans un hôpital parisien pendant la crise de la Covid. [Chrysoula Zacharopoulou]

Pour bon nombre de soignants ainsi que pour les patients dans les pays en développement, le risque d’être infecté par la COVID-19 et de la transmettre à leur tour est particulièrement élevé car ils ne disposent pas d’accès au lavage des mains, alerte la députée européenne Chrysoula Zacharopoulou.

Docteur Chrysoula Zacharopoulou, chirurgienne gynécologue, s’est mobilisée dans un hôpital parisien pendant la crise de la Covid. Elle est rapporteure du Parlement européen sur la nouvelle stratégie Afrique-UE et membre des commissions DEVE, ENVI et FEMM.

La crise sanitaire du coronavirus a suscité non seulement des élans de solidarité entre les peuples mais également une grande reconnaissance des efforts prodigués par le personnel soignant partout dans le monde.

Cependant, pour bon nombre de soignants ainsi que pour les patients dans les pays en développement, le risque d’être infecté par la COVID-19 et de la transmettre à leur tour est particulièrement élevé car ils ne disposent pas d’accès au lavage des mains. Songez qu’un centre de santé sur trois dans le monde ne dispose pas d’une installation pour l’hygiène des mains là où les soins sont dispensés ; ce qui est d’autant plus terrifiant dans un contexte de pandémie. Plus frappant encore, près de la moitié des établissements de santé des pays les moins développés ne disposent pas d’eau potable sur place. Cela signifie qu’un milliard de personnes sont obligées de se faire soigner dans un endroit où il n’y a pas d’eau potable !

Le lavage des mains avec du savon est pourtant un des gestes barrières essentiels contre la COVID-19 et de nombreuses autres maladies. Sans hygiène des mains, les centres de santé, les lieux mêmes qui sont censés nous protéger et nous guérir, courent un risque élevé de devenir des épicentres de propagation rapide des maladies infectieuses. Comme ma consœur de l’OMS, Maria Neira l’a exprimé : « un établissement de santé sans eau, assainissement ni hygiène n’est pas un établissement de santé ».

Ainsi Salimata, une infirmière malienne, témoigne « peu importe notre motivation, sans accès à l’eau propre, notre rôle est limité ». Et Rhoda, infirmière au Malawi explique « Nous n’avons pas assez de savon pour tout le monde ce qui signifie que des gens qui viennent pour des blessures ou d’autres maladies risquent d’attraper la covid. L’hôpital doit être un lieu sûr pour tous ».

Le 15 octobre marque la Journée mondiale du lavage des mains. En cette année, si révélatrice des défis auxquels nous faisons face, et en même temps porteuse de nouveaux espoirs, l’accès universel à l’eau et l’hygiène des mains doivent être des éléments centraux de notre réponse mondiale à la COVID-19.

Le manque d’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène représente une faiblesse critique des systèmes de santé et une faille fondamentale dans notre armure collective contre la COVID-19. Investir dans l’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène s’impose comme une intervention de santé publique essentielle.

Nous devons soutenir les pays partenaires, veiller à ce que tous les centres de santé et hôpitaux disposent d’eau potable, de toilettes décentes et d’une bonne hygiène afin que les infirmier/ères, sages-femmes, médecins et autres agents de santé de première ligne soient protégés et puissent fournir des soins sûrs et dignes aux patients. Le futur partenariat entre l’Union européenne et l’Afrique nous offre une opportunité unique de faire de la santé un élément essentiel de notre relation avec les pays africains. Dans ce cadre, les interventions dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène doivent être intégrées dans les programmes visant à renforcer les systèmes de santé, à lutter contre les inégalités de genres ainsi que dans les domaines de la nutrition et de l’éducation. Par ailleurs, avec nos partenaires africains nous devrions soutenir et nous impliquer dans l’initiative conjointe de l’OMS et de l’UNICEF pour l’hygiène des mains.

Cette année 2020 nous a démontré à quel point la santé et la solidarité devaient être mises au cœur de nos politiques. Donner à tous la possibilité de se laver les mains est la première étape, indispensable pour mettre ces valeurs au cœur de notre action !

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