Combattre l’inactivité physique des Européens

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Laurent Thieule, président du think tank Sport et Citoyenneté

La crise de l’inactivité physique en Europe n’est pas suffisamment prise en compte par les politiques nationales et européennes. Pourtant, le manque d’activité physique menace le bien-être des Européens, qui sont 1100 à franchir le seuil de l’obésité chaque jour. 

Laurent Thieule est Président de Sport et Citoyenneté, plateforme de réflexion et de mise en réseau des acteurs de la gouvernance du sport au niveau européen.

L’Europe peut sérieusement s’inquiéter pour l’avenir de ses enfants. La menace? Ils bougent moins. En termes plus policés, les enfants pratiquent de moins en moins d’activités physiques.

La tendance vient d’ailleurs et elle est claire: la campagne « Designed to Move » lancée sur plusieurs continents (États-Unis, Brésil, Chine) et au Royaume-Uni indique que si les niveaux d’inactivité physique continuent, la prochaine génération d’enfants aura une espérance de vie de 5 ans inférieurs à celle de leurs parents. Au niveau de l’UE, seuls 42% des Européens pratiquent une activité physique de manière régulière, révèle un récent Eurobaromètre.

Les niveaux d’inactivité physique sont alarmants en Europe, et menacent le bien-être individuel et collectif des Européens. 1100 personnes franchissent le seuil de l’obésité chaque jour en Europe.

La Commission européenne a voulu en savoir plus sur ce constat et sur les mesures à prendre en confiant au think tank Sport et Citoyenneté une étude et des préconisations sur l’activité physique au service de la société.

Comment évaluer et contrer cette menace sur le bien-être individuel et collectif des Européens?

Laurent Thieule, le Président de Sport et Citoyenneté, analyse la situation d’un point de vue politique.  « Les politiques de promotion de l’activité physique, au niveau européen comme national, sont inefficaces, non-coordonnées et bénéficient de peu de suivi. Le manque de données fiables, actualisées et complètes est sans aucun doute une barrière importante. L’activité physique est un domaine sous-estimé et sous-utilisé par les politiques nationales et européennes. Soyons clairs: l’engagement politique aux niveaux régional, national et européen n’est pas à la hauteur de l’épidémie d’inactivité physique » explique-t-il.

Pour mener à bien cette étude et aborder de front ce problème de société fondamental, Sport et Citoyenneté a réuni des partenaires majeurs dans le domaine scientifique et sportif pour proposer une alternative à la promotion de l’activité physique.

« Il s’agira pour nous de travailler à l’échelon de tous les secteurs (sport, éducation, santé, industrie, …) avec une approche transversale et pluridisciplinaire » “précise Laurent Thieule.

L’étude est soutenue par l’UE dans le cadre du programme Erasmus + Chapitre Sport, le tout premier programme de financement de l’UE dans le domaine du sport engagé par la Commission. Elle est lancée cette semaine à Bruxelles et permettra sur trois ans de mesurer l’échelle, les coûts et les conséquences de l’inactivité physique en Europe, de sensibiliser quelque 10 000 décideurs sur l’importance de l’inactivité physique – et le besoin de faire de l’activité physique une priorité politique, et de mobiliser enfin les pouvoirs politiques et sportifs sur l’ampleur de la crise de l’inactivité physique. 

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