Il faut continuer à faire progresser les droits des femmes

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Manifestation à Paris le 1er février 2014 contre la loi anti-avortement espagnole (Credit: [HUANG Zheng]/Shutterstock)

La députée européenne socialiste, Sylvie Guillaume, se félicite de la victoire « en demi-teinte » des Espagnols et des Européens contre le projet de loi anti-avortement en Espagne. Elle veut cependant que la vigilence reste de mise face aux droits des femmes qui ne progressent plus.

C’est une victoire incontestable pour les défenseurs des droits des femmes en Espagne, le gouvernement espagnol dirigé par le conservateur Mariano Rajoy a renoncé officiellement le mardi 23 septembre à son projet de loi rétrograde contre l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Ce retrait spectaculaire a entraîné la démission du ministre de la Justice espagnol Alberto Ruiz-Gallardón.

Ce recul du gouvernement espagnol est à mettre au crédit de la formidable mobilisation des défenseurs des droits des femmes en Espagne et partout en Europe qui se sont mobilisés durant des mois pour protester contre ce projet de législation anti-avortement. Toutefois, il faut regarder la réalité en face : les droits des femmes n’ont pas progressé, ils n’ont simplement pas régressé. C’est ce qu’on appelle une victoire en demi-teinte.

En effet, en Espagne comme au niveau européen, les droits des femmes ne progressent plus. Si nous pouvons nous féliciter des récentes législations portées par Najat Vallaud-Belkacem en France, ces avancées sont à comparer à l’étrange paralysie des droits des femmes au niveau européen. À ce titre, deux exemples me viennent à l’esprit :

Le premier concerne la directive portant la durée du congé maternité de quatorze à vingt semaines en Europe. Celle-ci a été adoptée en 2010 par le Parlement européen, elle est depuis bloquée au Conseil. Je me suis d’ailleurs engagée pour le déblocage de cette directive (voir ici).

Comment ne pas revenir sur cet échec fin 2013 du rapport Estrela au Parlement européen sur la santé et les droits sexuels et génésiques, rejeté par 7 voix d’écart avec la complicité de l’UMP française.

Ces exemples me font craindre une frilosité en Europe à faire progresser les droits des femmes après des années d’avancées successives. Sur l’avortement, le congé maternité, les violences faites aux femmes, la parité ou encore l’égalité des rémunérations, d’âpres batailles sont devant nous mais elles requièrent en France, en Espagne et partout en Europe, que nous ne faiblissions pas. Mobilisons-nous !

Sylvie Guillaume

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